Les migrants de retour, ou « rapatriés », font référence aux personnes qui retournent dans leur pays d'origine. De nombreux migrants rentrent involontairement au Tchad et sont confrontés à de nombreux défis lorsqu'ils tentent de se réinsérer dans la société.
La crise humanitaire au Tchad
Le conflit armé, la crise climatique et l'insécurité alimentaire ont aggravé la crise humanitaire au Tchad. En 2022, 44,8 % vivaient dans la pauvreté et ce chiffre s'élève à 50 % pour ceux vivant en milieu rural. La migration vers le Tchad en provenance du Soudan, de la République centrafricaine et du Cameroun a ajouté 1,8 million de réfugiés à un pays déjà en difficulté. Cela a mis à rude épreuve des ressources limitées et mises à rude épreuve.
Les défis des rapatriés
Selon la Banque mondiale, plus de 120 000 personnes ont fui le Tchad en 2025. Mais de nombreux migrants choisissent de rentrer en raison des risques de trafic, de détention, d'expulsion forcée et de séparation familiale. Le manque d’opportunités et les difficultés supplémentaires dans le pays de transit ou de destination ont également contribué à la décision de retourner au Tchad. Plus de 300 000 Tchadiens sont retournés vers l'est du pays en raison du conflit soudanais.
Les rapatriés sont souvent confrontés à des défis uniques face à d’autres formes de migration vers le Tchad. Beaucoup accumulent des dettes pour financer leurs voyages et ne retrouvent plus aucun actif, aucun emploi et aucun moyen de rembourser ce qu'ils doivent. Cela peut conduire à l’animosité de la part de ceux à qui ils sont redevables. Certaines communautés rejettent ou humilient les individus pour leur tentative de migration « ratée », et la concurrence pour des ressources limitées peut créer des tensions supplémentaires. Cela peut rendre particulièrement difficile pour les individus de reprendre la vie qu’ils ont laissée derrière eux.
Le Programme intégré de résilience climatique et de migration au Sahel
La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a lancé le Programme intégré de résilience climatique et de migration au Sahel en 2024 pour répondre aux problèmes auxquels les rapatriés sont confrontés dans la région. Le programme vise à améliorer l’accès aux opportunités d’emploi, à la formation aux compétences essentielles, aux mesures de protection sociale telles que le logement et l’éducation, et au soutien en matière de santé mentale.
De nombreux migrants rentrant au Tchad éprouvent de graves difficultés psychologiques, telles que l'anxiété, des sentiments d'échec, d'isolement et de peur. La FICR cherche à aider les sociétés nationales à fournir des conseils et un soutien avant et après le retour des migrants afin de faciliter leur réintégration.
Le programme vise également à renforcer la cohésion sociale. Des initiatives telles que les clubs de mères et les champs-écoles d'agriculteurs visent à encourager des relations positives entre les communautés locales. Les rapatriés bénéficieront également d’opportunités d’emploi, de programmes de formation professionnelle et de micro-entrepreneuriat pour autonomiser ceux qui retournent au Tchad et les communautés qui les accueillent.
L’assistance en espèces constituera un aspect clé de l’initiative. Permettre aux individus et aux familles de décider où les fonds sont mieux dépensés crée un système durable dans lequel les migrants retournant au Tchad sont encouragés à atteindre l'indépendance financière et la stabilité et les économies locales sont stimulées.
Conclusion
Les migrants qui reviennent au Tchad sont souvent confrontés à des défis majeurs en matière de réintégration, notamment la pauvreté, l’endettement, la stigmatisation et un accès limité aux ressources, ainsi qu’un stress psychologique et un isolement social. Ces difficultés sont intensifiées par des pressions plus larges telles que les conflits, l’insécurité alimentaire et le changement climatique. Le Programme intégré de résilience climatique et de migration au Sahel accompagne les rapatriés dans leur réintégration dans la société tchadienne pour les aider à rétablir la vie qu'ils ont laissée derrière eux.
*