Plus d’un milliard de personnes vivent avec un handicap dans le monde. La plupart d’entre eux sont confrontés au même schéma : l’exclusion de l’éducation, du travail et du soutien de base qui rend la stabilité possible. Le handicap et la pauvreté au Turkménistan suivent le même schéma, se renforçant mutuellement d’une manière difficile à briser. Selon la Banque mondiale, les personnes handicapées se heurtent à des obstacles structurels qui les poussent vers la pauvreté et les y maintiennent.
Obstacles pour les personnes handicapées au Turkménistan
À commencer par l’éducation, car c’est là que tout commence. Pendant des décennies, les enfants handicapés du Turkménistan ont été placés dans des établissements résidentiels ou complètement exclus de l’école. Selon un rapport de l'UNICEF de 2024 souligné par The BEARR Trust, environ 7 % des enfants handicapés au Turkménistan n'ont jamais été scolarisés, tandis que près de 60 % des enfants gravement handicapés ne reçoivent pas de prestations d'invalidité en espèces.
L'emploi représente un autre défi important pour les personnes handicapées au Turkménistan. Les lieux de travail ne sont pas conçus pour être accessibles. Les pratiques d’embauche ne tiennent pas compte de l’inclusion et derrière tout cela se cache une stigmatisation, du genre qui rend non seulement plus difficile la recherche d’un emploi, mais aussi l’accès aux soins de santé et la perception d’un participant à part entière à la vie communautaire. Ces obstacles renforcent l’instabilité économique à long terme pour les personnes handicapées.
Les organisations internationales et les groupes de défense régionaux ont fait pression en faveur de politiques plus solides d’inclusion des personnes handicapées dans l’emploi. L'UNICEF et la Banque mondiale ont tous deux soutenu des initiatives plus larges d'inclusion des personnes handicapées dans toute l'Asie centrale, notamment des efforts axés sur l'accessibilité, la protection sociale et la participation au marché du travail. Bien que le Turkménistan soit toujours confronté à des obstacles majeurs en matière d'accès à l'emploi pour les personnes handicapées, ces programmes visent à renforcer les efforts d'inclusion à long terme.
Le lien entre handicap et pauvreté
La pauvreté au Turkménistan reste difficile à mesurer avec précision car les données gouvernementales accessibles au public sont limitées. Cependant, les rapports économiques internationaux montrent que de nombreux ménages continuent d'être confrontés à l'instabilité financière, en particulier dans les zones rurales. Les personnes handicapées sont souvent confrontées à une vulnérabilité économique encore plus grande en raison de possibilités d’emploi limitées et d’un accès irrégulier aux prestations et aux services de soutien.
Au Turkménistan, handicap et pauvreté ne font pas que coexister. Ils se créent. La pauvreté signifie des soins de santé inadéquats, de mauvaises conditions de vie et aucune intervention précoce pour les enfants qui en ont besoin. Ces conditions augmentent les taux d’invalidité. Le handicap, à son tour, limite l’accès à l’éducation et à l’emploi, ce qui maintient les revenus à un faible niveau. Le document de la Banque mondiale sur l'inclusion des personnes handicapées en Europe et en Asie centrale décrit ce phénomène comme un cycle bidirectionnel, particulièrement aigu dans les pays dotés de systèmes de protection sociale faibles.
Efforts pour améliorer l’inclusion des personnes handicapées
L'UNICEF a travaillé avec le ministère de l'Éducation du Turkménistan pour étendre les programmes d'éducation inclusive à travers des écoles pilotes, des améliorations de l'accessibilité et des initiatives de formation des enseignants. En janvier 2025, l'UNICEF et le ministère ont poursuivi les programmes de formation spécialisée destinés aux enseignants, aux administrateurs scolaires et aux professionnels de l'éducation travaillant dans des classes inclusives à Achgabat. Ces programmes visent à améliorer l’accès des enfants handicapés aux salles de classe ordinaires à l’échelle nationale, même si l’accès dans les zones rurales reste limité.
Le Turkménistan a pris un engagement majeur en 2008 en ratifiant la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées. Cette ratification nécessite des cadres juridiques protégeant l’égalité d’accès à l’éducation, à l’emploi et aux services sociaux. Depuis, la Banque mondiale a travaillé avec les décideurs politiques de la région pour examiner la manière dont les prestations sont réparties et les domaines dans lesquels la couverture est insuffisante pour les personnes gravement handicapées.
Le BEARR Trust, une organisation basée au Royaume-Uni fondée en 1991, a suivi ce travail de l'extérieur. Il surveille les conditions de protection sociale dans l’ex-Union soviétique, documente ce qui se passe sur le terrain et produit le type d’analyse indépendante dont les gouvernements et les ONG ont besoin pour savoir où allouer les ressources.
Une voie à suivre
Les progrès en matière de handicap et de pauvreté au Turkménistan sont réels. Il y a plus d’enfants handicapés dans les classes ordinaires qu’il y a dix ans. Les cadres politiques sont plus solides. Les partenariats internationaux s’approfondissent, mais des progrès réels et des progrès suffisants ne sont pas la même chose. La discrimination en matière d'emploi persiste. L’accès aux prestations reste inégal. Les communautés rurales sont encore largement laissées pour compte.
Les experts et les organisations de défense continuent de souligner qu'une éducation inclusive, des protections d'emploi applicables et des systèmes de soutien social plus solides sont nécessaires pour réduire les effets à long terme du handicap et de la pauvreté au Turkménistan.
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