Comment la formation professionnelle des femmes syriennes favorise leur autonomisation

Formation professionnelle pour les femmes syriennesL’effondrement économique qui a suivi le conflit syrien a laissé plus de 90 % des Syriens vivre en dessous du seuil de pauvreté, et de nombreuses femmes sont devenues chefs de famille dans une société dépourvue des réformes juridiques nécessaires pour soutenir leur transition vers ce rôle. Parmi ces ménages, 92 % vivant dans des camps de déplacés n’étaient pas en mesure de subvenir à leurs besoins fondamentaux. En 2025, la participation des femmes à la population active s'élève à 12,7 %, contre 61,4 % pour les hommes. La formation professionnelle contribue à combler cette lacune en fournissant aux femmes des compétences spécialisées qui soutiennent la stabilité financière, l’autosuffisance et un meilleur accès aux opportunités de travail. Ces résultats expliquent pourquoi les organisations humanitaires donnent la priorité à la formation professionnelle des femmes syriennes, élargissent l’accès à l’éducation et soutiennent leur chemin vers l’indépendance économique. Voici les quatre principales façons dont la formation professionnelle destinée aux femmes syriennes soutient leur autonomisation.

Indépendance économique

Les centres de formation professionnelle en Syrie donnent aux femmes des « compétences génératrices de revenus » qui soutiennent la stabilité économique à long terme, selon le Réseau Aga Khan de développement. DCA Syrie a développé ses programmes en réponse à l'instabilité socio-économique à laquelle les femmes sont confrontées, en proposant des formations qui leur confèrent les compétences et les connaissances nécessaires pour générer leurs propres revenus.

Le programme Building Life Skills and Resilience (BLRS) du ministère britannique des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement propose également aux femmes syriennes une formation professionnelle spécialisée qui renforce leur employabilité et leur confiance en elles. Ashwaq, une femme de 21 ans, a bénéficié de la formation BLRS en 2024. CARE a rapporté que la formation en boulangerie du programme l'a dotée de compétences pratiques et transférables qui l'ont aidée à gagner un revenu durable et à créer de la stabilité pour sa famille.

Les rôles des femmes sur le marché du travail

En 2017, l'Institut Tahrir pour la politique au Moyen-Orient a rapporté que le conflit syrien avait gravement affecté la vie des femmes, mais leur avait également ouvert de nouvelles perspectives sur le marché du travail. Les décès et les déplacements de maris, de pères et de frères ont créé une importante pénurie de main-d’œuvre que les femmes comblent désormais. En conséquence, les femmes sont devenues le principal soutien économique dans près d’un ménage sur trois.

En réponse à ces changements, le PNUD a développé des ateliers, des formations professionnelles et des opportunités d'emploi d'urgence pour soutenir la participation des femmes à la population active. TIMEP a souligné l'efficacité de ces initiatives, signalant que le PNUD a offert des opportunités de carrière à 6 103 femmes chefs de famille en 2016.

La formation professionnelle a considérablement remodelé le rôle économique des femmes syriennes. Les organisations continuent d’éduquer et de soutenir les femmes syriennes « sur les plans économique, professionnel, social et culturel ».

Accès à l’éducation pour les jeunes femmes

En 2025, l'UNICEF a permis à 164 883 filles de reprendre l'apprentissage et de développer des compétences transférables grâce à l'éducation non formelle. Ces programmes comprennent l'auto-apprentissage, l'éducation de rattrapage, l'éducation de la petite enfance et la formation aux compétences essentielles. L'UNICEF a indiqué que cette approche met en évidence la nécessité croissante d'offrir aux femmes et aux filles, y compris les personnes déplacées à l'échelle internationale, les rapatriés et les communautés d'accueil vulnérables, des opportunités de retrouver leur confiance et de renforcer leurs parcours d'apprentissage.

L'UNICEF a également élargi ses programmes visant à « renforcer la résilience, l'action et la cohésion sociale des adolescents ». Ces programmes enseignent les compétences de vie, la formation à l’employabilité et l’engagement civique. Fin 2025, ces initiatives ont renforcé les efforts plus larges visant à stabiliser les communautés et ont touché 255 488 adolescentes.

Reconstruire après le déplacement

L’enseignement professionnel offre aux femmes et aux personnes déplacées une formation pratique qui favorise la réintégration dans la société, renforce la stabilité économique et contribue au rétablissement après les traumatismes liés au conflit. Le Journal of International Affairs de l’Université Columbia souligne l’importance de ces programmes, notant que les deux tiers des Syriens déplacés dans le monde sont des femmes sous-représentées dans le « récit mondial ».

Les camps de réfugiés soutiennent également les femmes lors de leur retour à la vie communautaire en leur offrant des opportunités de formation. Dans le cadre d'une recherche sur le déplacement dans le camp d'Abou Khashab, Acted a documenté Heba, une femme qui a acquis des compétences pratiques et de nouvelles opportunités grâce à sa participation à des centres de formation. Ces compétences l’ont aidée à réintégrer la vie communautaire et à bâtir une stabilité à long terme.

Conclusion

Les centres de formation professionnelle en Syrie jouent un rôle central en soutenant l'autonomisation des femmes en élargissant l'accès aux opportunités d'emploi et aux compétences pratiques de la vie quotidienne. Ces programmes sont apparus en réponse aux obstacles qui continuent de limiter les réalisations des femmes. Les expériences de femmes comme Ashwaq et Heba montrent comment la formation pratique peut ouvrir la voie à l’emploi et à la stabilité, même dans une société post-conflit. Alors que les organisations humanitaires continuent d'investir dans la formation professionnelle des femmes syriennes, ces initiatives restent essentielles pour renforcer le rôle des femmes au sein de leurs communautés et sur le marché du travail.

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