L'éducation des Rohingyas est essentielle à la santé mentale des enfants

Éducation des RohingyasLes Rohingyas sont une minorité ethnique musulmane de l'État de Rakhine au Myanmar qui a été confrontée à des décennies de discrimination, d'apatridie et d'accès restreint aux droits fondamentaux, notamment à l'éducation. En août 2017, des violences généralisées ont contraint plus de 700 000 Rohingyas à fuir vers le Bangladesh voisin, créant l’une des plus grandes crises de réfugiés au monde. Aujourd'hui, plus d'un million de réfugiés rohingyas vivent dans des camps à Cox's Bazar, dont beaucoup sont des enfants qui ont vécu un déplacement, un traumatisme et une incertitude prolongée.

Restrictions en matière d'éducation au Bangladesh

Au Bangladesh, l’accès à l’éducation des enfants Rohingyas est déterminé par la politique gouvernementale, influencée par l’espoir que les réfugiés finiront par retourner au Myanmar. Pour empêcher une intégration à long terme, les autorités ont restreint l’enseignement formel, interdit les programmes d’études accrédités et limité l’enseignement des langues. En conséquence, la plupart des enfants sont confinés dans des centres d’apprentissage informels qui ne conduisent pas à des qualifications reconnues, et l’accès à l’enseignement secondaire reste extrêmement limité.

En plus d’un accès limité à l’éducation, les enfants Rohingyas sont confrontés à de strictes restrictions de mouvement et sont confinés dans des camps de réfugiés surpeuplés, avec peu de possibilités d’intégration dans la société au sens large. Ils ne peuvent pas s’inscrire dans les écoles formelles du Bangladesh ni accéder au programme national, ce qui limite encore davantage leurs opportunités futures. Sans accès à des filières d’éducation ou d’emploi reconnues, de nombreux enfants grandissent dans une incertitude croissante quant à leur avenir, renforçant ainsi les cycles de vulnérabilité et d’exclusion.

Réductions de financement et risques croissants

À partir de 2025 et début 2026, la situation s’est aggravée en raison d’importantes réductions de financement. Des milliers de centres d’apprentissage ont fermé, laissant des centaines de milliers d’enfants sans accès à l’éducation et suscitant l’inquiétude d’une « génération perdue ». L’accès réduit à l’école a également entraîné une augmentation du travail des enfants et des mariages précoces. Bien que le gouvernement du Bangladesh ait commencé à financer l’éducation des Rohingyas avec le soutien de la Banque mondiale, l’accès reste limité – en particulier pour les adolescents – et les voies d’accès à l’enseignement accrédité ou supérieur sont encore largement indisponibles.

Restaurer l’espoir grâce à des programmes d’apprentissage

Dans un centre polyvalent soutenu par l'UNICEF à Kutupalong, Nur, 13 ans, apprend à réparer des panneaux solaires après des années de déplacement. Il avait toujours rêvé de devenir enseignant, mais l’accès limité à l’éducation le laissait incertain et sans direction. Comme beaucoup d’enfants Rohingyas, il éprouvait un sentiment de désespoir car les opportunités d’apprendre restaient hors de sa portée. Grâce à un apprentissage structuré et à une formation basée sur les compétences, ces programmes aident des enfants comme Nur à reprendre confiance en eux et à commencer à imaginer un avenir différent.

Les enfants représentent une grande partie de la population rohingya, dont beaucoup sont confrontés à des risques tels que le travail des enfants, la violence domestique et le mariage précoce. Ces expériences peuvent contribuer à l’anxiété, au stress et à la détresse émotionnelle. Lorsque l’accès à l’éducation diminue, les conséquences s’étendent au-delà de l’apprentissage, augmentant la vulnérabilité et affaiblissant les systèmes de protection au sein des camps.

Programmes de l'UNICEF et impact communautaire

Les centres d'apprentissage soutenus par l'UNICEF offrent des environnements structurés où les enfants peuvent apprendre, interagir avec leurs pairs et accéder à un soutien psychosocial. Ces espaces créent routine et sécurité, toutes deux essentielles à la stabilité émotionnelle. Les centres polyvalents élargissent encore les opportunités en combinant l’apprentissage avec une formation basée sur les compétences, aidant ainsi les enfants à retrouver un sens à leur vie.

S'appuyant sur ces efforts, des espaces adaptés aux enfants et des animateurs qualifiés jouent un rôle clé dans le soutien de la santé mentale des enfants. Ces programmes offrent des environnements sûrs pour le jeu, la créativité et l’expression émotionnelle, tandis que des éducateurs formés au soutien psychosocial aident à identifier la détresse et favorisent des espaces inclusifs et solidaires.

Élargir l’accès et les opportunités futures

Relever ces défis nécessite des engagements politiques et financiers durables. En tant que pays hôte, le Bangladesh joue un rôle central dans l’élargissement de l’accès à une éducation significative et continue. L’augmentation des opportunités d’apprentissage secondaire, des parcours de certification et du soutien des enseignants pourrait améliorer considérablement les résultats. Une collaboration continue avec les organisations internationales et les donateurs peut contribuer à stabiliser les services et à élargir les opportunités pour les enfants qui ont déjà perdu des années de scolarité.

Les programmes éducatifs dans les camps démontrent comment l’apprentissage peut soutenir la protection, le rétablissement et la résilience à long terme. Pour les enfants rohingyas comme Nur, l’accès à des environnements sûrs et structurés contribue à redonner espoir et à leur permettre de réaliser leurs rêves, comme devenir enseignant.

*