Tout savoir sur la faim en Tunisie

L’un des principaux facteurs qui contribuent à la faim en Tunisie est la dépendance du pays à l’égard des importations agricoles, en particulier les céréales, pour subvenir aux besoins de sa population. Les défis économiques à long terme ont empêché la nation d’être en mesure d’acheter suffisamment de denrées alimentaires de base pour nourrir tous ses citoyens. Le taux d’inflation élevé du pays, qui a atteint 9,1% en 2022, a exacerbé les pénuries alimentaires et entraîné une flambée des prix qui limitent l’accès des citoyens les plus vulnérables aux produits alimentaires disponibles.

Alors que la Tunisie a la capacité de produire de la nourriture à l’intérieur de ses frontières, le pays est au milieu d’une sécheresse de trois ans qui a nui à son agriculture. Depuis septembre 2022, les niveaux de précipitations sont tombés à un cinquième du taux normal. Le manque de précipitations a réduit les récoltes, entravé la production de cultures essentielles comme les céréales et déstabilisé l’industrie laitière du pays. Les récoltes réduites ont augmenté le coût de l’alimentation du bétail, obligeant de nombreux agriculteurs à vendre le bétail dont le pays dépend pour le lait et d’autres produits laitiers de base. En plus de provoquer des pénuries de produits laitiers, la sécheresse a dévasté les cultures oléicoles tunisiennes. L’huile d’olive étant l’une des principales exportations de la Tunisie depuis l’Antiquité, cela a ajouté à l’instabilité économique du pays et aggravé la crise de la faim.

Impact de la crise de la faim

Suite à la crise de la faim, la malnutrition est devenue un problème croissant en Tunisie. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), on estime que 30% des enfants tunisiens de moins de 5 ans et 32% des femmes enceintes et allaitantes sont anémiques ou carencés en fer. De plus, la migration de la main-d’œuvre est devenue de plus en plus courante en raison de la crise alimentaire actuelle, mettant en danger des milliers de Tunisiens qui souffrent de la faim alors qu’ils cherchent à se réinstaller en Europe. Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux a rapporté qu’entre janvier et octobre 2022 seulement, plus de 500 Tunisiens sont morts ou ont disparu alors qu’ils tentaient de traverser la Méditerranée à la recherche de meilleures opportunités.

Efforts vers le changement

Le PAM, une organisation humanitaire des Nations Unies qui lutte contre la faim dans le monde, s’emploie à résoudre la crise alimentaire et de malnutrition en cours en Tunisie. Le Plan stratégique national 2022-2025 du PAM pour la Tunisie décrit ses initiatives pour améliorer le programme national d’alimentation scolaire de la Tunisie, promouvoir une bonne nutrition pour les enfants d’âge scolaire et créer des jardins scolaires et des cantines pour garantir l’accès à des sources d’alimentation saines. En outre, le PAM travaille avec les agriculteurs locaux et les écoles pour accroître la disponibilité des aliments produits localement et réduire la dépendance de la Tunisie aux importations. Enfin, l’organisation met en œuvre des stratégies pour faire progresser l’autonomisation socio-économique des femmes tunisiennes en augmentant leur implication dans l’agriculture locale, en particulier dans les jardins scolaires nouvellement créés.

Avoir hâte de

Malgré l’impact des pénuries alimentaires persistantes et des prix élevés des denrées alimentaires, le PAM travaille avec le gouvernement tunisien et les communautés locales pour lutter contre la faim en Tunisie. Des efforts continus pour améliorer le programme d’alimentation scolaire du pays, promouvoir l’industrie agricole locale et renforcer les filets de sécurité sociale pourraient contribuer à atténuer la faim en Tunisie et permettre aux Tunisiens d’avoir accès à des aliments nutritifs.

Madison Tomaso
Photo : Flickr

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