Une révolution silencieuse est en cours sur les marchés et les zones rurales d'Asie du Sud, où l'écart numérique entre les sexes est considérablement réduit. Des études récentes montrent que même si les femmes sont 32 % moins susceptibles que les hommes d'utiliser l'Internet mobile en Asie du Sud, celles qui y ont accès utilisent les smartphones comme un centre financier et éducatif tout-en-un, évitant ainsi les systèmes bancaires traditionnels qui les ont historiquement exclus. Voici quelques informations sur la façon dont les smartphones favorisent l’inclusion financière en Asie du Sud.
L’essor de la « succursale bancaire portable »
En Asie du Sud, les femmes des zones rurales ont souvent du mal à accéder aux banques physiques. Les femmes sont obligées de compter sur l’argent liquide, ce qui augmente le risque de vol et les empêche de se constituer un historique de crédit. Ce manque d’accès financier formel enferme les femmes dans un cycle de pauvreté. Les femmes n’ont pas accès au capital nécessaire pour développer une petite entreprise ou épargner pour investir.
Dans des pays comme l’Inde et le Pakistan, le smartphone est passé du statut d’appareil de communication à celui de banque portable. L'essor de l'interface de paiement unifiée (UPI) en Inde est devenue essentielle pour les femmes entrepreneurs, car elle traite plus de 20 milliards de transactions par mois. Au Bangladesh, les femmes gèrent leurs revenus à l’aide de portefeuilles numériques tels que PhonePe ou bKash, sans avoir besoin de se rendre en personne à la banque. Se rendre dans une banque constituait un obstacle important pour les femmes vivant dans des zones reculées où les normes sociales ou la distance restreignent souvent la mobilité.
Ce changement a contribué à l’essor du micro-entrepreneur. Au Pakistan, des initiatives telles que le Benazir Income Support Program (BISP) ont migré avec succès vers des portefeuilles numériques tels que JazzCash pour garantir que l’aide et les revenus des entreprises parviennent directement aux femmes. Cette avancée numérique permet aux femmes de garder le contrôle de leurs actifs financiers, en utilisant souvent leurs économies pour des domaines critiques d'amélioration de la vie tels que l'éducation de leurs enfants ou leur propre croissance.
Inclusion financière et écart de pauvreté
La pauvreté touche de manière disproportionnée les femmes en Asie du Sud. Au Pakistan, le taux de pauvreté chez les femmes est souvent plus élevé en raison du manque de propriété et d’emploi formel. Les femmes sont confinées au foyer et se heurtent souvent à des obstacles pour atteindre la liberté financière. Les femmes qui n’ont aucun contrôle sur les revenus et les finances sont plus susceptibles d’avoir moins d’influence sur les dépenses du ménage.
Les barrières culturelles, économiques et systémiques limitent souvent l'autonomie des femmes en Asie du Sud. Dans de nombreuses zones rurales, les femmes ont besoin d’une autorisation pour quitter leur domicile et, dans certaines régions, il leur est interdit de sortir de chez elles. Les femmes des zones rurales dépendent souvent de parents masculins pour leurs besoins fondamentaux. Les habitants de ces régions considèrent souvent l’indépendance financière comme une rébellion.
Le manque d’accès à la technologie ne limite pas l’inclusion numérique ; il s’agit davantage d’autonomie, selon le rapport GSMA Mobile Gender Gap. Les résultats de la recherche indiquent que même si l’écart global entre les sexes en Asie du Sud reste important, la fréquence d’utilisation parmi les femmes connectées augmente rapidement. Les femmes de cette région sont de plus en plus expertes en technologie, car elles n'utilisent pas ces appareils uniquement pour se divertir, mais pour se sensibiliser, accéder aux informations sur les droits de propriété et aux services de santé. L'utilisation de l'Internet mobile pour l'apprentissage en ligne devient également très populaire.
Les organisations s'efforcent en outre d'améliorer l'expérience des femmes en créant des espaces sûrs et axés sur le numérique, où les femmes peuvent apprendre à investir et à épargner. Des organisations comme la société indienne LXME, fondée en 2018, accélèrent encore cette tendance. LXME a créé une communauté numérique réservée aux femmes. Les femmes peuvent en apprendre davantage sur les fonds communs de placement, l’assurance et l’épargne dans un environnement sans jargon et dans les langues locales. Depuis sa création, LXME a permis à plus de 1 000 000 femmes de décider de leur avenir financier. Rendre la littératie financière accessible dans les langues locales et dans des interfaces faciles à gérer permet de combler le fossé entre avoir un téléphone et avoir un pouvoir financier.
Combler l'écart final
Même si cette transition silencieuse s’améliore, des défis persistent. Des efforts importants sont nécessaires pour améliorer la situation, car 60 % des femmes non connectées dans le monde vivent en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. Des millions de femmes risquent d’être laissées pour compte dans une économie mondiale qui se numérise rapidement, et des investissements agressifs dans la culture numérique et dans une information et une communication abordables peuvent atténuer ce risque.
À mesure que l'accès à l'Internet mobile augmente, la situation des femmes sud-asiatiques passe de l'impuissance à l'innovation. L'inclusion financière en Asie du Sud s'est améliorée car des millions de femmes peuvent effectuer des transactions via des codes QR et gérer leurs affaires depuis leur paume. Un smartphone n’est pas seulement un gadget ; c'est un nouveau facteur contribuant à une économie équitable.
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