Le Pérou, un pays de l’ouest de l’Amérique du Sud, a eu du mal dans le passé à relever les défis du travail des enfants. Des études et programmes récents considèrent l'éducation bilingue comme une stratégie clé pour lutter contre la pauvreté et potentiellement créer un avenir meilleur pour les enfants du pays. Ces évolutions suggèrent que l’éducation bilingue pourrait jouer un rôle crucial dans la lutte contre le travail des enfants au Pérou, offrant ainsi une voie pleine d’espoir dans la lutte contre ce défi persistant. De plus, en proposant un enseignement dans les langues autochtones et en espagnol, ces initiatives éducatives offrent des expériences d'apprentissage plus accessibles et plus pertinentes aux enfants autochtones.
Travail des enfants au Pérou
Menée en 2015, l'Enquête nationale sur le travail des enfants a révélé que 1 619 200 enfants étaient engagés dans une forme ou une autre de travail au Pérou. Le plus grand secteur de travail des enfants se situe dans le secteur agricole avec 63,8 %. Cependant, diverses autres industries exploitent également le travail des enfants dans le pays. L’exploitation minière à petite échelle est une activité dangereuse. Ici, les enfants sont utilisés de manière informelle et risquent d’être exposés à des gaz nocifs, à un empoisonnement au mercure, à l’effondrement d’une mine et même à des glissements de terrain et à des accidents explosifs.
L'exploitation minière illégale constitue également une menace pour les communautés locales, le trafic d'enfants étant monnaie courante. Dans ces cas-là, l’exploitation sexuelle commerciale et le travail forcé des enfants peuvent dévaster des vies dans les régions minières du Pérou. Il convient également de noter que le niveau de travail des enfants dans les régions côtières et urbaines était bien inférieur à celui des régions rurales et de la jungle. Cette disparité montre la lutte supplémentaire que doivent mener les autochtones péruviens pour assurer la sécurité et l'avenir de leurs enfants.
Éducation bilingue
La bonne nouvelle se trouve dans le document de recherche « Éducation bilingue et travail des enfants : leçons du Pérou ». Écrit par le professeur Alberto Posso, chef du département de comptabilité, finance et économie de la Business School de l'Université Griffith. Publié par le « Journal of Economic Behaviour and Organisation », Posso note la corrélation entre l'autochtonie et l'augmentation des niveaux de pauvreté dans le pays.
Alors que le taux d'analphabétisme au Pérou s'élève à 6 %, les autochtones du pays représentent 4 % de ce chiffre. Pour relever ce défi, le gouvernement péruvien a promu des programmes bilingues visant à retenir les enfants autochtones dans les écoles et à soutenir leurs valeurs culturelles traditionnelles tout en enseignant la langue nationale, l'espagnol.
Le Département national pour l'éducation interculturelle bilingue (DINEBI) a eu un impact significatif sur l'éducation bilingue en proposant des cours de formation d'enseignant à 16 000 personnes. De plus, des initiatives telles que le Projet sur l'éducation dans les zones rurales (PEAR) favorisent le dialogue interculturel. Ce dialogue enrichit non seulement la compréhension de la vie dans les communautés autochtones du Pérou, mais propose également des approches innovantes en matière d'éducation et d'apprentissage de la petite enfance, visant à créer des environnements éducatifs plus inclusifs et culturellement diversifiés.
Les résultats
Les initiatives d'éducation bilingue soutenues par le gouvernement au Pérou ont conduit à une diminution de 12 à 18 % du travail des enfants. Selon les recherches du professeur Posso, des politiques similaires pourraient augmenter de 38 % le nombre d'heures que les enfants autochtones passent à l'école. Surtout, l’éducation bilingue apparaît comme un outil crucial non seulement au Pérou mais aussi dans les efforts nationaux et internationaux de lutte contre le travail des enfants et la pauvreté. Il souligne l'importance des initiatives communautaires spécifiques pour reconnaître les façons uniques dont la pauvreté affecte les groupes majoritaires et les communautés marginalisées.
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