Migration au Pérou : comment les Vénézuéliens reconstruisent leur vie

Migration au PérouLa migration vers le Pérou a radicalement changé au cours de l’histoire récente. De nombreux Péruviens ont quitté le pays pour de meilleures opportunités économiques, mais le Pérou est désormais devenu l'une des principales destinations d'Amérique du Sud pour les Vénézuéliens en quête de sécurité, de travail et d'une nouvelle vie. Selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, le Pérou comptait 530 369 demandeurs d'asile vénézuéliens et 4 957 réfugiés officiellement reconnus en juin 2025. Ces chiffres montrent à quel point la migration vers le Pérou est devenue un problème humanitaire et économique important pour le pays.

Pourquoi les Vénézuéliens migrent vers le Pérou

L'effondrement économique du Venezuela est devenu l'une des principales raisons de la migration vers le Pérou. En 2017, le taux d'inflation annuel du Venezuela était de 438,1 %, selon le Fonds monétaire international (FMI), ce qui rend les biens et services plus difficiles à acheter et les salaires moins stables. L'inflation, les pénuries de nourriture, de médicaments et de services essentiels ont poussé de nombreux Vénézuéliens à émigrer en quête de sécurité et de stabilité économique. Le Pérou est devenu une destination attrayante où ils peuvent travailler et avoir une chance de commencer une nouvelle vie.

Défis après l'arrivée

Même si de nombreux Vénézuéliens arrivent au Pérou avec une solide formation, beaucoup ont du mal à trouver un emploi correspondant à leurs qualifications. Le Centre commun de données sur les déplacements forcés rapporte que 30 % des Vénézuéliens au Pérou ont fait des études supérieures, contre 21 % des Péruviens. Cependant, de nombreux Vénézuéliens occupent des emplois à faible productivité, 40 % d’entre eux occupant des emplois élémentaires et 26 % travaillant dans la vente et les services. Ces informations montrent que de nombreux Vénézuéliens sont surqualifiés pour leur emploi, mais ne parviennent toujours pas à trouver des postes correspondant à leur diplôme.

Cette inadéquation s’explique notamment par le fait que de nombreux Vénézuéliens ne peuvent pas faire valider leurs diplômes ou leurs qualifications professionnelles au Pérou. Le Joint Data Center rapporte que seulement 8 % des migrants vénézuéliens hautement instruits avaient validé leurs diplômes, le principal obstacle étant le coût du processus. En conséquence, les Vénézuéliens qualifiés risquent de se retrouver dans des emplois moins bien rémunérés ou informels. Certains se sont tournés vers des emplois numériques, notamment dans la livraison de nourriture, où les Vénézuéliens représentent environ 53 % des livreurs.

La discrimination peut également rendre le processus d’intégration plus difficile. Le Centre commun de données rapporte que près d'un tiers des Vénézuéliens au Pérou ont été victimes d'une forme de discrimination, et ce pourcentage est plus élevé parmi ceux qui ont un niveau d'éducation plus élevé. La perception du public peut influencer l’accès à l’emploi, y compris les idées fausses selon lesquelles les Vénézuéliens prennent des emplois ou augmentent la criminalité. Ces obstacles montrent que la migration vers le Pérou n'est pas seulement une question d'arrivée mais aussi d'accès au travail, de reconnaissance juridique et d'acceptation sociale.

Organisations aidant les migrants à s'intégrer

Des organisations telles que l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés et Education Cannot Wait ont déployé des efforts pour soutenir les Vénézuéliens. L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés aide les Vénézuéliens en leur fournissant une protection juridique, des documents et un accès aux services de base. Grâce aux espaces de protection et aux organisations partenaires, le HCR fournit des conseils sur les droits, le statut de réfugié, les procédures de migration et les services disponibles. Il a également permis aux Vénézuéliens d’accéder aux services de santé, à l’éducation et à l’emploi. En 2025, le HCR avait assisté 39 029 personnes, soutenu 557 familles dans la gestion de cas et fourni une assistance juridique à 2 885 personnes. Ces efforts ont aidé les Vénézuéliens à passer d’une situation de survie d’urgence à une intégration à long terme au Pérou.

Education Cannot Wait a également aidé les Vénézuéliens au Pérou en favorisant l'accès des enfants à l'éducation. Depuis 2019, ECW a soutenu le gouvernement du Pérou et ses partenaires nationaux à travers 1,8 million de dollars de subventions d'urgence et un programme de résilience pluriannuel de 7,4 millions de dollars. Ces programmes ont aidé les enfants réfugiés, migrants et des communautés d’accueil à accéder à l’éducation, à se remettre de la perte d’apprentissage due au COVID-19 et à rester en sécurité dans les écoles. Son programme pluriannuel de résilience 2024-2027 vise à atteindre 50 850 enfants et adolescents dans la région métropolitaine de Lima et de La Libertad. Le programme soutient la reprise des apprentissages, le matériel scolaire, la formation des enseignants, les enfants handicapés et les efforts de prévention de la violence, aidant ainsi les enfants vénézuéliens à poursuivre leurs études tout en rendant les écoles plus inclusives pour les migrants et les communautés locales.

Regarder vers l'avenir

Les Vénézuéliens ont fait du Pérou leur deuxième patrie, même s'ils sont confrontés à des défis tels que des emplois à faible productivité, la discrimination et la difficulté de valider leurs diplômes. Cependant, le soutien du gouvernement péruvien, du HCR, de l'ECW et d'autres organisations a contribué à élargir l'accès à la documentation, à l'éducation et à des communautés plus sûres. Avec un soutien continu, la migration vers le Pérou peut devenir non seulement une histoire de déplacement, mais aussi une histoire de rétablissement, d’intégration et de reconstruction de vies.

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