
Le Timor-Leste, l'un des pays les plus jeunes d'Asie du Sud-Est, continue d'être aux prises avec une série de défis sociaux et économiques, dont l'un est l'écart salarial entre les sexes. Malgré les progrès en matière de représentation politique et de lois promouvant l'égalité, les femmes du Timor-Leste gagnent souvent moins que les hommes, ce qui limite leur indépendance économique et le potentiel de croissance du pays. Il est essentiel de réduire l’écart salarial entre hommes et femmes au Timor-Leste pour bâtir une économie plus résiliente et plus inclusive.
Disparités en matière d'emploi et impact économique
Selon l'Enquête sur la population active 2021, les femmes du Timor-Leste sont nettement moins susceptibles de participer au marché du travail que les hommes. Le taux d'activité s'élevait à 36,9% pour les hommes et à seulement 24,2% pour les femmes. Sur la population totale occupée de 234 300 personnes, seulement 92 300 étaient des femmes, contre 142 000 hommes. Le chômage des femmes était également plus élevé, à 5,9 %, contre 4,6 % pour les hommes, ce qui met en évidence les désavantages structurels auxquels les femmes sont confrontées pour accéder à des emplois stables et bien rémunérés.
L'enquête a en outre révélé que les femmes sont plus susceptibles d'être des travailleuses indépendantes ou des travailleuses familiales et moins susceptibles d'occuper un emploi salarié formel. Ce déséquilibre limite non seulement l'indépendance financière personnelle des femmes, mais réduit également les revenus du ménage et la productivité globale du pays.
Facteurs clés à l’origine de l’écart salarial entre hommes et femmes au Timor-Leste
- Lacunes éducatives : Les rapports révèlent que le désavantage éducatif est plus élevé dans les régions les plus pauvres, l'analphabétisme et la non-scolarisation étant plus répandus chez les femmes. En moyenne, selon l'Enquête sur les niveaux de vie du Timor-Leste (TLSLS), le nombre de femmes non scolarisées ou analphabètes par ménage est près de 30 % supérieur à celui des hommes. Cette fracture éducative, associée à un accès limité à la formation de perfectionnement, restreint la capacité des femmes à entrer sur le marché du travail, renforçant ainsi les inégalités de revenus et limitant la mobilité économique à long terme.
- Rôles de genre traditionnels : Un facteur majeur expliquant la faible participation des femmes à la population active du Timor-Leste est la persistance des rôles de genre traditionnels qui attribuent principalement les tâches domestiques aux femmes. Parmi les femmes inactives, plus de la moitié (50 %) participent à des responsabilités familiales ou à des tâches ménagères, contre seulement 32 % des hommes. Ces chiffres reflètent des attentes sociales profondément enracinées selon lesquelles les femmes devraient donner la priorité au travail domestique non rémunéré plutôt qu’à l’emploi rémunéré. En conséquence, de nombreuses femmes sont confrontées à des interruptions de carrière ou sont incapables d’entrer sur le marché du travail, ce qui contribue directement à l’écart salarial entre hommes et femmes.
- Normes sociales : Les normes sociales au Timor-Leste influencent également qui détient l’autorité au sein des familles et des communautés. Les gens considèrent généralement les hommes comme les principaux décideurs et soutiens de famille, tandis que le rôle des femmes consiste souvent à soutenir et à gérer le ménage. De nombreuses familles considèrent que les épouses sont plus douées pour établir un budget et épargner, et prennent donc en charge les dépenses quotidiennes et les finances du ménage. Cependant, cette division renforce un déséquilibre plus profond dans lequel les hommes « travaillent » et gagnent, tandis que les femmes « épargnent » et gèrent, limitant ainsi le rôle économique des femmes à la sphère privée. De telles attitudes culturelles découragent la participation des femmes à la vie publique et à l'entrepreneuriat et renforcent en fin de compte les disparités entre les sexes en matière de revenus, de leadership et d'opportunités.
Efforts pour combler l’écart
Le Timor-Leste a démontré un fort engagement national en faveur de la promotion de l'égalité des sexes et du leadership des femmes grâce au lancement de son Plan d'action national de deuxième génération sur les femmes, la paix et la sécurité (PAN 1325) pour 2024-2028. Ce plan quinquennal, bénéficiant de l'assistance technique d'ONU Femmes, tente d'intégrer l'égalité des sexes à tous les niveaux de gouvernement, depuis la prise de décision communautaire et la réforme du secteur de la sécurité jusqu'à la consolidation de la paix et l'aide humanitaire. Le nouveau plan, qui s'appuie sur les réalisations du premier PAN, met fortement l'accent sur le leadership des femmes et leur engagement significatif, en particulier dans les domaines où la représentation est encore faible. Avec des femmes occupant déjà 36,9 % des sièges parlementaires et la nomination de la première femme commandant militaire du pays, le plan représente une tentative persistante de réduire les disparités entre les sexes dans les postes de direction ainsi que dans les sphères sociales et économiques plus larges.
Opportunités futures
Le Timor-Leste a certes fait des progrès dans la lutte contre les inégalités entre les sexes au fil des ans, mais des efforts continus sont essentiels pour réduire l’écart salarial entre les sexes au Timor-Leste et promouvoir une plus grande équité économique.
Malgré les lois existantes garantissant une rémunération égale pour un travail égal, leur application reste incohérente. Le Timor-Leste devrait se concentrer sur le renforcement de l’application des lois relatives à une rémunération équitable, au congé de maternité et à la discrimination en matière d’emploi. Veiller à ce que les femmes puissent réellement bénéficier des protections auxquelles elles ont droit est crucial pour réduire l'écart salarial et améliorer l'indépendance financière des femmes.
En outre, pour combler le fossé éducatif, des efforts plus ciblés sont nécessaires pour améliorer l'accès des femmes à l'éducation, en particulier dans les disciplines traditionnellement dominées par les hommes comme les STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques). Les bourses, les incitations et les campagnes de sensibilisation devraient également être pleinement accessibles aux hommes et aux femmes afin de faire progresser l’égalité des sexes. En autonomisant les femmes grâce à l’éducation, le Timor-Leste peut donc se doter d’une main-d’œuvre plus inclusive.
Regarder vers l'avenir
Même si des défis subsistent, le Timor-Leste a fait des progrès significatifs vers l’égalité des sexes. En fin de compte, la réduction de l’écart salarial entre hommes et femmes au Timor-Leste profite non seulement aux individus mais à la nation tout entière, et le Timor-Leste peut alors libérer tout son potentiel économique, réduisant ainsi la pauvreté et favorisant une société plus résiliente et plus équitable pour tous.
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