Une plongée en profondeur dans l'épidémie de choléra en Angola

Épidémie de choléra en AngolaLa nation de l’Angola est située dans le sud-ouest de l’Afrique. Depuis début 2025, une formidable épidémie de choléra en Angola a provoqué plus de 3 000 cas d’infection. L’épidémie touche principalement les provinces de Luanda et Bengo et a continué de s’aggraver jusqu’en 2026.

Comment le choléra se propage

Le choléra est une infection qui peut provoquer une maladie modérée, de graves diarrhées et vomissements, voire la mort si elle n'est pas traitée. Les gens contractent cette infection en ingérant des aliments ou des boissons contaminés par la bactérie Vibrio cholerae. Après avoir consommé des aliments ou des boissons contaminés, l’infection peut mettre de 12 à 120 heures à incuber. De nombreuses personnes sont porteuses de l’infection sans manifester de symptômes, même si elles peuvent toujours la transmettre à d’autres sans le savoir pendant 10 jours maximum.

Le choléra prospère dans des environnements où l’assainissement est médiocre et où l’eau potable et l’hygiène sont limitées. Le risque d’épidémie augmente lors de crises humanitaires, de catastrophes naturelles ou de toute situation entravant le fonctionnement efficace des infrastructures d’eau et des systèmes d’assainissement. Ces facteurs conduisent souvent de grandes populations à converger vers des zones surpeuplées, augmentant ainsi le risque de contamination des sources d’eau partagées.

Le choléra et la pauvreté forment un cercle vicieux. La médiocrité des infrastructures, la surpopulation et la pénurie d’eau qui caractérisent les communautés pauvres sont extrêmement propices aux épidémies de choléra. Les épidémies, à leur tour, aggravent les conditions de vie des personnes pauvres, car les traitements peuvent être coûteux et les systèmes de santé locaux sont souvent mis à rude épreuve et incapables de fournir des soins suffisants.

L'épidémie en Angola

Depuis les années 1970, l’Angola est périodiquement confronté à des épidémies de choléra. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) rapporte que bon nombre de ces épidémies sont liées aux épidémies de choléra en République démocratique du Congo, voisin du nord-est de l'Angola, qui connaît actuellement l'une des crises humanitaires les plus graves au monde.

L'épidémie la plus récente a débuté le 7 janvier 2025. En mai 2026, 3 596 nouveaux cas de choléra ont été signalés dans le monde, et 2 120 de ces cas provenaient de l'Angola, ce qui signifie qu'environ 59 % des nouveaux cas mondiaux de choléra ce mois-là provenaient du seul pays. Le taux de nouveaux cas de choléra en Angola était cinq fois supérieur aux 413 cas signalés au Mozambique, le pays avec le deuxième total le plus élevé.

Selon l'enquête la plus récente, réalisée en 2018, environ 53 % de la population angolaise vit dans la pauvreté. L’épidémie constitue donc une menace importante pour une grande partie de la population, en particulier dans les provinces fortement touchées de Luanda et Bengo. L’épidémie peut néanmoins être combattue : les mesures courantes de contrôle du choléra comprennent la vaccination orale, la gestion et la surveillance des cas, ainsi que les interventions en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH).

Efforts pour atténuer l’épidémie

Des organisations, dont l'OMS et le ministère angolais de la Santé, ont entamé un travail important pour lutter contre l'épidémie de choléra en Angola. Le ministère de la Santé, avec le soutien de l'OMS, du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), de la Banque mondiale et d'autres organisations, a mis en œuvre une campagne de vaccination. Rien qu’en janvier 2025, le ministère a vacciné plus de 900 000 personnes et, un mois plus tard, il a distribué 700 000 doses supplémentaires de vaccin oral contre le choléra. Ces groupes, ainsi que d’autres organisations locales et internationales, mènent les efforts visant à mettre fin à l’épidémie.

L'OMS lutte contre l'épidémie en formant les agents de santé à détecter et à signaler les nouveaux cas, en menant des enquêtes sur les infections, en traitant les données et en mobilisant les communautés pour mettre en œuvre des mesures de prévention. L'OMS soutient également les centres de traitement du choléra dans les provinces de Bengo et de Luanda, qui fournissent des soins d'urgence aux patients infectés ayant besoin de soins médicaux.

L'UNICEF a étendu ses initiatives WASH en Angola depuis le début de l'épidémie. Ces initiatives se sont révélées être un outil essentiel dans la lutte contre les maladies d'origine hydrique comme le choléra. Pour soutenir ce travail, l'UNICEF a distribué des produits d'hygiène et d'assainissement essentiels à plus de 64 500 enfants en Angola depuis le début de l'épidémie. L'organisation installe également des réservoirs d'eau dans les zones fortement touchées pour contribuer à réduire la transmission et aide le gouvernement angolais à former des volontaires et à mobiliser les communautés pour prévenir la propagation de la maladie.

Regarder vers l'avenir

Bien que l'épidémie de choléra en Angola reste une situation difficile, l'OMS, l'UNICEF et le ministère de la Santé continuent de travailler pour y mettre un terme.

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