ODD 5 au Kazakhstan : obstacles et efforts de réforme

ODD 5 au KazakhstanL’ODD 5 au Kazakhstan se concentre sur la réalisation de l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes et filles en mettant fin à la discrimination, à la violence et aux pratiques néfastes. Même si le pays a mis en œuvre des réformes progressistes telles que des quotas de genre et des lois anti-violence, des défis subsistent dans des domaines clés tels que le mariage des enfants, la violence domestique et la représentation politique. La coopération en cours entre le gouvernement, les agences des Nations Unies et la société civile donne une dynamique en vue d'atteindre l'ODD 5 d'ici 2030.

Obstacles juridiques

Au Kazakhstan, l'âge légal du mariage est officiellement de 18 ans. Toutefois, des exceptions autorisent le mariage à 17 ans, avec le consentement des parents, ou dès 16 ans en cas de grossesse. Ces dispositions portent atteinte à l'objectif de l'ODD 5 visant à éliminer le mariage des enfants sans exception. Selon l'UNICEF, environ 7 % des filles au Kazakhstan se marier avant l’âge de 18 ans et les unions précoces sont plus fréquentes dans les zones rurales et parmi les familles à faible revenu.

En outre, les enlèvements de mariées, bien qu'illégaux, continuent de se produire dans certaines régions, reflétant des pratiques traditionnelles néfastes qui persistent malgré les campagnes de sensibilisation.

Des organisations telles que l'UNICEF Kazakhstan, L'égalité maintenant et le Comité kazakh des droits des femmes ont plaidé activement en faveur d'une application plus stricte des lois sur le mariage et de programmes de sensibilisation visant à décourager les unions de mineurs. Ces groupes recommandent de relever l'âge du mariage à 18 ans sans exception, d'améliorer la protection juridique des filles et d'étendre les campagnes d'éducation dans les zones rurales.

Violence basée sur le genre au Kazakhstan

La violence sexiste reste l'un des obstacles les plus sérieux à la réalisation de l'ODD 5 au Kazakhstan. Selon ONU Femmes, environ 17 % des femmes âgées de 18 à 49 ans au Kazakhstan ont été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part d'un partenaire, même si la sous-déclaration reste un problème majeur. En 2024, le parlement a présenté un nouveau projet de loi visant à renforcer les sanctions en cas d'abus sexuels, psychologiques et économiques et à étendre la protection de l'État aux survivants. Le projet de loi propose également des ordonnances d'éloignement obligatoires et des centres de crise spécialisés pour les victimes.

Le gouvernement se prépare également à ratifier la Convention d'Istanbul sur la prévention de la violence à l'égard des femmes, ce qui témoigne d'un engagement international plus fort. Des ONG locales comme Union des centres de crise jouent également un rôle essentiel en documentant les cas, en gérant des lignes d'assistance téléphonique et en aidant les victimes à accéder à une assistance juridique.

Sous-représentation politique

Malgré les progrès réalisés, les femmes occupent encore un nombre limité de postes de direction. En 2024, les femmes représentaient 19,4% du parlement du Kazakhstan, en dessous de la moyenne mondiale de 27,5 %. Cela reste le cas malgré un quota de 30 % de femmes et de jeunes sur les listes électorales des partis introduit en 2021. Le problème réside dans sa mise en œuvre, car les femmes sont souvent placées plus bas sur les listes des partis, réduisant ainsi leurs chances d’être élues.

Des organisations de défense telles que l’Initiative féministe du Kazakhstan « Feminita » et le Commission Nationale de la Femme et de la Politique Familiale réclament une plus grande transparence dans l’application des quotas et des programmes de formation au leadership pour les jeunes femmes. Ces groupes soutiennent qu’une représentation féminine plus forte peut conduire à des politiques publiques plus inclusives, notamment en matière de garde d’enfants, d’égalité sur le lieu de travail et de législation anti-violence.

Lacunes économiques

Le Kazakhstan a fait des progrès en matière de participation économique des femmes. En 2024, 65,99% des femmes étaient une partie de la population activeau-dessus de la moyenne mondiale. Le gouvernement s’est efforcé de supprimer les restrictions obsolètes à l’emploi des femmes et d’élargir les programmes d’entrepreneuriat.

Les centres d'entrepreneuriat pour femmes, lancés par le ministère de l'Économie et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), fonctionnent désormais dans tout le pays, offrant une formation financière et un soutien aux startups. Cependant, les femmes assument toujours la majorité des tâches domestiques et de soins non rémunérées, ce qui continue de limiter leur mobilité économique. L’ODD 5 appelle à une responsabilité partagée du travail non rémunéré et à un meilleur accès à des services de garde d’enfants abordables.

Le renforcement de la protection de la maternité, l'introduction de politiques de travail flexibles et l'expansion des garderies publiques pourraient contribuer à garantir la participation continue des femmes à l'économie en croissance du Kazakhstan.

Solutions faisant progresser l’ODD 5 au Kazakhstan

L'ONU et le gouvernement du Kazakhstan mettent en œuvre conjointement la feuille de route pour l'égalité des sexes 2026-2030, avec plus de 172 millions de dollars investis depuis 2021 dans la collecte de données, la réforme de la justice et les programmes de prévention. Les groupes de défense des droits des femmes, depuis les ONG urbaines jusqu'aux réseaux communautaires ruraux, contribuent également à piloter la réforme politique tout en augmentant la visibilité de l'égalité des sexes à l'échelle nationale.

Grâce à des lois plus strictes, un plus grand soutien aux survivants de violences et une réforme continue de la politique et du lieu de travail, le Kazakhstan jette les bases de la réalisation de l'ODD 5. L'objectif est d'assurer l'égalité des sexes et d'autonomiser toutes les femmes et les filles d'ici 2030.

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