La pauvreté périodique en République démocratique du Congo (RDC) se manifeste par le coût élevé des produits sanitaires, le manque d’accès aux installations d’hygiène et d’assainissement et la stigmatisation. Heureusement, l’organisation non gouvernementale Uwezo Afrika Initiative s’emploie à résoudre ces problèmes.
Définition de la période de pauvreté
La pauvreté menstruelle implique un manque d’accès aux produits d’hygiène menstruelle, aux installations, à l’éducation et à la gestion des déchets. Pour les jeunes filles et les femmes incapables d’acheter des produits sanitaires, la pauvreté menstruelle interrompt leur progression car ces filles ne peuvent ni aller à l’école ni travailler. La pauvreté menstruelle peut avoir des effets négatifs sur la santé mentale et physique et constitue un obstacle à l’avancement et à la progression des femmes à travers le monde. Dans le monde, la pauvreté menstruelle touche environ 500 millions de personnes.
Période Pauvreté en RDC
A Kinshasa, dans la commune de Makala, plus précisément dans le quartier M’Fidi, les filles menstruées sont séparées de leurs pairs et ne peuvent pas utiliser les mêmes installations sanitaires que les autres enfants. Dans le district de M’Fidi, presque toutes les écoles ne disposent que d’une seule toilette commune pour les hommes et les femmes, ce qui empêche les filles menstruées d’utiliser des installations alternatives.
En raison des difficultés financières auxquelles de nombreuses familles sont confrontées, de nombreuses filles n’ont pas les moyens d’acheter des produits sanitaires adéquats. Le coût des serviettes hygiéniques jetables dans le pays varie entre 2 et 3 dollars par mois. En 2022, près de 62 % des Congolais, soit environ 60 millions de personnes, vivaient avec moins de 2,15 dollars par jour, souligne la Banque mondiale. Dans un pays où le taux de pauvreté est élevé et où la famille moyenne compte environ trois filles, le coût des produits d’hygiène menstruelle représente une charge financière importante. En conséquence, de nombreuses filles sont obligées de réutiliser des produits hygiéniques ou de recourir à des alternatives non hygiéniques, ce qui présente des risques pour leur santé.
Dangers d’une mauvaise hygiène menstruelle
Une mauvaise hygiène menstruelle peut poser plusieurs risques potentiels pour la santé reproductive des femmes. L’utilisation d’alternatives sales ou de produits hygiéniques usagés peut introduire des bactéries dans le vagin, entraînant des infections des voies génitales et urinaires et une possible infertilité.
Une autre complication rare mais dangereuse d’une mauvaise hygiène menstruelle est le syndrome de choc toxique (SCT). Le SCT se manifeste par des symptômes pseudo-grippaux, une éruption cutanée accompagnée de cloques, une pression artérielle basse, une désorientation, des vomissements et une diarrhée. Les toxines bactériennes causent la maladie et les femmes menstruées qui utilisent des tampons sont particulièrement à risque lorsque les protocoles d’hygiène appropriés ne sont pas suivis.
Statistiques de la pauvreté de la période de la RDC
Une étude de Laura Rossouw et Hana Ross publiée en 2021 cherche à analyser l’étendue de la pauvreté menstruelle en République démocratique du Congo et dans sept autres pays en développement. L’étude a révélé que 57% de l’échantillon de femmes interrogées à Kinshasa ont déclaré que les installations de gestion de l’hygiène menstruelle manquaient d’intimité et 35% ont déclaré que ces espaces ne sont pas sûrs. Un pourcentage stupéfiant de 75% des femmes interrogées ne peuvent pas verrouiller l’installation d’hygiène qu’elles utilisent. A Kinshasa, pas moins de 84% de l’échantillon ont signalé un manque d’accès à l’eau et/ou au savon dans les toilettes.
Impact des serviettes hygiéniques réutilisables
L’Initiative Uwezo Afrika, une organisation non gouvernementale, a lancé en 2018 un programme pour éradiquer la pauvreté menstruelle en République démocratique du Congo. L’organisation fabrique des serviettes hygiéniques réutilisables, appelées Maisha Pads, en utilisant des tissus provenant des marchés locaux et les distribue aux écoles, aux orphelinats et aux familles à faible revenu. Les coussinets Maisha réutilisables se vendent par lots de trois au prix abordable de 2,50 $ et on peut réutiliser les coussinets en toute sécurité pendant plusieurs mois. Notamment, l’initiative offre des opportunités d’emploi aux femmes sur la chaîne de production et leur permet de gagner des commissions sur les ventes.
Regarder vers l’avant
La pauvreté menstruelle en République démocratique du Congo pose un défi important au bien-être émotionnel et physique des filles et des femmes dans tout le pays. Néanmoins, la production et la distribution de serviettes hygiéniques réutilisables offrent une lueur d’espoir à ceux qui sont confrontés aux impacts de la pauvreté menstruelle.
– Jess Steward
Photo : Flickr
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