Migration vers le Bangladesh – La crise des Rohingyas

Migration vers le BangladeshLes Rohingyas restent l’une des personnes les plus déplacées au monde, avec plus d’un million de Rohingyas vivant actuellement comme réfugiés hors du Myanmar et plus de 3 millions de déplacés internes. Craignant d'être persécutés, beaucoup ont cherché refuge dans les pays voisins, notamment à Cox's Bazar, le plus grand camp de réfugiés du monde, au Bangladesh, où ils continuent de faire face à des conditions de vie désastreuses. Voici plus d’informations sur les Rohingyas et la migration vers le Bangladesh.

Qui sont les Rohingyas ?

Le nom Rohingya fait référence à une minorité ethnique musulmane indigène vivant dans le royaume d’Arakan, que la Birmanie, aujourd’hui connue sous le nom de Myanmar, a envahi en 1784.

Historiquement, la Birmanie est tombée sous l'occupation coloniale des Britanniques, période pendant laquelle le peuple Rohingya est resté en Arakan et a conservé sa langue et sa communauté tout en vivant aux côtés des bouddhistes Rakhine, mécontents de leur présence dans la région.

Les conflits entre les Rohingyas musulmans et les Rakhines bouddhistes se sont intensifiés lors de l’invasion japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale et se sont poursuivis après que le Myanmar a obtenu son indépendance en 1948. Depuis lors, le gouvernement du Myanmar n’a cessé de refuser aux Rohingyas leur droit à la citoyenneté et a lancé une persécution systématique contre les Rohingyas, qui dure encore aujourd’hui.

La situation s’est considérablement aggravée en 2017 et a poussé près d’un demi-million de Rohingyas à quitter leur pays d’origine, entraînant une importante migration des Rohingyas vers le Bangladesh. Le peuple Rohingya reste encore aujourd’hui apatride.

Migration vers le Bangladesh

En 2025, plus d'un million de réfugiés rohingyas résident dans le plus grand camp de réfugiés du monde, Cox's Bazar, au Bangladesh, où les conditions de vie sont précaires. Outre la surpopulation, les réfugiés sont actuellement confrontés à d’autres défis humanitaires tels que :

  • Mauvais accès à l’eau et à la nourriture
  • Mauvais accès aux soins de santé
  • Mauvais accès à l’éducation
  • Malnutrition et propagation des infections
  • Risque d’exploitation et d’insécurité

L'UNICEF a noté que plus de 235 000 enfants réfugiés âgés de 5 à 17 ans n'ont pas accès à l'école, ce qui les rend vulnérables au trafic et au travail des enfants. De plus, les réfugiés rohingyas n’ont pas le droit légal de quitter le camp ou de travailler selon leurs propres conditions. De plus, les Rohingyas doivent composer seuls avec leur traumatisme et de nombreux enfants naissent dans les limbes. Actuellement, la crise des Rohingyas est examinée par la Cour internationale de Justice.

Garder espoir

Alors que les procédures judiciaires se déroulent, de nombreuses organisations continuent de travailler sur le terrain pour répondre aux besoins des Rohingyas dans les camps de réfugiés.

  • Comité international de secours (IRC) : L'IRC s'efforce d'apporter des aides vitales aux réfugiés de Cox's Bazar, notamment une réponse à la rougeole récemment lancée suite à une épidémie majeure en avril 2026, qui comprend des vaccinations et d'autres services de santé pour 20 000 enfants âgés de 6 mois à 5 ans dans les camps de réfugiés Rohingya. L'IRC propose également des programmes de protection de l'enfance et d'éducation dans les camps de réfugiés, avec plus de 400 employés opérant dans 33 camps au Bangladesh.
  • Médecins Sans Frontières (MSF) : MSF s'efforce de fournir un soutien médical sur le terrain, notamment un soutien en matière de santé mentale et de maternité, aux réfugiés non seulement à Cox's Bazar, mais partout dans le monde. Avec l'afflux croissant de réfugiés arrivant à Cox's Bazar, les risques d'infection augmentent, que le personnel MSF contribue à atténuer. En 2025, MSF a lancé une campagne « tester et traiter » pour lutter contre le taux alarmant d’infections par l’hépatite C parmi les réfugiés rohingyas. Sur 2 136 personnes positives à l’hépatite C, MSF a déjà traité 2 102 personnes.
  • HCR L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés : La migration vers le Bangladesh s'accompagne de divers défis, notamment des aléas météorologiques. De mai à octobre, le Bangladesh est confronté à la saison de la mousson, qui s'accompagne de fortes pluies et de tempêtes. Cela constitue une menace immédiate pour les réfugiés vivant dans des tentes qui ne sont pas conçues pour résister à des conditions météorologiques aussi extrêmes. Le HCR a une réponse à la mousson où le personnel fournit une assistance pratique aux familles touchées par la mousson. En prévision de la mousson, le personnel du HCR fournit des kits d'arrimage à 40 000 ménages pour les aider à moderniser leurs abris.

Regarder vers l'avenir

Avec les récentes réductions de l’aide étrangère aux États-Unis et au Royaume-Uni et les efforts humanitaires en faveur de la communauté Rohingya qui se révèlent plus difficiles, le travail ne s’arrête pas. Cependant, grâce à l’aide de donateurs individuels du monde entier, les travailleurs humanitaires peuvent continuer à aider les réfugiés. La bonne nouvelle est que la voix du peuple Rohingya est désormais entendue à la Cour internationale de Justice, de sorte que le monde ne peut plus se détourner.

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