Des années de guerre et un accès restreint à l’aide humanitaire ont perturbé les systèmes alimentaires et éducatifs dans la bande de Gaza, obligeant les habitants à s’appuyer sur des stratégies de survie informelles alors que les services de base s’effondrent. Alors que les boulangeries ferment et que les itinéraires d’approvisionnement s’effondrent, les familles dépendent de plus en plus des solutions communautaires. L'un de ces efforts vient de Bader Slaih, un universitaire palestinien qui prépare désormais du pain pour aider à nourrir sa famille et ses voisins.
Le système éducatif de Gaza perturbé par le conflit
Avant la guerre actuelle, Bader Slaih avait obtenu une maîtrise et un doctorat en éducation alors qu'il étudiait en Égypte. Il est retourné à Gaza avec l'intention d'enseigner dans les universités locales, selon un reportage d'Al Jazeera publié en janvier 2026. Les combats ont interrompu ces plans.
Les frappes aériennes et les opérations terrestres ont forcé Slaih et sa famille à fuir leur maison dans le camp de réfugiés de Bureij à plusieurs reprises, selon le rapport. La destruction du système éducatif de Gaza a été considérable. Selon Save the Children, près de 90 % des bâtiments scolaires à Gaza ont subi des dégâts, laissant des centaines de milliers d’enfants sans accès à l’éducation formelle.
L'UNICEF a également signalé que toutes les universités de Gaza ont subi des dégâts pendant le conflit, interrompant l'enseignement supérieur pour les étudiants et les professeurs. Malgré ces conditions, Slaih a continué à exprimer son engagement en faveur de l'éducation. Il a déclaré à Al Jazeera qu'il avait l'intention d'enseigner autant que possible, même dans des espaces d'apprentissage informels ou temporaires.
Se tourner vers le pain pour survivre
Alors que les réserves alimentaires diminuaient, Slaih et ses proches ont construit un petit four en briques en utilisant des matériaux de récupération pour cuire du pain pour leurs enfants et les familles voisines, a rapporté Al Jazeera. L'insécurité alimentaire à Gaza s'est intensifiée à mesure que les pénuries de carburant et les restrictions d'accès perturbent la production et la distribution. Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a signalé des interruptions répétées aux routes d’approvisionnement alimentaire tout au long de 2025.
Pendant les périodes où la farine et le gaz de cuisine manquaient, toutes les boulangeries subventionnées de Gaza fermaient temporairement, a rapporté OCHA. Le Programme alimentaire mondial (PAM) soutenait auparavant des dizaines de boulangeries produisant des centaines de milliers de pains par jour. Cependant, ces opérations dépendaient de livraisons constantes de carburant, selon les mises à jour humanitaires de l'ONU.
À mesure que les fermetures de boulangeries se multipliaient, les familles se tournaient vers les cuisines communautaires et les fours partagés. OCHA a rapporté que les cuisines communautaires fournissaient près d’un million de repas cuisinés par jour pendant les périodes de graves perturbations de l’aide. Le four de Slaih est devenu partie intégrante de ce réseau alimentaire informel, fournissant du pain lorsque les options commerciales ont disparu.
Nourrir le présent tout en préservant l’avenir
Bien que faire du pain occupe désormais sa routine quotidienne, Bader Slaih continue de considérer l’éducation comme essentielle au rétablissement. Il a déclaré à Al Jazeera que répondre aux besoins nutritionnels des enfants renforce leur capacité à apprendre lors de la reprise de l'école. L'UNICEF a établi un lien direct entre la faim et les résultats d'apprentissage, signalant que la malnutrition nuit à la concentration, à la mémoire et à la fréquentation scolaire.
Partout à Gaza, des professionnels de divers domaines ont assumé des rôles d’urgence alors que les institutions s’effondraient. L’ONU a noté que les réponses communautaires apportent souvent le soulagement le plus immédiat lors de crises prolongées. L'expérience de Slaih reflète ce changement.
Faire du pain ne remplace pas l’aide humanitaire ni ne reconstruit les écoles, mais il aide les familles à subvenir à leurs besoins alors qu’une reprise plus large reste incertaine. À Gaza, la survie dépend de plus en plus de l’adaptation. Pour un universitaire devenu boulanger, nourrir sa communauté reste désormais étroitement lié à l’objectif de retourner aux études lorsque les conditions le permettront.
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