Dette souveraineL’argent qu’un pays emprunte auprès de prêteurs internationaux constitue une source de financement importante permettant aux gouvernements d’investir dans la croissance et le développement. De nombreux pays dépendent des emprunts étrangers, mais si la dette devient insoutenable, cela peut conduire à des crises économiques et à une pauvreté accrue. En 2023, les Nations Unies (ONU) ont averti que certains gouvernements dépensaient désormais plus pour le service de la dette que pour des secteurs essentiels comme la santé et l’éducation.
Dette publique mondiale a augmenté rapidement, avec près de 40 % des pays en développement gravement endettés. En conséquence, de nombreux pays en développement sont confrontés à un choix difficile entre payer leurs dettes et investir dans les services publics tels que les soins de santé, l’éducation et les infrastructures. La situation nécessite une plus grande transparence, des outils plus solides pour garantir la viabilité de la dette et des accords plus rapides de restructuration de la dette entre les gouvernements, les créanciers privés et les institutions financières internationales.
La crise de la dette au Sri Lanka
Le Sri Lanka, pays en développement à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, a connu une grave crise économique en 2022 lorsque le gouvernement a n'a pas réussi à rembourser sa dette extérieure pour la première fois de son histoire. Avant cela, le Sri Lanka avait maintenu un record parfait de remboursement de sa dette extérieure depuis son indépendance en 1948. Le défaut de paiement a déclenché la pire crise économique que le pays ait jamais connue.
Les prix ont augmenté de façon spectaculaire et il y a eu des pénuries de biens essentiels, notamment du carburant, de la nourriture et des médicaments. Les pénuries de carburant ont rendu difficile le fonctionnement des bus, des trains et des véhicules médicaux, tandis que les prix de l’essence et du diesel ont fortement augmenté. Les écoles ont dû fermer et de nombreuses personnes ont dû travailler à domicile pour économiser le carburant. Le pays a également connu de longues coupures d'électricité et une inflation généralisée, notamment une inflation alimentaire qui a atteint 95%.
En outre, les taxes sur les marchandises ont été doublées, les prix de l’électricité ont augmenté et les subventions aux carburants ont été supprimées. En conséquence, la pauvreté au Sri Lanka a doublé, atteignant 26 % de la population, et des millions de personnes se sont retrouvées dans la misère.
Quelle est la cause de la crise ?
L'une des principales causes de La crise au Sri Lanka il y avait une pénurie de devises étrangères. Le pays importait chaque année pour environ 3 milliards de dollars de marchandises de plus qu’il n’exportait, ce qui a progressivement épuisé ses réserves de change. Fin 2019, le Sri Lanka disposait d’environ 7,6 milliards de dollars de réserves de change, mais celles-ci sont rapidement tombées à environ 250 millions de dollars, laissant le pays incapable de rembourser sa dette souveraine.
Les décisions politiques du gouvernement ont également aggravé la situation. En 2019, d’importantes réductions d’impôts introduites par le gouvernement ont réduit les recettes publiques de plus de 1,4 milliard de dollars par an. Cela a affaibli les finances du pays et rendu plus difficile le service de sa dette.
Comment le gouvernement a réagi
Pour faire face à la crise du Sri Lanka, le gouvernement a proposé d'utiliser les fonds provenant de l'épargne-retraite des travailleurs pour aider à rembourser la dette du pays. Le gouvernement a également recherché un soutien international. Le Fonds monétaire international (FMI) a déterminé que la dette du Sri Lanka était insoutenable et a accepté d'accorder un prêt de 3 milliards de dollars tout en aidant à concevoir un programme de relance économique.
Le gouvernement a également sollicité l'aide financière d'autres partenaires pour atténuer l'impact de la crise sur les citoyens, ses principaux créanciers, dont la Chine et l'Inde, ayant accepté de prolonger le délai de remboursement. Dans le cadre du plan de relance, Sri Lanka a également introduit des augmentations de taxes sur des produits tels que le carburant et les produits alimentaires. En outre, il a annoncé son intention de lever des fonds en restructurant les entreprises publiques et en privatisant la compagnie aérienne nationale.
En 2024, la dette nationale du Sri Lanka a été officiellement restructurée après des négociations avec les créanciers. Toutefois, des défis demeurent. En 2025, un cyclone a provoqué de nouveaux dégâts, incitant la population à réclamer la suspension du remboursement de la dette du pays.
Que se passe-t-il ensuite ?
En 2024, l'économie du Sri Lanka s'était stabilisée plus rapidement que prévu, dépassant les performances d'autres pays en défaut de paiement. L’inflation est tombée à un chiffre, mais la stabilisation à elle seule ne suffit pas. Le pays n’a souvent pas réussi à introduire des réformes structurelles plus profondes après les crises passées. Pour une reprise à long terme, il faudra un engagement politique fort pour mettre en œuvre des politiques qui encouragent une croissance durable.
De nombreux experts affirment que le Sri Lanka besoin d'un allégement de la dette ou annulation pour récupérer complètement. Les gens ont besoin d’emplois décents, de salaires, de droits, de protection sociale, d’inclusion et d’égalité. Le résultat constituera également un test important pour les organisations internationales telles que le FMI dans la manière dont elles gèrent les crises de la dette souveraine et démontrera le besoin urgent de réformer la manière dont les crises de la dette sont gérées.
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