Les nations s’unissent sur un accord historique de l’OMS sur la pandémie

Accord de l'OMS sur la pandémieLe 20 mai 2025, les diplomates du monde entier ont voté presque à l’unanimité en faveur du premier accord juridiquement contraignant de l’OMS sur la pandémie, en réponse à l’un des échecs les plus flagrants de la COVID-19.

Cet échec contrastait fortement avec la situation des pays à revenu élevé par rapport aux pays à faible revenu pendant la pandémie. En novembre 2023, la couverture vaccinale dans certains pays était inférieure à un tiers, contre quatre cinquièmes des résidents vaccinés dans de nombreux pays à revenu élevé. Les barrières juridiques telles que les dérogations aux brevets pour les vaccins ont été démantelées, mais les doses n’ont toujours pas atteint les pays qui en avaient besoin en raison de problèmes de capacité de fabrication. Un fabricant africain a obtenu la capacité de produire un vaccin, mais ses chaînes de production sont restées inactives car aucun gouvernement africain n’a passé de commande. Bref, le système était en panne. L’accord sur la pandémie était la tentative du monde d’y remédier.

Comment est né l’accord de l’OMS sur la pandémie

La session de l’Assemblée mondiale de la santé a lancé le processus en décembre 2021, alors que le variant Omicron se propageait à l’échelle mondiale et que les pays riches disposaient de stocks de doses auxquels le reste du monde ne pouvait accéder. L'organe de négociation intergouvernemental qui a suivi a tenu 13 séries de négociations formelles ainsi que d'innombrables séances informelles. Les négociateurs ont surmonté des débrayages, des affrontements de dernière minute et un environnement politique hostile, notamment le rejet ouvert de certains dirigeants politiques ainsi que la pression du secteur privé.

Ce que fait l’accord sur la pandémie

Selon un article de J Law Med Ethics, des idées critiques qui n'avaient pas de définition juridique pendant la COVID-19, comme One Health ou l'équité, ont désormais une place dans le droit international, offrant aux gouvernements un cadre stable pour une future réponse à la pandémie.

Au cœur de l’accord se trouve un système d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages (PABS). Dans le cadre de ce mécanisme, les pays conviennent de partager avec l’OMS les données sur les séquences génétiques des agents pathogènes en circulation. En échange, les fabricants pharmaceutiques qui participent s’engagent à mettre à la disposition de l’OMS 20 % de leur production en temps réel de vaccins, de produits thérapeutiques et de diagnostics pandémiques, dont au moins la moitié sous forme de dons et le reste à des prix abordables et réalistes, selon l’OPS. Concrètement, si un fabricant fabrique 10 milliards de vaccins, environ 2 milliards seront versés à l’OMS pour être distribués en fonction des besoins de santé publique, en particulier dans les pays en développement.

Urgence formelle

L’accord lie directement le système PABS à une déclaration formelle d’urgence pandémique en vertu du Règlement sanitaire international, rendant la redistribution automatique plutôt que dépendante de la bonne volonté des acteurs individuels, selon un article de J Law Med Ethics.

Au-delà de l’accès aux vaccins, l’accord adopte une vision plus large de ce que signifie la préparation à une pandémie. Il intègre une approche One Health en reconnaissant qu'environ 75 % des maladies infectieuses émergentes sont d'origine animale. Il exige donc que les pays disposent de systèmes de surveillance reliant les données humaines, animales et environnementales, selon l'OMS. Un réseau mondial de chaîne d’approvisionnement et de logistique comblera les lacunes des chaînes d’approvisionnement médicales avant la prochaine crise. De plus, pour la première fois, la protection des agents de santé en cas d’urgence pandémique est inscrite comme une obligation juridique internationale.

Une fondation pour un avenir plus juste

Durant la crise du COVID-19, le problème n’était pas seulement le manque de doses, mais aussi le manque de capacité. L’article 11 de l’accord va au-delà du modèle de renonciation aux brevets et appelle les détenteurs de technologies à partager leur savoir-faire, leurs compétences et leurs informations exclusives via des pôles dirigés par l’OMS afin de construire une véritable capacité de fabrication dans les pays du Sud.

L’accord nécessite encore du travail. Une annexe critique détaillant les spécificités opérationnelles du système PABS doit encore être adoptée lors de la 79e Assemblée mondiale de la santé en mai 2026, et la ratification par au moins 60 pays est nécessaire avant que l’accord de l’OMS sur la pandémie n’entre en vigueur. Mais pour la première fois, l'architecture existe. L'équité est désormais une obligation juridique, acceptée par l'écrasante majorité des nations du monde.

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