Les conflits, le changement climatique et les déplacements sont les principaux facteurs d'insécurité alimentaire au Burkina Faso, entravant les progrès vers l'objectif de développement durable 2 des Nations Unies : Faim zéro. Malgré ces défis, les organisations humanitaires et les communautés locales s’efforcent d’améliorer la sécurité alimentaire et de renforcer la résilience à long terme. Voici sept faits clés sur la faim au Burkina Faso.
1. Des millions de personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire
L'insécurité alimentaire est un défi persistant au Burkina Faso. Environ 13 % de la population est confrontée à une insécurité alimentaire aiguë et souffre de sous-alimentation. Les conflits et les problèmes liés au climat rendent de plus en plus difficile l’accès des familles à des aliments nutritifs. La hausse des prix des denrées alimentaires et le nombre limité de terres agricoles empêchent encore les ménages de satisfaire leurs besoins nutritionnels de base. Ces facteurs continuent d’alimenter la faim au Burkina Faso.
2. Le conflit a contraint des millions de personnes à quitter leur foyer
L'insécurité prolongée a déplacé environ 2,1 millions de personnes au Burkina Faso. De nombreuses familles ont quitté leurs maisons, leurs fermes et leurs moyens de subsistance, perturbant ainsi la production agricole et les chaînes d'approvisionnement alimentaire. Les régions du nord et de l’est sont particulièrement touchées, avec des communautés souvent confrontées à une insécurité alimentaire de crise et dépendant de l’aide humanitaire et des convois escortés par l’armée pour la nourriture et les fournitures essentielles.
3. Les enfants subissent le poids de la crise
Les enfants sont particulièrement vulnérables à la faim au Burkina Faso. Save the Children rapporte qu'environ 1,4 million d'enfants sont confrontés à une crise de la faim. Pendant la période de soudure annuelle, les conditions se détériorent et les projections indiquent qu'environ 210 000 enfants pourraient connaître des niveaux de famine d'urgence. Un enfant sur sept pourrait être confronté au moins à une insécurité alimentaire de niveau critique. Dans les zones touchées par le conflit, l’accès limité à l’éducation et aux services de santé aggrave encore la faim.
4. La malnutrition continue de menacer le développement des enfants
La faim a de graves conséquences au-delà des pénuries alimentaires. Environ 19,5 % des enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance, ce qui nuit à leur développement physique et cognitif. Un autre 9,8 % souffrent d’émaciation, une forme de dénutrition potentiellement mortelle. Des évaluations récentes estiment que plus de 425 000 enfants âgés de 6 à 59 mois seront confrontés à une malnutrition aiguë, dont plus de 110 000 cas graves.
5. Les changements climatiques aggravent la faim
Le Burkina Faso se trouve au Sahel, une région très vulnérable aux changements climatiques. La hausse des températures, les précipitations imprévisibles et les conditions météorologiques extrêmes menacent la production agricole et la disponibilité alimentaire. Alors que de nombreuses familles dépendent de l’agriculture, les mauvaises récoltes entraînent rapidement des pénuries alimentaires et des pertes de revenus. Les pressions climatiques augmentent également la vulnérabilité des communautés déjà touchées par l'insécurité et les déplacements, contribuant ainsi à la faim au Burkina Faso.
6. La faim est liée à des problèmes de santé plus vastes
L’insécurité alimentaire est étroitement liée à de mauvais résultats en matière de santé. L’accès limité à l’eau potable, à l’assainissement et aux soins de santé entraîne des taux de maladie élevés parmi les enfants et les familles. Des analyses récentes montrent que les maladies diarrhéiques et les infections respiratoires contribuent de manière significative à la malnutrition dans de nombreuses régions. Une mauvaise hygiène et un accès limité à l’eau potable aggravent encore la situation nutritionnelle, rendant plus difficile la guérison de la faim et de la maladie pour les populations vulnérables.
7. Les organisations investissent dans des solutions à long terme
Malgré les défis persistants, les organisations du Burkina Faso développent des solutions durables. Le Hunger Project, actif depuis 1997, soutient actuellement plus de 222 000 personnes grâce à des initiatives de développement communautaires.
Le Projet Faim travaille au Burkina Faso depuis 1997, utilisant sa « stratégie de l’épicentre » menée par la communauté pour aider les communautés rurales à devenir autonomes. L'approche combine des améliorations dans les domaines de l'agriculture, de la nutrition, de l'éducation, de la microfinance, de l'eau et de l'assainissement, ainsi que du leadership des femmes. Les communautés identifient leurs propres priorités et créent des plans d'action locaux plutôt que de s'appuyer sur des solutions imposées de l'extérieur. L'organisation rapporte que 12 épicentres, desservant plus de 280 000 personnes dans 169 villages, sont parvenus à l'autonomie ou s'efforcent d'y parvenir, tandis que plusieurs épicentres ont déjà cessé de bénéficier d'un soutien direct.
Right2Grow a commencé à opérer au Burkina Faso en 2021 dans le cadre d'un partenariat international de cinq ans axé sur la réduction de la malnutrition infantile et l'amélioration de l'accès à l'eau, à l'assainissement et à l'hygiène (WASH). Le programme fonctionne en renforçant les groupes de défense locaux, en formant les dirigeants communautaires, en soutenant les organisations de la société civile et en aidant les citoyens à tenir les gouvernements responsables de leurs engagements en matière de nutrition et WASH. Au Burkina Faso, Right2Grow a travaillé avec des parlementaires, des réseaux de journalistes et des groupes de défense de la nutrition pour soutenir la mise en œuvre de la politique nationale multisectorielle de nutrition du pays. D’ici 2023, le programme avait contribué à former des réseaux de journalistes et de communicateurs sur les questions de nutrition, à renforcer les groupes de défense régionaux et à contribuer aux campagnes de sensibilisation à la nutrition et au WASH qui ont touché plus d’un million de personnes.
Regarder vers l'avenir
Alors que le Burkina Faso est encore confronté à des défis majeurs pour atteindre l’objectif de développement durable (ODD) Faim Zéro, la poursuite des investissements dans l’agriculture, la nutrition et le développement communautaire donne de l’espoir. En soutenant les familles vulnérables et en renforçant la résilience locale, ces initiatives aident les communautés à avancer vers un avenir sans faim.
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