La fermeture des banques menace la sécurité économique de Nauru et de plusieurs autres pays insulaires du Pacifique. Ce terme désigne la fermeture de banques ou de comptes bancaires lorsqu'ils présentent des risques économiques ou de réputation pour les opérations bancaires.
La débancarisation est devenue monnaie courante dans les pays insulaires du Pacifique. Cette situation est due à la faible population et à l’éloignement de bon nombre de ces îles, ainsi qu’aux inquiétudes suscitées par le crime organisé dans la région, qui rendent le secteur bancaire relativement peu rentable. Entre 2011 et 2022, la région des îles du Pacifique a perdu 60 % de ses relations de correspondant bancaire. Une relation de correspondant bancaire permet aux institutions financières comme les banques de fournir des services à l’étranger en devises étrangères, ce qui peut être crucial pour le commerce et la fourniture d’aide humanitaire.
La fermeture des banques occidentales dans les pays insulaires du Pacifique limite encore davantage leur accès au système financier mondial, menaçant les flux commerciaux, touristiques et d’aide humanitaire. Le flux continu d’aide humanitaire est important pour une région qui est fortement exposée aux catastrophes naturelles telles que les cyclones, les inondations, les éruptions volcaniques et les sécheresses.
Débancarisation à Nauru
Selon les données de la Banque mondiale de 2023, la population de Nauru s'élève à 12 780 habitants, ce qui la place parmi les plus petites nations du monde. Un défi majeur à Nauru L'accès irrégulier à l'eau douce rend la région fortement dépendante de la collecte des eaux de pluie, qui n'est pas fiable et entraîne de fréquentes sécheresses. En outre, la seule banque du pays, la Bendigo Bank, basée en Australie, avait initialement prévu de cesser ses activités d'ici décembre 2024. Cette fermeture a été reportée à juin 2025, mais le retrait imminent continue de poser des risques économiques importants, menaçant la sécurité financière du pays.
Le fonds de 68 millions de dollars de la Banque mondiale
La Banque mondiale a récemment approuvé un projet de 68 millions de dollars destiné à protéger les pays insulaires du Pacifique de l'instabilité économique. Cette initiative promet de soutenir le commerce, l'aide et le tourisme en établissant un service de transactions transfrontalières, au cas où un pays perdrait sa dernière connexion bancaire. Chaque pays insulaire du Pacifique concerné recevra 9 millions de dollars. Le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, a souligné l'importance de cette initiative lors de sa visite historique aux Fidji – la première d'un président de la Banque mondiale depuis 50 ans – et a souligné l'importance de maintenir l'accès de ces nations au système financier mondial. Le projet cible sept pays : Fidji, Kiribati, la République des Îles Marshall, Samoa, Tonga, Tuvalu et Vanuatu. Il soutient également les membres du Forum des îles du Pacifique, qui comprend des nations insulaires plus petites comme Nauru et les Îles Cook.
Assurer la stabilité économique future de la région
La débancarisation de Nauru et d’autres pays insulaires du Pacifique a créé une incertitude financière et mis en péril les flux d’aide humanitaire dans une région où les catastrophes naturelles sont fréquentes. L’approbation par la Banque mondiale d’un projet de 68 millions de dollars visant à protéger les transactions transfrontalières est une première étape cruciale. Si Nauru bénéficiera des fonds alloués au Forum des îles du Pacifique, il est tout aussi essentiel d’obtenir un financement direct pour d’autres pays insulaires du Pacifique dans le cadre de projets futurs. En outre, l’élaboration d’une solution permanente pour maintenir les pays insulaires du Pacifique connectés au système financier international reste une priorité.
Joshua est basé à Cardiff, au Pays de Galles et se concentre sur la technologie et la politique pour le projet Borgen.
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