Le Tchad est un pays enclavé du centre-nord de l’Afrique, bordé par la Libye au nord et le Soudan à l’est. En plus d'être le cinquième plus grand pays d'Afrique, le Tchad se classe au quatrième rang mondial en matière d'inégalité entre les sexes, selon le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix. Comprendre l'écart salarial entre hommes et femmes au Tchad est un défi car seuls 34,4 % des indicateurs nécessaires au suivi des objectifs de développement durable (ODD) sont disponibles. Cela laisse des lacunes considérables dans les données concernant le travail de soins, le harcèlement physique et sexuel et l'accès des femmes aux actifs.
L’histoire sociale derrière l’écart salarial entre hommes et femmes au Tchad
Des traditions patriarcales profondément enracinées ont façonné la société tchadienne, parallèlement à des pratiques culturelles renforçant les hiérarchies de genre. Dans les régions du sud-est du Tchad telles que Salamat, Sila et Guera, la pratique traditionnelle des mutilations génitales féminines se poursuit. Cette pratique vise à contrôler la sexualité féminine et à imposer le célibat jusqu'au mariage, motivée par la peur du rejet de la communauté.
Le mariage des enfants au Tchad est répandu. Selon ONU Femmes, 35 % des filles sont mariées avant l’âge de 15 ans et 60 % le sont avant l’âge de 18 ans. Cela enferme des générations de femmes dans des cycles de liberté limitée et de dépendance économique.
Ces facteurs contribuent à ce que les chercheurs de l'UNICEF appellent l'effet Pygmalion : lorsqu'une société a de faibles attentes à l'égard des femmes, ces attentes continuent de façonner les comportements et de renforcer les stéréotypes. En conséquence, les attentes extérieures limitent la croissance économique des femmes et creusent l’écart salarial entre hommes et femmes au Tchad.
L’écart salarial entre hommes et femmes au Tchad aujourd’hui
L’écart salarial entre hommes et femmes au Tchad est flagrant. Même si les données précises sur le déséquilibre entre les données sur les salaires horaires restent limitées, le rapport 2025 Global Gender Gap du Forum économique mondial classe le Tchad au 146e rang sur 149 pays, avec un score global de parité entre les sexes de 51,7 %.
En outre, ONU Femmes a indiqué que 36,9 % de la population féminine du Tchad travaillent en dessous du seuil de pauvreté international, contre 35,8 % de la population masculine.
Alors que la majorité de la population féminine au Tchad occupe des emplois agricoles, 98,99 % des femmes occupant des emplois non agricoles occupent un emploi informel, qui peut aller des entreprises familiales aux vendeuses de rue ou aux travailleuses domestiques. Ce travail est souvent non réglementé, non imposé et dépourvu de sécurité sociale, laissant les femmes sans filet de sécurité financière.
Les femmes occupant des postes formels non agricoles se heurtent à des obstacles supplémentaires en matière d’égalité financière. Seules 14,85 % des femmes âgées de 15 ans et plus détiennent un compte dans une institution financière, contre près de 30 % des hommes possédant un compte bancaire, selon ONU Femmes. De plus, 63,6 % de la population féminine ne sont pas propriétaires de logement. On peut retracer l'écart salarial entre les sexes dans le système scolaire tchadien, qui connaîtrait un taux de non-scolarisation de 48 % pour les filles, contre 29,6 % pour les garçons. Cette étude suggère que les pressions communautaires et économiques détournent les jeunes filles de l'école vers le travail domestique, augmentant encore l'écart salarial entre les sexes.
Efforts pour réduire l’écart salarial entre hommes et femmes au Tchad
Plusieurs initiatives tentent de lutter contre ces inégalités salariales. Lancé début 2022, le programme Women in Learning Leadership de l'UNICEF vise à autonomiser les femmes dans des rôles de direction scolaire, ce qui aide à son tour les jeunes filles. Les données recueillies dans 11 754 écoles montrent que les écoles communautaires dirigées par des femmes ont un taux d'abandon scolaire 5,3 % inférieur à celui des écoles dirigées par des hommes. En outre, les recherches montrent qu’il existe une forte corrélation positive entre la diminution des taux d’abandon scolaire chez les filles à mesure que la proportion d’enseignantes augmente. Le programme Women in Learning Leadership est actuellement en cours dans 15 provinces du Tchad.
Parallèlement au programme WiLL de l'UNICEF, le Programme alimentaire mondial (PAM) s'est associé aux autorités locales tchadiennes pour fournir des repas nutritifs quotidiens dans les écoles, aidant ainsi davantage de filles à poursuivre leurs études. Le PAM a noté que 57 % des 2,3 millions d'enfants d'âge scolaire au Tchad ne bénéficient pas d'une éducation inclusive et de qualité, et que de nombreux ménages à faible revenu sont incapables de fournir aux enfants les ressources nécessaires pour aller à l'école. Par conséquent, le Programme alimentaire mondial a distribué des repas scolaires à 125 000 enfants dans les zones d'accueil de réfugiés en 2025. De plus, le Programme alimentaire mondial a révélé que le taux de réussite moyen des filles dans les écoles soutenues par le PAM est de 2,5 % supérieur à la moyenne nationale du Tchad.
Alphabétisation et formation professionnelle
Au-delà de l'école, le programme de développement des capacités pour l'éducation de l'UNESCO soutient les femmes et les jeunes par l'alphabétisation et la formation professionnelle. Cette initiative a formé 9 400 enseignants et, face à son énorme succès, l'UNESCO a plaidé pour que le programme soit élargi. Cela a conduit le gouvernement tchadien à mettre l'accent sur l'alphabétisation et l'éducation non formelle dans un nouveau projet de 10 millions de dollars intitulé Projet d'urgence visant à renforcer l'éducation et l'alphabétisation au Tchad.
En outre, le gouvernement tchadien et l'UNFPA ont créé l'Observatoire pour la promotion de l'égalité et de l'équité entre les sexes en 2022 pour faire progresser les droits des femmes. En 2023, l'Observatoire a formé 400 membres des ministères et de la Commission nationale des droits de l'homme à l'intégration de l'intégration du genre dans les plans et les budgets.
Conclusion
Ces efforts ne sont pas passés inaperçus. En février 2024, les femmes détenaient 26,4 % des sièges parlementaires au Tchad, un marqueur significatif de représentation politique et un pas de plus vers la réduction de l'écart salarial entre les sexes. Un autre indicateur de progression est le pourcentage de femmes alphabétisées par rapport à celui des hommes. Bien que ces deux chiffres soient préoccupants, le taux d'alphabétisation des femmes se situe à 22,3 % par rapport au taux d'alphabétisation des hommes à 14 %, ce qui représente le résultat de la volonté de scolariser les filles. Au niveau national, le ministère de la Femme continue de plaider en faveur des droits des femmes, signalant un changement structurel dans la manière dont certains abordent l'écart salarial entre les sexes au Tchad.
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