
Le 1er décembre 2025, le ministère de la Santé de la République démocratique du Congo (RDC) a déclaré la fin de l'épidémie d'Ebola survenue dans la province du Kasaï. Depuis 1976, il s'agit de la 16e épidémie enregistrée dans le pays. L'épidémie s'est produite pour la première fois dans la zone de santé de Bulape et a été déclarée le 4 septembre 2025. Au total, 64 cas ont été signalés, avec 45 décès et un taux de létalité de 70,3 %.
La réponse nationale et internationale urgente, comprenant la surveillance, la gestion des cas, la vaccination et l’engagement communautaire, a permis d’endiguer la maladie. L'épidémie s'est produite dans une zone rurale difficile d'accès, avec des routes en mauvais état et des infrastructures limitées. La réponse illustre comment un contrôle efficace des maladies protège les populations vulnérables, minimise les perturbations économiques et soutient la réduction de la pauvreté tout en renforçant les systèmes de santé dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Le dernier patient atteint d'Ebola est sorti le 19 octobre 2025 à Bulape, déclenchant le compte à rebours requis de 42 jours avant de déclarer officiellement la fin de l'épidémie. Depuis le 25 septembre 2025, aucun nouveau cas d’Ebola n’a été signalé.
Campagne nationale de réponse et de vaccination
Le leadership du gouvernement de la RDC et du ministère de la Santé a permis de réagir rapidement à l’épidémie d’Ebola. Les accords préexistants avec les fabricants de vaccins garantissaient une disponibilité immédiate, et Gavi, l'Alliance du Vaccin, a joué un rôle essentiel dans la livraison de 300 000 doses expérimentales du vaccin rVSV-ZEBOV contre Ebola. En conséquence, la vaccination en anneau a été rapidement mise en œuvre le 14 septembre 2025 dans la zone de santé de Bulape, en se concentrant sur les contacts à haut risque et les agents de santé de première ligne. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et Médecins Sans Frontières (MSF) ont également apporté leur soutien opérationnel.
Au total, 112 experts de l'OMS et intervenants de première ligne ont été déployés pour soutenir les opérations sur le terrain, et plus de 150 tonnes de fournitures et d'équipements médicaux ont été livrées pour protéger les agents de santé et les communautés. Une coordination et un processus décisionnel solides du gouvernement ont également abouti à l'introduction d'un module de traitement des maladies infectieuses (IDTM) pour fournir des soins aux patients de meilleure qualité tout en améliorant la sécurité des agents de santé. Ainsi, plus de 47 500 personnes ont été vaccinées contre Ebola.
Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a également joué un rôle essentiel dans la préservation de l'intégrité de la chaîne du froid des vaccins dans une région aux infrastructures limitées, tout en travaillant en étroit partenariat avec le ministère de la Santé de la RDC, l'OMS et d'autres agences des Nations Unies (ONU). Au-delà de la vaccination, l'UNICEF a soutenu les soins médicaux pour les patients atteints d'Ebola, renforcé les mesures d'hygiène dans les écoles et les établissements de santé et dispensé une éducation communautaire sur la prévention des maladies. Les défis opérationnels ont été résolus en améliorant l'accès à l'eau potable à l'hôpital de Bulape grâce à l'installation d'un système d'eau courante, offrant des avantages durables à la fois à l'établissement et à la communauté dans son ensemble. La réponse coordonnée a stoppé la transmission, minimisé les infections secondaires et permis de déclarer la fin de l’épidémie.
Centre de traitement et efforts cliniques
La création d'un nouveau centre de traitement à Bulape a contribué à la gestion réussie de l'épidémie d'Ebola. L'établissement de 32 lits est opérationnel depuis le 9 octobre 2025 et a été construit sur un site de 4 500 mètres carrés situé à 200 mètres de l'hôpital général de Bulape. Le centre dispose de 14 tentes avec des chambres privées pour garantir la dignité et l'intimité des patients. Les systèmes de surveillance des patients ont permis au personnel de prodiguer des soins sans exposition directe à la maladie, en séparant clairement les zones de « zone rouge » (à haut risque) et de « zone verte » (à faible risque) pour un flux de travail plus sûr. Le centre comprenait également un système d'eau, d'assainissement et d'hygiène d'une capacité de 20 000 litres alimenté par une source protégée située à 1,2 kilomètre.
Une autre innovation clé a été l’introduction du module de traitement des maladies infectieuses (IDTM) pour fournir des soins plus humains. Le module comprenait l’utilisation d’une « doublure patient », qui permet une visibilité constante du patient tout en maintenant la sécurité, et un changement délibéré de langage pour mettre l’accent sur la dignité en qualifiant les personnes de « patients » plutôt que de « cas » et les établissements de « centres de traitement » au lieu de « centres d’isolement ».
En termes d'effectifs, 50 professionnels de santé et 75 hygiénistes ont été formés, tout le personnel a été vacciné et 64 experts de l'OMS ont été déployés.
En conséquence, la collaboration continue entre le ministère de la Santé, l’OMS, le CDC Afrique et les ONG partenaires a rendu l’accès rapide aux traitements et aux vaccins essentiel pour réduire le nombre de décès et arrêter l’épidémie. Le directeur de l'OMS pour l'Afrique, le Dr Mohamed Janabi, a déclaré : « Le rétablissement du dernier patient… illustre la force du partenariat, l'expertise nationale et la détermination collective à surmonter les obstacles pour sauver des vies. »
Regarder vers l'avenir
L’endiguement réussi de l’épidémie d’Ebola en RDC démontre la force d’une action de santé publique coordonnée, de partenariats efficaces et d’un engagement communautaire. Au-delà de l’arrêt de la transmission, la réponse a amélioré la préparation, renforcé les systèmes de santé et renforcé la résilience des communautés. Cette réalisation renforce la sécurité sanitaire régionale et reflète la capacité croissante de la RDC à répondre efficacement aux futures épidémies.
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