L’exploitation par le travail des travailleurs immigrants au Canada

Exploitation du travail
Chaque année, le Canada accueille des centaines de milliers d’immigrants. Entre janvier et mars 2023, le Canada a accueilli plus de 145 330 résidents permanents. Alors que de plus en plus d’immigrants arrivent au pays, le Canada continue d’améliorer ses liens avec d’autres pays, encourage la coopération internationale et offre un refuge sûr aux personnes fuyant des situations périlleuses. Si l’immigration d’individus au Canada produit de nombreux effets favorables, elle crée également un sentiment de susceptibilité et d’incertitude inhérent au fait d’être un individu dans un environnement inconnu. La priorité accordée au traitement équitable des travailleurs au Canada, quelle que soit leur origine, est de la plus haute importance, avec un accent particulier sur la préservation des principes liés à la dignité et à l’équité.

À quoi ressemble l’exploitation du travail au Canada?

Selon le Migrant Workers Centre de la province de la Colombie-Britannique, la définition légale de l’exploitation par le travail est la violation des lois du travail, dans laquelle les employeurs traitent les employés d’une manière qui enfreint leurs droits légaux. L’exploitation du travail peut prendre de nombreuses formes, telles que la fourniture de salaires inférieurs au minimum légal, le non-respect des protocoles de sécurité et la prévalence du harcèlement et de la discrimination.

En 2021, le Canada a vu l’arrivée d’environ 777 000 travailleurs, 39 % de cette population trouvant un emploi dans des secteurs tels que l’agriculture, la fabrication, la construction et la transformation des aliments. Les agences ont identifié plusieurs problèmes relatifs aux connaissances des travailleurs. En premier lieu, ils constatent une lacune notable dans la compréhension de leurs droits. Deuxièmement, les organismes ont découvert que près de la moitié des travailleurs ignoraient l’existence du trafic de main-d’œuvre en tant que problème répandu au Canada. Les travailleurs immigrants peuvent être vulnérables en raison de leurs capacités linguistiques limitées, de leur isolement social, de leurs appréhensions concernant leur statut d’immigrant et de leur mauvaise compréhension des politiques d’immigration, de la réglementation du travail et des lois sur les droits de la personne du Canada.

Comment le Canada s’attaque-t-il à ce problème?

Au Canada, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures depuis les consultations de 2019 pour lutter contre l’exploitation de la main-d’œuvre dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Ces initiatives comprennent diverses mesures, telles que la mise en œuvre d’une interdiction d’importer des produits issus du travail forcé. De plus, le Canada participe activement en tant que partenaire à « Alliance 8.7 », une collaboration internationale visant à éliminer le travail forcé, l’esclavage moderne, la traite des personnes et le travail des enfants.

De plus, le gouvernement canadien a mis en œuvre la Loi sur les mesures de transparence dans le secteur extractif de 2014 et la Loi sur l’exportation et l’importation de diamants bruts de 2002. Ces mesures législatives renforcent les obligations de déclaration et favorisent la transparence au sein du secteur extractif canadien. Le ministre du Travail a la responsabilité de diriger la mise en œuvre de la législation visant à éliminer le travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement des entreprises canadiennes. De plus, le ministre doit s’assurer que les entreprises canadiennes opérant à l’étranger ne se livrent pas à des activités qui perpétuent les violations des droits de la personne.

L’objectif premier du Migrant Workers Centre of British Columbia est d’améliorer et de faciliter l’accès à la justice pour les travailleurs migrants. Cela se produit par la prestation de services juridiques, des efforts de plaidoyer, des efforts de recherche, des initiatives d’éducation du public et une participation active aux entreprises de réforme des lois et des politiques. En s’engageant dans des efforts de collaboration avec diverses organisations à but non lucratif et d’autres parties, le Centre a réussi à cultiver une communauté unie par son engagement commun à défendre les droits des travailleurs immigrés qui ont été victimes d’exploitation ou de traite. Le Centre fournit de l’aide aux personnes victimes d’exploitation, tout en s’efforçant de faire progresser les principes d’égalité et de légitimité dans les milieux de travail partout au Canada.

Pensées finales

D’après le plus récent Rapport sur la situation des travailleurs agricoles migrants au Canada, l’utilisation des travailleurs migrants par les entreprises est en croissance au Canada. Cette tendance a entraîné une détérioration rapide des garanties existantes, déjà insuffisantes, visant à protéger ces travailleurs contre l’exploitation. Assurer une transition harmonieuse et protéger les nouveaux arrivants contre l’exploitation sur leur lieu de travail sont des considérations cruciales à leur arrivée au Canada. La manifestation de la pauvreté au Canada est illustrée par une démographie hétérogène, certains segments subissant un plus grand impact de la pauvreté, en particulier les personnes qui ont récemment immigré au pays.

L’exploitation du travail est un phénomène omniprésent qui se produit dans tout le pays, aggravant la situation précaire des personnes qui se trouvent déjà dans des situations vulnérables. La mise en œuvre par le gouvernement canadien de politiques en milieu de travail est d’une importance primordiale pour assurer des résultats équitables et empêcher les personnes d’être marginalisées ou exclues. Il est impératif de veiller à ce que les nouveaux arrivants canadiens, en particulier ceux qui vivent dans la pauvreté, ne soient pas soumis à une charge de travail excessive, à une rémunération inadéquate et à un traitement dégradant dans la poursuite de leur gagne-pain.

– Valentina Ornelas
Photo : Flickr

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