Le 15 août 2021, les talibans ont pris le contrôle de Kaboul, la capitale de l’Afghanistan, à la suite du retrait antérieur des forces militaires américaines. Le président Ashraf Ghani, soutenu par les États-Unis, a fui la capitale tandis que les forces de sécurité afghanes s’effondraient, laissant Kaboul et tout l’Afghanistan sous le contrôle des talibans. Plus de deux ans depuis la résurgence des talibans, les conditions en Afghanistan se sont détériorées, affectant particulièrement les membres les plus vulnérables de la société afghane. L’un des groupes qui subissent les plus grandes difficultés sous le régime taliban est celui des femmes.
Les filles afghanes âgées d’à peine 12 ans n’ont pratiquement pas le droit d’assister aux cours. Ces politiques ont rendu plus difficile pour les gouvernements occidentaux de reconnaître les talibans comme l’organe dirigeant légitime en Afghanistan. Plus récemment, le 22 décembre 2022, le Les talibans ont commencé à refuser l’aide de femmes travaillant avec des organisations non gouvernementales (ONG), réduisant ainsi d’un tiers le personnel des travailleurs humanitaires en Afghanistan.
Refuser les travailleuses d’ONG
Le refus des talibans de permettre aux femmes de travailler pour des ONG s’étend au-delà des organisations à but non lucratif et des œuvres caritatives pour inclure également leur participation aux initiatives de l’ONU. Selon le Radio publique nationale (NPR), cette décision des talibans est la dernière d’une série de manœuvres visant à couper l’aide pendant ce qui est qualifié de « la plus grande crise humanitaire au monde » par le représentant spécial adjoint de l’ONU pour l’Afghanistan, Ramiz Alabaro.
L’interdiction visant les femmes travaillant dans des ONG intervient à un moment où l’Afghanistan a désespérément besoin d’aide humanitaire. Selon le Classification intégrée de la phase de sécurité alimentaire (IPC), pas moins de 19,9 millions de personnes dans le pays ont été confrontées à une insécurité alimentaire aiguë au cours de l’hiver 2022-2023. Le l’hiver a aussi vu les morts de plus de 200 personnes et 200 000 têtes de bétail. Face aux nombreux problèmes humanitaires qui surviennent en Afghanistan, les ONG sont confrontées à un choix difficile : les talibans refusent aux travailleuses des ONG de porter atteinte à leurs principes, tandis que l’annulation de l’aide laisse celles qui en ont besoin dans la vulnérabilité.
Les organisations trouvent des solutions
Malgré les conditions de plus en plus difficiles en Afghanistan, les organisations recherchent activement des approches alternatives pour garantir la continuité de l’acheminement de l’aide à ceux qui en ont besoin. Le Nouveaux rapports humanitaires qu’elle a interviewé de nombreuses femmes employées par des ONG en Afghanistan qui, malgré le caractère sensible de la situation, ont réussi à s’entendre avec les talibans pour poursuivre leur travail. Bien qu’elles aient demandé à rester anonymes en raison de la nature volatile de la question, ces femmes ont réussi à parvenir à un certain niveau d’entente avec les talibans et à poursuivre leur travail.
De nombreuses femmes à la tête d’ONG locales en Afghanistan se sont rencontrées et ont confirmé qu’elles avaient pu maintenir leurs opérations dans cinq provinces en faisant des concessions avec les talibans. Le New Humanitarian rapporte que même si les talibans ont interdit à la plupart des femmes l’accès aux immeubles de bureaux, elles sont autorisées à quitter leur domicile pour se rendre dans des centres/sites de distribution. D’autres groupes dirigés par des femmes ont signalé avoir nommé des mandataires masculins pour gérer les affaires nécessitant une présence physique pour superviser les questions administratives et/ou financières.
Conclure
Le refus des talibans d’autoriser les travailleuses des ONG à participer aux opérations humanitaires a considérablement compliqué l’exécution des efforts d’aide. Comme le rapporte PBS Frontline, cette interdiction a rendu plus difficile l’obtention de l’approbation d’une collecte de fonds, puisque seulement 5,5 % de l’aide de 4,6 milliards de dollars demandée par l’ONU pour l’Afghanistan a été versée. Alors que les organisations continuent de faire de leur mieux pour fournir de l’aide tout en luttant pour maintenir l’implication de leurs travailleuses, le temps nous dira si les circonstances s’améliorent.
–Beau Sansom
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