Un récent rapport du Fonds international d'urgence des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) souligne les progrès significatifs réalisés par la Zambie dans l'expansion de son système éducatif. Cependant, dans le même rapport, l'organisation souligne que les améliorations de la qualité de l'éducation n'ont pas suivi le même rythme. Le pays est confronté à une pénurie d’enseignants, exacerbée par une répartition inégale des enseignants. L’amélioration du déploiement de l’enseignement en Zambie semble donc être la priorité absolue pour garantir une amélioration de la qualité globale de l’éducation.
Le gouvernement de la Zambie a fait du renforcement du recrutement et du placement des enseignants une priorité clé au sein du ministère de l'Éducation (MoE). À ce titre, il s’est engagé à déployer des dizaines de milliers de nouveaux enseignants à travers le pays.
Principales conclusions du rapport
L'UNICEF présente les principales conclusions de son analyse du système éducatif actuel de la Zambie :
- Répartition inéquitable des enseignants. La répartition inéquitable des enseignants contribue à d’importantes disparités dans les conditions d’apprentissage et la taille des classes. Les données concluent que des classes plus grandes sont associées à un rendement plus négatif pour les élèves de 7e année.
- Allocation aux enseignants. La répartition des enseignants en Zambie souffre tant au niveau national que local. Alors que les données nationales examinent la répartition des enseignants dans les grandes provinces, un examen plus approfondi des districts individuels révèle un problème plus grave. Environ un quart de tous les districts sont confrontés à d'importantes pénuries d'enseignants, avec des ratios élèves/enseignant atteignant 80 : 1, soit le double de l'objectif du ministère de l'Éducation. Cette disparité met en évidence la nécessité d’interventions ciblées pour équilibrer la répartition des enseignants et lutter contre les inégalités éducatives.
- Accès à l’éducation équitable entre les sexes. Les écoles isolées et rurales connaissent de graves pénuries d’enseignants, avec une pénurie encore plus aiguë d’enseignantes. Cette pénurie a un impact significatif sur l'accès équitable à l'éducation entre les sexes, car l'UNICEF souligne le rôle crucial des éducatrices dans la promotion de la scolarisation, de la rétention et de l'éducation des filles.
- Ratios élèves/enseignant (PTR). Les disparités dans les ratios élèves/enseignant (PTR) exacerbent les inégalités entre les différents niveaux des écoles, au détriment notamment des plus jeunes enfants. Le rapport indique que les classes inférieures connaissent des PTR nettement plus élevés que les classes supérieures, ce qui nuit à la qualité de l'enseignement pour les élèves plus jeunes. Cette disparité a de graves conséquences sur le développement des compétences d'apprentissage fondamentales à une étape critique du parcours éducatif d'un enfant.
- Déploiement de l’enseignement primaire. Le gouvernement zambien, reconnaissant le problème critique du déploiement des enseignants du primaire, a pris des mesures par l'intermédiaire du ministère de l'Éducation pour y remédier. En 2022, il a alloué 30 496 enseignants supplémentaires et s’est engagé à augmenter ce nombre dans les années à venir pour répondre aux besoins éducatifs.
Recommandations aux décideurs politiques
L'UNICEF a également formulé quelques recommandations clés pour résoudre les problèmes associés aux principales conclusions de son rapport :
- Données localisées. Utiliser des données localisées dans la prise de décision plutôt que des données plus larges provenant des provinces. Cela donnera à son tour une image plus réaliste du déploiement de l’enseignement primaire en Zambie.
- Recrutement et rétention des enseignants. Accorder une plus grande priorité au recrutement et à la rétention des enseignants dans les zones rurales de Zambie. Cela peut être réalisé en renforçant les incitations financières pour les futurs enseignants et en s’attaquant aux contraintes physiques liées à une vie plus éloignée.
- Enseignantes. Remédier au manque d'enseignantes dans les zones rurales en encourageant ces enseignantes à s'installer dans des zones reculées en améliorant la sûreté et la sécurité, les difficultés de mobilité ainsi que les besoins en matière d'hygiène et d'assainissement. Ces mesures ne peuvent être atténuées que par des investissements supplémentaires dans les infrastructures scolaires.
- Déploiement des enseignants. Donner la priorité au déploiement des enseignants dans les premières classes en fournissant des orientations politiques aux chefs d’établissement et en incitant les enseignants à passer plus de temps dans ces classes.
- Transferts d'enseignants localisés. Veiller à ce que les transferts d’enseignants soient localisés dans les districts plutôt que dans tout le pays. Cela garantira un niveau d'enseignement égalisé pour ce district et réduira le risque de déplacement des enseignants, augmentant ainsi la probabilité qu'ils restent dans les écoles qui leur sont assignées.
- Autorités locales. La décentralisation des pouvoirs éducatifs permet aux acteurs locaux et aux membres de la communauté de s'impliquer fortement dans l'école locale. Ces personnes auront une meilleure connaissance individuelle des enseignants, des parents et des enfants et pourront adapter leurs besoins et leurs préférences. Cette expérience personnalisée garantira une bien meilleure prise de décision sur le terrain en matière de transferts d’enseignants et de conformité.
Avoir hâte de
Le gouvernement zambien estime qu'il faudra plus de 115 000 enseignants supplémentaires pour servir de manière adéquate les élèves du primaire. L'UNICEF espère que son rapport et ses recommandations soutiendront les efforts du pays pour répondre à cette demande critique de déploiement d'enseignants en Zambie.
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