Accès à l'enseignement supérieur au Tadjikistan

éducation tadjikistanEn 2023, le Tadjikistan reste l'un des pays les plus pauvres parmi les anciennes républiques soviétiques. Seuls 22% des Tadjiks ont reçu une éducation au-delà du lycée et les enfants nés aujourd'hui pourraient terminer moins d'un an d'enseignement supérieur. Cet accès limité à l'enseignement supérieur au Tadjikistan se produit en raison de plusieurs facteurs, notamment la pauvreté, les rôles de genre traditionnels et les effets persistants de la transition post-soviétique.

Pauvreté

De 2000 à 2020, la pauvreté au Tadjikistan a considérablement chuté, de 83% à 26%. Malgré ces progrès remarquables, le pays a encore du mal à promouvoir l'enseignement supérieur. Comme dans de nombreuses régions du monde, les familles confrontées à des difficultés financières ont souvent du mal à se permettre l'université ou le collège, faisant de l'enseignement supérieur au Tadjikistan un objectif inaccessible pour une grande partie de la population.

Au Tadjikistan, 73,6% de la population vit et travaille dans les zones rurales, et près de la moitié d'entre elles restent en dessous du seuil de pauvreté. Ces contraintes économiques rendent particulièrement difficile pour les familles rurales de soutenir l'enseignement supérieur, à la fois financièrement et logistique. Dans de nombreux cas, les familles comptent sur leurs enfants pour contribuer au revenu des ménages, faisant de l'école une priorité inférieure. Les lois sur le travail des enfants au Tadjikistan sont relativement indulgentes, permettant à cette pratique de poursuivre une réglementation ou une application limitée.

Le gouvernement tadjik condamne officiellement le travail des enfants, mais n'a pas encore mis en œuvre des politiques efficaces pour réglementer ou éliminer son utilisation. Dans la pratique, la société considère souvent le travail des enfants comme un moyen nécessaire pour une fin pour les familles confrontées à une pauvreté sévère, en particulier dans les zones rurales où les opportunités économiques sont limitées et la survie a priorité sur la scolarité.

Tradition

Dans de nombreuses sociétés, le rôle d'une femme est traditionnellement considéré comme celui d'une femme au foyer, et le Tadjikistan ne fait pas exception. Les normes de genre profondément enracinées continuent de façonner les attentes pour les femmes, ce qui limite leur accès à l'enseignement supérieur. En 2012, seulement 23% des étudiants du Tadjikistan étaient des femmes, contre une moyenne mondiale de 51%, mettant en évidence un écart de genre significatif. Alors que l'inscription féminine a régulièrement augmenté au fil du temps, en moyenne 58 étudiantes pour les 100 étudiants, la représentation reste inégale. Parmi ceux qui fréquentent l'université, seulement environ 7% des femmes poursuivent des disciplines scientifiques ou techniques, reflétant une ségrégation continue des sexes dans les domaines académiques et professionnels.

Au Tadjikistan, les secteurs de travail dominés par les femmes ont tendance à payer beaucoup moins que ceux dominés par les hommes. Pour de nombreuses femmes qui essaient de soutenir elles-mêmes ou leurs familles, cela signifie gagner seulement 60% de ce qu'un homme dans le même pays pourrait faire. La lutte commence souvent tôt, car les filles sont plus susceptibles d'abandonner l'école avant de terminer l'enseignement primaire ou secondaire. Que ce soit en raison de la pression financière, des attentes familiales ou du manque d'opportunités, de nombreuses jeunes filles doivent suspendre leur avenir bien avant qu'ils n'atteignent une porte en classe dans une université.

Efforts pour permettre aux étudiants potentiels

La stratégie nationale pour le développement de l'éducation de la République du Tadjikistan (NSED) décrit les objectifs et les initiatives clés visant à rendre l'éducation plus accessible, tout en favorisant des changements significatifs dans le cadre social et culturel du pays. Malgré une croissance significative du produit intérieur brut du Tadjikistan, l'emploi officiel parmi les citoyens reste faible et a fait peu de progrès. Pour combler cette lacune, le NSEDRT prévoit un alignement plus fort entre le système éducatif et le marché du travail national.

En 2018, le président du Tadjikistan a souligné que l'amélioration de l'éducation est essentielle pour améliorer la qualité de vie de tous les citoyens, une déclaration qui a contribué à catalyser le développement du NSED, qui s'étend de 2021 à 2030. D'ici 2030, la stratégie vise à garantir que l'éducation est gratuite, équitable et de haute qualité. Il cherche également à garantir que les compétences enseignées sont à la fois pertinentes et pratiques, tout en priorisant les améliorations de l'alphabétisation, de la sécurité des élèves et des qualifications des enseignants.

Le chemin du Tadjikistan vers l'équité éducative reste difficile, façonné par la pauvreté, la tradition et les ressources limitées. Pourtant, avec une réforme continue, une conscience croissante et la résilience de sa jeunesse, il y a de l'espoir que l'accès à l'enseignement supérieur au Tadjikistan ne deviendra pas un privilège, mais une possibilité pour tous.

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