Comment la garde d'enfants en République du Congo lutte contre la pauvreté

Garde d'enfants en République du CongoLa garde d'enfants en République du Congo, également connue sous le nom de Congo-Brazzaville, devient plus qu'un simple problème familial. Elle apparaît également comme une stratégie de réduction de la pauvreté. Dans un pays où seulement 36 % des enfants âgés de 3 à 4 ans participent à un programme d'éducation préscolaire, de nombreux parents sont confrontés à la tâche difficile de choisir entre gagner un revenu pour subvenir aux besoins de leur famille ou rester à la maison avec leurs jeunes enfants. L'UNICEF rapporte également qu'environ 41 % des enfants de moins de 5 ans sont laissés seuls à la maison ou sous la garde d'un autre frère ou sœur de moins de 10 ans pendant des heures chaque semaine, ce qui montre à quel point l'écart en matière de soins demeure actuel.

Pourquoi l'écart en matière de garde d'enfants nuit aux familles

Concernant les parents issus de milieux à faibles revenus, notamment les travailleurs du marché et les petits entrepreneurs, cet écart diminue les revenus qu’ils peuvent percevoir. Par exemple, un blog de la Banque mondiale publié en 2025 sur la République du Congo indique qu'un parent moyen a plus de quatre enfants, alors que les options de garde d'enfants conventionnelles sont limitées et que les garderies privées peuvent coûter plus de 100 dollars par mois. Cet arrangement va bien au-delà de ce que la majorité des parents peuvent se permettre de supporter, surtout lorsqu’ils vivent dans une économie dont la croissance récente n’a pas entraîné une réduction significative de la pauvreté ni une création d’emplois diversifiée.

Ces fardeaux auxquels sont confrontés la plupart des parents expliquent pourquoi la garde d'enfants en République du Congo est importante en matière de réduction de la pauvreté. Lorsque les parents ne disposent pas de services de garde fiables pour leurs enfants, ils finissent par perdre des heures de travail, sont contraints de refuser des opportunités professionnelles ou doivent garder leurs enfants plus âgés à la maison pour s'occuper de leurs frères et sœurs plus jeunes. Les recherches de la Banque mondiale sur la garde d'enfants indiquent qu'un meilleur accès à des soins de qualité permet aux femmes d'obtenir davantage d'opportunités d'emploi, de productivité personnelle, de résultats pour les enfants, de bien-être familial, de performance commerciale et de croissance de l'économie en général.

Un projet pilote construit autour des mamanpreneurs

Un projet pilote récemment créé dans le cadre du projet Protection Sociale et Inclusion Productive des Jeunes (PISPJ) teste cette idée en République du Congo. Mis en œuvre par le ministère des Affaires sociales, de la Solidarité et de l’Action humanitaire et de MEDRAC Afrique, et inspiré de l’Initiative Kidogo au Kenya, le programme forme des femmes en tant que « mamapreneurs » qui peuvent aider à gérer des crèches communautaires, ou garderies, dans des quartiers commerçants à prédominance ouvrière. Le programme combine le développement de la petite enfance avec l'entrepreneuriat, les premiers secours, la sécurité et la protection de l'enfance.

Selon un article de la Banque mondiale de novembre 2025, la première cohorte a participé à la formation de 16 femmes. Deux crèches communautaires ont ouvert dans les zones de marché : une située au marché de Soukissa en juillet 2025 et une autre au marché Total de Bacongo, qui a ouvert trois mois plus tard en octobre. Ces centres offrent des options de garde abordables aux parents à faible revenu, et la demande a rapidement dépassé les attentes, les inscriptions dépassant la capacité prévue sur les deux sites en seulement deux semaines.

Une solution durable

Ce qui distingue la garde d’enfants en République du Congo, c’est que ce projet pilote tente de résoudre plusieurs problèmes en même temps. Les crèches offrent aux vendeurs et autres travailleurs un endroit plus sûr où laisser leurs enfants pendant la journée. Ils créent également des emplois pour les femmes formées et ont contribué à préparer les enfants à l'école grâce à des soins structurés et basés sur le jeu. Le personnel de la Banque mondiale a décrit ce modèle comme un investissement à « triple résultat » car il a le pouvoir de soutenir la productivité des entrepreneurs, des enfants et des parents.

Le projet pilote se concentre également sur le système derrière le service fourni par le biais de partenaires développant des normes de qualité réelles pour les nouvelles garderies, organisant des visites de coaching et ajoutant des mesures de sécurité telles que des formations en premiers secours et en sécurité incendie. Le rapport de mise en œuvre le plus récent de la Banque mondiale montre que le projet PISPJ plus large est toujours actif et devrait se dérouler jusqu'en juin 2027, ce qui donne au modèle de garde d'enfants plus de temps pour s'épanouir si les résultats restent solides.

Regarder vers l'avenir

Les services de garde d’enfants en République du Congo ne suffiront peut-être pas à eux seuls à mettre fin à la pauvreté dans le pays. Cependant, le projet pilote de Brazzaville démontre comment un service peut faciliter la vie des parents à faible revenu tout en ouvrant un nouvel espace économique aux femmes. Si le gouvernement et ses partenaires continuent d'augmenter le nombre de crèches abordables sur les marchés et dans d'autres quartiers à faible revenu, les services de garde d'enfants pourraient devenir l'un des outils réalistes dont dispose le pays pour soutenir le travail, garantir la sécurité des enfants et aider les familles à avoir plus de stabilité dans leur vie.

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