British International Investment (BII), fondée en 1948 sous le nom de Commonwealth Development Corporation (CDC), est la plus ancienne institution de financement du développement au monde. Relancé en 2022 sous son nom actuel, BII appartient au gouvernement du Royaume-Uni et joue un rôle central dans la stratégie du pays visant à réduire la pauvreté mondiale.
Contrairement à l’aide traditionnelle, BII investit des capitaux publics dans des entreprises privées des pays à revenu faible ou intermédiaire. L’objectif est de créer des emplois, de renforcer les économies locales et de soutenir le développement à long terme dans les zones ayant un accès limité au financement. En fournissant des investissements à long terme, BII aide les entreprises à se développer, à bâtir des économies résilientes, à fournir des biens et services essentiels et à réduire la pauvreté mondiale.
Développement productif, durable et inclusif
Les investissements de BII se concentrent sur le soutien d’un développement productif, durable et inclusif. Le développement productif signifie créer des emplois et développer les économies locales. Le développement durable aborde le changement climatique en soutenant des projets qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre et aident les communautés à s'adapter. Le développement inclusif vise la réduction de la pauvreté et l’égalité des sexes, en donnant la priorité aux investissements qui autonomisent les femmes et soutiennent ceux qui en ont besoin.
L'institution investit principalement dans les pays d'Afrique et d'Asie, l'Inde étant le principal bénéficiaire. Les secteurs clés comprennent les services financiers, les infrastructures, la technologie, les entreprises, la santé, l’alimentation, l’agriculture et l’éducation, des domaines qui créent des emplois ou améliorent l’accès aux services essentiels. Chaque investissement est lié à un ou plusieurs objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies pour garantir un impact mesurable.
L’impact des investissements : emplois, climat et genre
En 2024, British International Investment a engagé près de 1,8 milliard de livres sterling pour créer des emplois, réduire la dépendance à l’aide et lutter contre le changement climatique, dont 903 millions de livres sterling en financement climatique. Au cours des trois dernières années, elle a investi plus de 2 milliards de dollars dans l'action climatique, soutenant ainsi les entreprises qui mènent la lutte contre le changement climatique dans les marchés émergents. Ses investissements en 2024 ont contribué à créer des emplois pour plus d’un million de personnes en Afrique et en Asie.
La Banque mondiale considère l’emploi comme une voie essentielle pour sortir de la pauvreté, avec des avantages plus larges tels que la promotion de l’égalité des sexes et de la stabilité économique. Parallèlement, BII a consacré 880 millions de livres sterling aux pays les plus pauvres et les plus fragiles et a investi environ 500 millions de livres sterling dans des engagements en matière de finance de genre en 2024.
Comment BII est financé
Les fonds BII proviennent de plusieurs sources. Une partie provient du budget d'aide publique au développement (APD) du gouvernement britannique, également connu sous le nom de budget d'aide à l'étranger. Elle réinvestit également les rendements financiers de ses investissements et attire des capitaux privés d'entreprises et de particuliers cherchant à soutenir le développement des pays dans le besoin. Entre 2020 et 2024, BII a investi 9,5 millions de livres sterling et mobilisé environ 6,5 milliards de livres sterling de capitaux du secteur privé (investissements provenant de sources non gouvernementales telles que des entreprises ou des particuliers).
Le Royaume-Uni s’était initialement engagé à consacrer 0,7 % de son revenu national brut (RNB) à l’APD, mais ce montant est depuis tombé à 0,5 % et devrait tomber à 0,3 % d’ici 2027.
Ces réductions pourraient limiter les futurs investissements de BII. En réponse, la présidente du Comité de développement international, Sarah Champion, a suggéré d'autoriser BII à emprunter de l'argent. Le gouvernement a déclaré qu'il étudiait les moyens permettant à BII de lever davantage de financements privés. Cette approche se reflète également dans la stratégie 2022-2026 du BII, qui vise à mobiliser davantage de capitaux privés pour les investissements.
Critique et responsabilité
Malgré ses réalisations, BII a fait face à des critiques. La commission du développement international du Parlement britannique a fait part de ses inquiétudes concernant certains investissements qui ne sont pas clairement axés sur la pauvreté, qui pourraient nuire à la société ou à l'environnement ou qui ne seraient pas conformes aux politiques du gouvernement britannique. Les critiques ont également souligné une concentration des investissements dans les pays à revenu intermédiaire où les bénéfices pour les plus pauvres peuvent être limités. Ils ont fait valoir que BII devrait améliorer la transparence en fournissant des données plus claires sur les investissements et les impacts, en expliquant mieux ses activités et en démontrant les changements résultant de ses investissements.
En réponse, BII a accru la transparence, en publiant des données détaillées sur les emplois créés, l'impact sur le genre et les résultats globaux. Il s’est également engagé à consacrer la moitié de ses investissements annuels aux pays les plus pauvres et les plus fragiles d’ici 2030.
L’investissement comme moyen de sortir de la pauvreté
En fin de compte, l’investissement international britannique et la pauvreté mondiale sont étroitement liés. En donnant la priorité à la création d’emplois, à l’action climatique et à la croissance du secteur privé, BII offre à des millions de personnes une voie durable pour sortir de la pauvreté. Avec une transparence renforcée et une concentration croissante sur les régions les plus vulnérables, BII continue de démontrer que les investissements peuvent réduire la pauvreté et transformer des vies.
*