Au Ghana, où environ 25,9 % de la population vit dans la pauvreté, un repas gratuit par jour permet aux enfants de sortir de la pauvreté, un jour d'école à la fois. Le Programme d’alimentation scolaire du Ghana (GSFP) fait plus que lutter contre la faim. Il contribue à la réduction de la pauvreté, améliore la sécurité alimentaire et maintient les enfants à l'école dans certaines des communautés les plus défavorisées du pays.
Les déjeuners scolaires ouvrent les portes
Lancé en 2005 avec seulement 1 900 élèves répartis dans une école par district, le programme d'alimentation scolaire du Ghana s'est développé pour desservir plus de 2,6 millions d'enfants dans les écoles primaires et maternelles publiques du pays. Chaque jour d'école, les enfants des communautés défavorisées reçoivent un repas chaud préparé à partir d'aliments cultivés localement. Le programme s'aligne sur les objectifs du millénaire pour le développement des Nations Unies (ONU) sur la faim, la pauvreté et la malnutrition et contribue aux objectifs de développement durable 1, 2 et 4 – mettre fin à la pauvreté, mettre fin à la faim et garantir une éducation de qualité. Cette initiative est devenue l'un des programmes de protection sociale les plus efficaces du Ghana, touchant les 261 districts du pays.
Résultats éducatifs
Pour les familles vivant dans la pauvreté, la faim est l’un des obstacles les plus courants à la fréquentation scolaire. Lorsqu'un repas est disponible à l'école, le taux de fréquentation augmente et la décision d'y assister est plus facile tant pour l'enfant que pour la famille. À l'échelle mondiale, les programmes de repas scolaires augmentent les inscriptions en moyenne de 9 % tout en réduisant simultanément les taux d'abandon scolaire, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).
Le Ghana reflète directement cette tendance. Une école primaire de Gbare, dans la région de l’Upper West, a enregistré une augmentation de 34 % du nombre d’apprenants entre octobre 2023 et octobre 2024 – directement attribuée au repas chaud quotidien. Au-delà de l'assiduité, la nutrition façonne la capacité d'un enfant à se concentrer et à retenir les informations. Un enfant nourri peut se concentrer, participer et apprendre. Le GSFP se situe à l’intersection des résultats scolaires et de la sécurité alimentaire, garantissant qu’aucun enfant n’a à choisir entre la faim et l’apprentissage.
Impact économique local
Le GSFP crée un effet d’entraînement qui s’étend au-delà de la salle de classe. En s'approvisionnant en ingrédients auprès de petits exploitants agricoles et de producteurs locaux, le programme canalise les dépenses gouvernementales directement vers les communautés agricoles rurales. Les agriculteurs bénéficient d’un marché fiable et cohérent pour leurs cultures, soutenant les revenus des ménages et réduisant leur vulnérabilité aux fluctuations du marché.
Les emplois créés grâce à l’alimentation scolaire s’étendent plus loin dans la chaîne de valeur. À l'échelle mondiale, le PAM estime qu'environ 1 377 emplois sont créés pour 100 000 enfants nourris. Au Ghana, le programme employait environ 24 000 restaurateurs à la fin de l’année universitaire 2016-2017, dont une majorité de femmes. Il ne s’agit pas d’avantages fortuits, mais d’avantages structurels. Les gains économiques du GSFP vont bien au-delà des portes des écoles, renforçant les communautés qui en ont le plus besoin.
Un outil contre la pauvreté
L’impact cumulé d’une meilleure nutrition, d’une plus grande fréquentation scolaire et d’économies locales plus fortes contribue à une réduction mesurable de la pauvreté. Le taux de pauvreté du Ghana est passé de 26,4 % en 2023 à 25,9 % en 2024, selon le Fonds monétaire international (FMI), une évolution liée en partie à des investissements soutenus dans les programmes de protection sociale, notamment le GSFP.
L’éducation est l’une des voies les plus fiables pour sortir de la pauvreté. Les enfants qui restent à l’école plus longtemps gagnent davantage à l’âge adulte, sont en meilleure santé et sont mieux placés pour subvenir aux besoins de leur propre famille.
Regarder vers l'avenir
Le programme d'alimentation scolaire du Ghana investit dans un avenir de mobilité avec chaque repas servi, démontrant que la réduction de la pauvreté ne nécessite pas toujours une réforme radicale. Alors que le programme continue de s'étendre dans les 261 districts du Ghana, un investissement soutenu dans l'alimentation scolaire constitue l'un des outils les plus pratiques et les plus rentables disponibles pour briser le cycle de la pauvreté : un repas à la fois.
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