Le mariage des enfants consiste en l’union formelle entre deux personnes dont au moins l’une des deux a moins de 18 ans. Même si le mariage des enfants est illégal dans la plupart des pays, il persiste dans le monde entier. La République démocratique du Congo (RDC) est l'un des pays où la prévalence du mariage des enfants est la plus élevée au monde. Aujourd'hui, en RDC, environ 2,6 millions de filles se marient avant 15 ans et 8 millions de filles se marient avant 18 ans, ce qui représente respectivement 8% et 29% de la population féminine. Il s'agit d'une moyenne nationale, car le mariage des enfants en RDC est plus présent dans certaines régions, notamment les zones les plus pauvres et les zones rurales, surtout lorsque les conflits et les déplacements les affectent. Avec 60 % de la population féminine se mariant avant 18 ans, le Tanganyika est la province où le taux de mariage d'enfants est le plus élevé, tandis que Kinshasa est la province la plus faible, avec une incidence légèrement supérieure à 18 %.
L'âge minimum légal pour se marier en RDC est de 18 ans, mais cela ne signifie pas nécessairement que la loi peut être appliquée partout, notamment dans les zones où les traditions coutumières prévalent généralement sur la législation de l'État. Les hommes peuvent également contracter des mariages d’enfants, mais dans une moindre mesure que les femmes. En RDC, seuls 6 % des hommes se marient avant l'âge de 18 ans. Le mariage des enfants peut avoir des conséquences catastrophiques sur la santé, l'éducation et la situation professionnelle des femmes, augmentant souvent le nombre de grossesses chez les adolescentes et limitant considérablement l'autonomisation économique des femmes.
Causes du mariage des enfants en RDC
Il existe de multiples raisons pour lesquelles le mariage des enfants persiste en RDC et, en fin de compte, des aspects tels que l'éducation et le contexte économique des familles, ainsi que l'influence des traditions locales jouent un rôle.
La première considération évidente est le facteur richesse : plus la fille est pauvre, plus tôt elle se mariera. Dans de nombreuses circonstances, lorsqu’une famille ne peut pas subvenir aux besoins de sa fille, elle la renvoie en mariage dès que possible. Ce fait est particulièrement accentué dans les zones où les taux de déplacement interne sont élevés, et qui sont généralement parmi les plus pauvres du pays. Un autre facteur à prendre en compte est le statut éducatif des individus : plus les filles sont instruites et plus elles sont susceptibles d'être exposées aux médias d'information, plus elles se marieront tard. Plus important encore, le mariage des enfants est souvent une conséquence du manque de droits reproductifs et de connaissances sur les pratiques sexuelles sans risque.
Souvent, le mariage des enfants survient après une grossesse non désirée, et la jeune fille peut alors être invitée à épouser le père de l'enfant conçu. Dans certains cas, les gens peuvent recourir à un mariage arrangé de façon impromptue pour régler un viol : souvent, la femme est forcée d’épouser l’homme qui l’a violée. En outre, il est important de considérer le rôle de la tradition et les différences entre les religions et les groupes ethniques. Dans certaines régions du pays, notamment dans les zones rurales où les traditions coutumières sont plus fortes, le mariage jeune est plus accepté, parfois même encouragé, que dans les zones plus urbanisées, comme dans la capitale Kinshasa.
Impacts du mariage des enfants en RDC
Le mariage des enfants a des impacts différents, parfois dramatiques, sur la vie des personnes qui s'y engagent. Se marier plus jeune signifie des taux de fécondité plus élevés, y compris les grossesses adolescentes et tous les risques associés pour la santé des mères et des bébés. Avec un ratio de 107 filles sur 1 000 âgées de 15 à 19 ans qui accouchent. Le La RDC a l’un des taux de fécondité des adolescentes les plus élevés au monde, ainsi qu’un taux de mortalité infantile très élevé, environ 45 décès infantiles pour 1 000 individus.
Se marier plus jeune introduit un autre problème de santé, car cela augmente les risques de maladies sexuellement transmissibles, notamment le VIH. De plus, après le mariage, la plupart des filles arrêtent de poursuivre leurs études. En RDC, seules 50 % des filles achèvent le premier cycle du secondaire, contre 61,8 % des garçons, soit un écart de 12 points de pourcentage, bien plus important que l'écart moyen de la région subsaharienne, 1,8.
Il a également été observé que le mariage des enfants peut avoir des effets dévastateurs sur le bien-être des filles. Non seulement les filles mariées en RDC déclarent avoir une moindre estime d’elles-mêmes, mais elles sont également plus susceptibles d’être victimes de violence domestique. Il peut s'agir de violences physiques, de violences émotionnelles ou de violences sexuelles, souvent perpétrées par leur mari. En fin de compte, les mariages d’enfants sont généralement plus susceptibles de se terminer par un divorce ou un veuvage précoce que les mariages de personnes de plus de 18 ans.
Solutions pour le mariage des enfants en RDC
Il existe différentes solutions pour réduire les taux de mariages d’enfants et, à terme, éliminer le problème. Étant donné que le mariage des enfants en RDC est une conséquence de facteurs sociaux et économiques sous-jacents, il est indispensable de s’attaquer aux causes profondes du problème, telles que la pauvreté, les conflits armés et les traditions locales. L'Union africaine, qui comprend 55 pays, dont la RDC, soutient les stratégies nationales visant à créer un mouvement social de base qui impliquerait les travailleurs sociaux et de santé ainsi que les dirigeants communautaires et religieux. L’objectif est d’aborder et d’influencer tous les cas où la tradition et le contexte socio-économique pourraient suggérer le mariage des enfants.
Les filles devraient avoir accès aux services d’éducation et de santé et, plus important encore, elles devraient avoir la possibilité de comprendre que le mariage des enfants est illégal et dangereux. Radio Ondese est un exemple réussi de projet qui tente d'informer les filles de leurs droits. Radio Ondese est une radio fondée par David M. Munyaga en 2009.
Aujourd'hui, Radio Ondese touche environ 180 000 auditeurs dans la région du Sud-Kivu, y compris des auditeurs issus des zones rurales. Cette radio tente de se concentrer sur la sensibilisation aux conséquences du mariage des enfants. Pour ce faire, il invite des experts locaux en matière de droits des filles, tels que des avocats ou des administrateurs publics, à des débats à l'antenne où les auditeurs peuvent contribuer par appel téléphonique ou par SMS. Selon Munyaga, il est assez courant que les filles appellent la station de radio et demandent des informations complémentaires. Étant donné que la plupart des mariages d'enfants en RDC ont lieu dans les zones rurales où les normes culturelles prévalent sur les lois de l'État, Radio Ondese est pour de nombreuses filles la première fois qu'elles réalisent que le mariage d'enfants est illégal. Par ailleurs, Radio Ondese organise des ateliers de formation avec les leaders communautaires et crée des « clubs d'écoute », des groupes de discussion de femmes contraintes au mariage précoce.
Regarder vers l'avenir
Le mariage des enfants reste un problème persistant en République démocratique du Congo. Les recherches ont montré qu’elle est particulièrement répandue dans les régions rurales où les taux de pauvreté sont élevés et où les conflits armés sont les plus exposés. Dans un pays où 55% de la population vit en zone rurale, mettre fin au mariage des enfants peut être un défi en RDC, mais un ensemble de politiques et de projets appropriés pourraient limiter ces cas. Compte tenu des conséquences catastrophiques du mariage des enfants sur les filles, il est plus important que jamais de commencer à mettre en œuvre des solutions efficaces.
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