
L’enseignement supérieur en Algérie s’est développé à une vitesse remarquable et se concentre désormais sur l’amélioration de sa qualité, de ses résultats professionnels et de l’infrastructure des étudiants. Cet article examinera les résultats obtenus par l'élargissement de l'accès, les changements apportés par la réforme LMD et la manière dont les projets Erasmus et les nouveaux incubateurs associent plus étroitement les diplômes au travail.
Un système qui a évolué rapidement
En deux générations, l’enseignement supérieur en Algérie est passé d’un enseignement réservé à l’élite à un accès désormais accessible aux masses. En 1963, le pays comptait moins de 10 établissements d’enseignement supérieur et 3 000 étudiants : en 2025, ce chiffre est passé à 115, avec un peu moins de 2 millions d’étudiants à temps plein. Parmi ces étudiants, 500 000 préparaient des études de maîtrise tandis que 65 000 étaient doctorants. Les femmes représentent plus de 60 % des étudiants en Algérie, ce qui les place parmi les 15 premiers pays au monde en termes de scolarisation féminine.
Depuis 2004, l'Algérie a mis en place la Licence-Master-Doctorat (LMD) s'alignant sur le modèle franco-européen afin de renforcer la compatibilité internationale. La réforme fait suite à des restructurations antérieures en 1971 et 1999 et reste aujourd'hui le cadre de l'enseignement et de l'évaluation.
Incubateurs
Un axe politique clair consiste à lier les études universitaires à l’entrepreneuriat et au développement régional. Sous l'égide du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS), les incubateurs de campus aident désormais les étudiants et les chercheurs à transformer leurs idées en entreprises et en projets. Cette initiative d’incubateurs fait partie d’une stratégie plus large dans laquelle le gouvernement algérien fixe un objectif national de 20 000 startups d’ici 2029. Les universités considèrent les incubateurs comme un mécanisme clé pour diversifier l’économie et lutter contre le chômage des jeunes.
Projets internationaux
La coopération internationale renforce ces changements. Grâce au programme Erasmus de renforcement des capacités dans l'enseignement supérieur (CBHE), les universités algériennes ont pu concevoir un programme d'études prêt à l'emploi, renforcer leur gouvernance et mettre l'accent sur l'assurance qualité. Des projets tels que COFFEE ont créé de nouvelles licences professionnelles en partenariat avec des entreprises algériennes et le ministère de l'enseignement supérieur. Ce projet a déjà conduit à l'accréditation de 17 programmes de licence professionnelle dans des domaines tels que la maintenance industrielle, la réhabilitation de bâtiments et le commerce électronique. Ces diplômes se concentrent sur les profils de gestion et techniques très demandés, aidant ainsi les jeunes diplômés à accéder plus rapidement à des emplois décents et à sortir de la pauvreté.
Un tournant linguistique avec des impacts en classe
L'Algérie a apporté des réformes visibles à sa politique linguistique. Même si le français reste largement utilisé socialement et académiquement, le gouvernement a concentré ses efforts pour faire de l'anglais la langue secondaire du pays. En 2025, les écoles, les universités et les programmes de médecine commenceront à utiliser la langue anglaise et prévoient de former 30 000 professeurs d’anglais. Ce changement vise à élargir la base de recherche mondiale de l'Algérie et à l'aider à construire des réseaux industriels capables de créer des emplois plus qualifiés pour les diplômés de l'enseignement supérieur en Algérie.
Cependant, en raison de l'accent mis par le gouvernement sur une expansion rapide, la qualité du personnel et des installations est inégalement répartie à travers le pays. Des études ont montré que les taux de chômage des diplômés dans certains domaines restent élevés.
Un avenir meilleur
Le système d'enseignement supérieur algérien s'est considérablement amélioré en si peu de temps, la diversification et l'innovation constante jouant un rôle essentiel dans son succès. Les éléments d’un avenir meilleur sont en place avec des diplômes modulaires, des incubateurs et une coopération internationale en place. S’ils continuent à assurer une qualité constante, à améliorer leurs dépenses d’infrastructure et à contribuer de manière significative à la recherche universitaire, l’Algérie sera en mesure de réduire son taux de chômage élevé chez les jeunes et de stimuler davantage son économie.
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