Les trafiquants d’êtres humains prospèrent au milieu d’un conflit mondial

Trafiquants d'êtres humainsIl existe plusieurs raisons pour lesquelles les gens fuient leur pays d’origine. La guerre, les persécutions, les catastrophes climatiques, la faim et l’extrême pauvreté créent toutes des circonstances qui encouragent les gens à rechercher une vie meilleure et plus stable. Le HCR a recensé plus de 110 millions de personnes déplacées de force à la fin de 2023. Les trafiquants d’êtres humains prospèrent dans un contexte de conflit mondial, s’attaquant aux réfugiés déplacés et vulnérables. Dans un nouveau pays d’accueil, les réfugiés peuvent ne pas être familiers avec le système juridique ou la langue et il est peu probable qu’ils disposent d’un logement ou d’un revenu stable. L’écrasante majorité des réfugiés résident dans des camps, avec des opportunités d’éducation ou d’emploi limitées. Beaucoup ne parviennent pas à obtenir un statut légal dans leur pays d’accueil et sont donc incapables de gagner un revenu.

Tactiques des trafiquants d’êtres humains

Les trafiquants profitent des vulnérabilités, en particulier des situations de pauvreté, en utilisant des tactiques trompeuses pour attirer les réfugiés dans des conditions de voyage et d’emploi frauduleuses. Par exemple, les femmes et les filles se voient généralement proposer de vagues opportunités d’emploi, avec la promesse d’une stabilité financière, pour ensuite être vendues, trafiquées et maltraitées. Les passeurs qui promettent aux réfugiés un voyage en toute sécurité et une admission dans les pays d’accueil se retournent souvent et exigent plus d’argent. Avec peu ou pas d’argent à donner, il n’est pas rare que les passeurs exploitent les personnes déplacées par le biais du trafic sexuel.

Femmes et enfants en danger

Les enfants déplacés deviennent vulnérables au mariage des enfants et au trafic sexuel en échange de nourriture ou de vêtements. Les enfants syriens sont souvent victimes de mariages précoces, notamment avec des membres de diverses organisations terroristes. Ces arrangements peuvent conduire à l’esclavage sexuel et au travail forcé. Des rapports similaires faisant état de filles afghanes contraintes à des mariages arrangés existent depuis la prise de pouvoir par les talibans. Il n’est pas rare que des filles afghanes soient davantage exploitées dans le cadre du trafic sexuel par leurs nouveaux maris.

La Roumanie a accueilli plus de 80 000 réfugiés ukrainiens depuis février 2022, date à laquelle la Russie a envahi l’Ukraine. Dans une enquête de World Vision en Roumanie, 97 % des participants avaient entendu parler de cas de traite des êtres humains. Plus de la moitié de ces personnes ont identifié les femmes comme la population la plus à risque.

Selon l’International Rescue Committee, fin 2022, 52 % de tous les réfugiés dans le monde provenaient de trois pays ; Syrie, Ukraine et Afghanistan. Ces trois pays sont aux prises avec des conflits et l’autoritarisme. Les conflits affaiblissent la stabilité politique d’un pays, augmentant ainsi les vulnérabilités économiques. Pour lutter efficacement contre les trafiquants d’êtres humains et les arrêter, qui prospèrent au milieu d’un conflit mondial, une plus grande sensibilisation aux structures gouvernementales autoritaires est nécessaire.

Agir contre la traite des êtres humains

Le Global Protection Cluster (GPC) est un « réseau d’organisations non gouvernementales (ONG), d’organisations internationales et d’agences des Nations Unies, engagées dans un travail de protection lors de crises humanitaires, notamment de conflits armés et de catastrophes ».

Le GPC, en matière de traite des êtres humains, vise à garantir que les partenaires et les gouvernements chargés de protéger les personnes contre la traite soient bien équipés pour accomplir cette tâche. Il a créé l’équipe spéciale sur la lutte contre la traite dans l’action humanitaire en 2017. L’équipe spéciale est codirigée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le HCR. Les membres de l’équipe de travail comprennent InterAction, la Commission internationale catholique pour les migrations (CICM), la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et d’autres organisations humanitaires majeures.

– Sophie Loizos

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