En plus d’offrir de nombreux avantages, la plante de bambou peut prospérer dans presque tous les types de sol et de conditions météorologiques. Cette capacité à prospérer dans des conditions moins qu’idéales fonctionne favorablement pour l’Ouganda, un pays d’Afrique de l’Est avec un secteur agricole actif malgré la mauvaise qualité de ses sols.
La culture du bambou en Ouganda est devenue une précieuse source de revenus pour de nombreuses personnes. En conséquence, le gouvernement ougandais a répondu avec des programmes de formation pour développer les compétences des citoyens dans la production de paniers, de meubles et d’autres objets artisanaux utilisant cette plante polyvalente.
Une source d’emploi fiable
La culture du bambou en Ouganda fournit une source de revenus fiable et récurrente aux chômeurs en raison de plusieurs facteurs agricoles propres à la plante. Le bambou est une plante vivace au cycle de maturation rapide. La plante entière mûrit en quatre à huit ans et est prête à être récoltée en seulement cinq ans. De plus, la plante a la capacité unique de produire de nouvelles pousses chaque année, ce qui aide à stabiliser le sol.
En Ouganda, où le taux de chômage est de 9,2 % et de 13,3 % chez les jeunes âgés de 18 à 30 ans, le ministère de l’Eau et de l’Environnement a élaboré une stratégie visant à produire 140 millions de perches de bambou par an. En plantant 230 000 ha de bambous sur des terres agricoles, l’initiative créera 150 000 emplois à temps plein et 700 000 opportunités d’emploi à long terme, donnant une impulsion cruciale à l’économie du pays.
L’expansion du marché
Le marché mondial de la production de bambou se développe en réponse à la demande croissante de produits durables. Selon le Réseau international du bambou et du rotin (INBAR), une organisation intergouvernementale des Nations Unies, l’économie du bambou est estimée à environ 60 milliards de dollars, constituant une source importante de revenus pour les ménages ruraux.
Pour capitaliser sur cette tendance, le gouvernement ougandais a élaboré une stratégie et un plan d’action nationaux sur le bambou sur 10 ans (2019-2029) avec le soutien de l’INBAR, de la Division ougandaise d’appui au secteur forestier, du ministère de l’Eau et de l’Environnement (MoWE) et du National Autorité forestière. Ce plan vise à libérer le potentiel inexploité de la plante de bambou, non seulement pour développer une économie verte mais aussi pour produire des produits de haute qualité pour les marchés internationaux, régionaux et nationaux.
Atténuer la déforestation
La culture du bambou en Ouganda est idéale pour les efforts de reboisement en raison de la repousse rapide de la plante après la coupe. En 2010, l’Ouganda avait près de 7 millions d’hectares de couvert arboré, mais en 2021, ce nombre avait diminué de 49 000 hectares. Cela était principalement dû à l’exploitation forestière illégale et à la croissance démographique. La plantation de bambous pourrait aider à restaurer rapidement une partie du couvert forestier perdu.
Les projections suggèrent que la plantation de bambous pourrait contribuer à hauteur de 15 % à la restauration de 2,5 millions d’hectares de forêt d’ici 2030, une grande partie de la plantation ayant lieu sur des terres privées.
Le bambou comme source de nourriture
L’insécurité alimentaire en Ouganda reste une préoccupation importante, avec 48 % de la population en situation d’insécurité alimentaire modérée et 11 % en situation d’insécurité alimentaire grave. La malnutrition est également un problème, avec environ 2,4 millions d’enfants souffrant d’un retard de croissance selon le rapport de l’UNICEF.
La culture du bambou en Ouganda offre une solution prometteuse à ce problème, car les pousses de bambou sont une riche source de fibres, de vitamines, de minéraux et de protéines, ce qui les rend idéales pour remédier aux carences nutritionnelles des enfants souffrant d’un retard de croissance.
Pour promouvoir le bambou en tant que source alimentaire, le Programme néerlandais-sino-africain de développement du bambou a organisé une initiative de formation pour les fonctionnaires du gouvernement ougandais et les membres de la communauté. L’objectif était de faire prendre conscience des avantages de la plante, ainsi que de son potentiel d’amélioration de la sécurité alimentaire.
En Ouganda, les jeunes pousses de la plante de bambou sont un mets délicat connu sous le nom de Malewa et les feuilles sont une source précieuse de nutrition pour le bétail, comme les vaches et les chevaux.
Fournir un abri
Le bambou est une plante polyvalente avec des applications variables dans la construction de bâtiments. Il peut être utilisé pour les toits, les clôtures, les plafonds, les sols et autres matériaux de construction. De plus, la tige peut servir de source de bioénergie pour la cuisson, offrant une alternative écologique au bois de chauffage traditionnel.
Le bambou est également une ressource précieuse dans les industries du papier et du textile. C’est aussi une ressource utile pour la fabrication de carton et de tissu. De plus, il peut être transformé en canoës, paniers, crayons et pupitres d’école, fournissant une source de revenus supplémentaire.
En Ouganda, le bambou est efficace pour faire face aux inondations. Lorsqu’il est cultivé, il agit comme une barrière pour limiter les effets du débordement des rivières. Sa structure racinaire étendue et ferme laisse passer l’eau tout en empêchant l’effondrement des berges.
Regarder vers l’avant
Le bambou est une plante économiquement importante, car ses feuilles, sa tige et sa racine sont toutes précieuses. La culture du bambou en Ouganda continue de jouer un rôle crucial dans la stimulation du commerce extérieur, la promotion de la sécurité alimentaire, la création d’emplois et l’atténuation de l’impact de la déforestation. En fin de compte, cela contribue à créer un pays meilleur pour tous les Ougandais.
– Chidinma Nwoha
Photo : flickr
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