En République centrafricaine (RCA), jusqu’à 50 % des poursuites judiciaires concernent allégations de sorcellerie, sur la base d’une loi qui, bien entendu, ne peut être prouvée et donc pas contestée. Cette loi cible les plus vulnérables de la population : les femmes, les enfants et les personnes âgées les plus démunis. Dans un contexte de guerre civile en cours, le rôle de la législation dans la formation de la société et du pouvoir est déterminant pour identifier la manière dont la culture, la tradition, le gouvernement et les conflits contribuent à créer une société appauvrie.
Cependant, avec une plus grande sensibilisation internationale à cette question ces dernières années, de nombreux les organisations font leur part aider. Voici tout ce qu’il faut savoir sur la sorcellerie en République Centrafricaine.
La RCA est au milieu d’une guerre civile brutale
Depuis sa création en 1960, la RCA a souffert de décennies d’instabilité et de violence. En 2020, les Patriotes du Changement (CPC) a été formé pour perturber les élections centrafricaines de 2020-2021. Plus récemment, le PCC a renouvelé ses attaques contre le gouvernement début 2023, équipé d’un meilleur armement. À mesure que la RCA s’enfonce davantage dans le conflit intrarégional, la crise humanitaire s’aggrave, contribuant à la pauvreté et aux mauvaises conditions de vie.
Sorcellerie et groupes vulnérables
En RCA, la loi précise que les soupçons de sorcellerie ne constituent pas en soi un crime mais plutôt son « crime ».usage nocif.» Cela s’applique explicitement aux accusations de sorcellerie, qui font référence à l’intention de nuire à des personnes, d’endommager des biens et de perturber la vie publique.
Les accusations de sorcellerie sont intrinsèquement liées à la marginalisation sociale et contribuent à filtrer les personnes indésirables, notamment femmes âgées. La plupart des personnes accusées de sorcellerie ont environ 55 ans, avec un accent accru sur les femmes isolées qui peuvent être divorcées, veuves, sans enfants ou seules. De janvier 2020 à juin 2021, presque 60% des prévenus détenues à la maison d’arrêt pour femmes de Bangui peuvent être classées dans l’une de ces catégories.
L’État de droit en RCA est difficile à faire respecter
Les poursuites reposent presque entièrement sur les aveux des accusés. Les personnes accusées qui refusent d’avouer courent un risque accru de justice et de violence collective. Parallèlement, au sein du système judiciaire, refuser d’avouer peut être le seul moyen d’éviter une condamnation. Cas de sorcellerie sont examinées avec attention en raison de leur nature sensible, qui amène les juges à rechercher une condamnation par tous les moyens nécessaires. Les accusations de sorcellerie sont nettement plus fréquentes dans les zones rurales où les forces de l’ordre et le système judiciaire ont un pouvoir limité.
Les communautés comptent sur le soutien des ONG locales
Caritas RCA est l’une de ces ONG fournissant des services depuis la création de la RCA en 1960. Parmi ses principaux objectifs consistant à atténuer les pressions de la pauvreté en RCA, Caritas RCA se concentre également sur la construction d’une société plus forte. La plupart des accusations de sorcellerie proviennent de quelqu’un que l’accusé connaît et, en fournissant des ressources sociales, Centralis CAR cible ce problème à la racine.
La RCA a encore un long chemin à parcourir avec certains des taux de détention provisoire les plus élevés dans le monde, des conflits et des niveaux de pauvreté sans précédent et un système ciblé de persécution des personnes les plus vulnérables de la société. Cependant, la RCA et sa population continuent d’œuvrer pour une société meilleure et plus connectée à travers des ONG comme Caritas CAR.
– Anjum Alam
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