
Sur le quai boueux de Vridi Akobrakré, un petit village de pêcheurs juste à l'extérieur d'Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire en Afrique de l'Ouest, un volontaire de la Croix-Rouge verse de l'eau traitée dans les mains d'une mère. Ses enfants barbotent pieds nus dans une lagune stagnante, ignorant que quelques jours plus tôt, trois de leurs voisins sont morts d'une grave diarrhée. En ce moment, l’épidémie de choléra à Abidjan fait la une des journaux. Il s’agit d’une crise évitable, provoquée par la pauvreté et un mauvais assainissement.
L’épidémie de choléra à Abidjan et la réponse d’urgence
Le 5 juin 2025, l'Institut Pasteur a identifié Vibrio cholérique dans l'eau. Cette bactérie provoque le choléra, une maladie diarrhéique grave qui peut être mortelle en quelques heures si elle n'est pas traitée. Les autorités sanitaires ont immédiatement confirmé un épidémie de choléra à Abidjan – le premier en 15 ans. La saison des pluies venait tout juste de commencer, les inondations répandant rapidement les eaux contaminées. La densité de logements dans les quartiers les plus pauvres a encore alimenté l’épidémie, entraînant 491 cas confirmés et 20 décès.
Le gouvernement a mis en œuvre une réponse d'urgence rapide. Des camions-citernes ont livré de l'eau potable aux quartiers touchés et des centres de traitement temporaires ont été ouverts pour des soins rapides aux patients. Les équipes sanitaires locales ont collaboré avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a fourni un soutien pour le traitement de l'eau, la distribution de chlore et l'éducation à l'hygiène. Des ONG telles que l'UNICEF et la Croix-Rouge ont établi des stations de lavage des mains et formé des bénévoles pour surveiller les symptômes au sein de la communauté.
Pauvreté et vulnérabilité des quartiers
Vridi Akobrakré, où la bactérie a été confirmée pour la première fois, ainsi que des quartiers informels similaires autour d'Abidjan restent très vulnérables. Les maisons sont construites au-dessus des lagons et la plupart ne disposent ni de latrines ni de systèmes d'égouts. Les inondations répandent de l’eau contaminée dans les rues, les écoles et les marchés.
La pauvreté aggrave le risque. Les familles n’ont pas les moyens d’acheter de l’eau potable et les maisons surpeuplées rendent difficile le maintien de bonnes pratiques d’hygiène. La vulnérabilité répétée de ces quartiers montre que les mesures d’urgence ne peuvent à elles seules empêcher de futures épidémies. Sans changements structurels, le choléra va continuer frapper les communautés les plus pauvres.
Réponse des ONG et solutions préventives
Les ONG jouent un rôle crucial dans la gestion des risques immédiats et le renforcement de la résilience. La Croix-Rouge distribue des pastilles de chlore et traite les points d'eau. L'UNICEF mène des campagnes d'hygiène dans les écoles et les marchés. Médecins Sans Frontières exploite des centres de traitement mobiles et forme des équipes d'intervention rapide. Les experts rapportent qu’une surveillance continue, une distribution plus large de kits d’hygiène et des campagnes de sensibilisation du public sont essentielles pour prévenir de futures épidémies.
Prévenir une autre épidémie de choléra à Abidjan nécessite également des investissements à long terme. Les gouvernements doivent construire des réseaux d’égouts, des systèmes de drainage, des latrines formelles et des canalisations d’eau potable pour les quartiers à faible revenu. Une planification urbaine équitable et une éducation continue à l’hygiène aident les communautés à adopter des pratiques plus sûres. Un accès subventionné à l’eau potable, des programmes d’assainissement communautaire et des systèmes de santé renforcés, ainsi que la mise en place d’équipes de surveillance et d’intervention rapide, sont cruciaux.
Depuis le début de l’épidémie de choléra, des campagnes d’hygiène ont touché des milliers d’écoliers, leur enseignant le lavage des mains et les bonnes pratiques en matière d’eau potable. Les premiers signes suggèrent que ces interventions ralentissent la propagation du choléra. Toutefois, les experts préviennent que sans un soutien continu et une amélioration des infrastructures, les épidémies risquent de se reproduire.
Transformer la crise en changement
De retour à Vridi Akobrakré, la mère plonge les mains de ses enfants dans l'eau traitée et regarde les bénévoles continuer leur tournée. Pour les familles touchées par l’épidémie de choléra à Abidjan, l’eau potable reste fragile. Mais la crise a déclenché des actions concrètes. Les bénévoles communautaires sont désormais formés pour surveiller les symptômes, traiter l’eau contaminée et sensibiliser leurs voisins aux règles d’hygiène.
Les ONG continuent de distribuer des comprimés de chlore, des kits d'hygiène et d'installer des stations de lavage des mains dans les écoles et les marchés. Si les gouvernements et les partenaires internationaux investissent dans l’assainissement, les infrastructures et la réduction de la pauvreté, ces efforts peuvent devenir permanents. Des systèmes d'eau potable, des améliorations du drainage et des programmes d'éducation communautaires pourraient protéger les résidents contre de futures épidémies.
Ce qui a commencé comme une tragédie se transforme en un modèle de résilience, montrant que même les communautés les plus vulnérables peuvent montrer la voie lorsque la crise rencontre une action coordonnée.
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