Du 22 au 24 mars 2023, la première conférence des Nations Unies sur l’eau des 46 dernières années s’est tenue à New York. Avec un doublement de la population mondiale depuis la dernière conférence en 1977, le besoin d’accès à l’eau potable est monté en flèche, rendant cet événement d’autant plus crucial.
Garantir l’accès à l’eau et à l’assainissement est l’un des 17 objectifs de développement durable (ODD) interdépendants pour transformer notre monde, fixés en 2015 par les Nations Unies comme un appel à l’action de tous les pays pour mettre fin à la pauvreté.
Cependant, malgré l’importance de l’eau, les données de l’ONU sur l’ODD 6 montrent une sombre réalité. Selon les données publiées avant la conférence sur l’eau, si les tendances actuelles persistent, d’ici 2030, 1,6 milliard de personnes n’auront toujours pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité, 2,8 milliards n’auront pas accès à des installations d’assainissement gérées en toute sécurité et 1,9 milliard seront privées d’eau potable. installations de base pour l’hygiène des mains.
L’eau n’est pas seulement essentielle à la santé mais aussi à la sécurité alimentaire et aux écosystèmes, elle est donc étroitement liée à la réduction de la pauvreté. Il est essentiel à toutes les industries et doit être valorisé et traité comme la ressource vitale qu’il est. La Conférence des Nations Unies sur l’eau n’est que le début d’un effort mondial visant à garantir l’accès à l’eau potable pour tous.
Points à retenir de la Conférence sur l’eau 2023 de l’ONU
Cinq thèmes clés ont été abordés lors de la conférence : l’eau pour la santé, l’eau pour le développement durable, l’eau pour le climat, la résilience et l’environnement, l’eau pour la coopération et la Décennie d’action pour l’eau. Voici quelques-uns des plats à emporter les plus importants :
- Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a souligné le besoin urgent de moderniser les infrastructures et d’explorer de nouveaux partenariats public-privé pour gérer la crise de l’eau du 21e siècle. Il a appelé à un plus grand investissement du secteur privé dans l’eau et l’assainissement : réglementer la participation du secteur privé signifierait bénéficier de données, de techniques de gestion et d’autres ressources auparavant indisponibles. Cette idée a été reprise tout au long de la conférence par la plupart des délégués.
- L’assainissement de l’eau et l’hygiène (WASH) est une question essentielle dans la promotion de l’égalité des sexes. Dans de nombreux pays, les filles et les femmes assument la responsabilité souvent dangereuse de puiser de l’eau pour leurs familles, parfois au détriment de leur éducation. Les délégués ont convenu d’investir massivement dans les systèmes d’eau et d’assainissement.
- L’eau est une question cruciale pour atteindre les objectifs de développement durable, car 90 % des catastrophes naturelles sont liées à l’eau, et aucun des autres objectifs ne peut être atteint sans résoudre la crise de l’eau. Guterres a également confirmé que les catastrophes naturelles liées à l’eau peuvent être une source de tensions géopolitiques et internationales accrues, car elles provoquent des migrations forcées et des déplacements de communautés. Le rapport Groundswell de la Banque mondiale montre que les catastrophes liées à l’eau pourraient entraîner le déplacement de jusqu’à 216 millions de personnes à l’intérieur de leur pays d’ici 2050. Certaines de ces tensions pourraient être atténuées en plaçant l’eau au premier plan de l’agenda politique.
- L’eau est rarement contenue par des frontières ; cependant, les solutions le sont souvent, car elles existent dans des zones géographiques très locales. La coopération transfrontalière dans le domaine de l’eau est essentielle pour développer les solutions technologiques à l’échelle mondiale, telles que les mises à jour des systèmes de gestion des eaux usées et des tempêtes afin de mieux gérer les augmentations soudaines des niveaux d’eau.
- Enfin, après une mention par la plupart, sinon la totalité, des délégués, la conférence s’est conclue par la nomination d’un envoyé spécial des Nations Unies pour l’eau afin de maintenir la question en tête de l’agenda politique et de sensibiliser à l’ODD 6 et aux opportunités d’investissement dans l’eau.
Il est important de noter que la contribution internationale à l’amélioration d’une capacité pour la sécurité de l’eau n’est pas une question d’aide. Il s’agit plutôt d’un investissement qui rapportera également aux pays donateurs. L’eau propre soutient des vies, crée des emplois et stimule une croissance économique inclusive, tout en assurant un développement durable. Elle doit être considérée comme une plate-forme fondamentale pour la prospérité économique et le développement, plutôt que comme une question environnementale.
Dans l’ensemble, la Conférence des Nations Unies sur l’eau 2023 a fourni un aperçu inestimable des problèmes les plus urgents liés à l’eau auxquels notre planète est confrontée, tels que l’assainissement et l’hygiène de l’eau, la résilience climatique et la coopération transfrontalière. Il a également souligné la nécessité de partenariats public-privé et de mécanismes de financement innovants pour soutenir le développement des infrastructures hydrauliques.
Pour atteindre l’objectif de développement durable 6 d’ici 2030, les dirigeants mondiaux doivent rester ambitieux et continuer à travailler ensemble pour garantir que tous les individus ont accès à des services d’eau et d’assainissement gérés de manière durable. La nomination d’un envoyé spécial de l’ONU pour l’eau est un pas prometteur dans la bonne direction pour garantir que personne ne soit laissé pour compte.
– Hanna Bernard
Photo : Flickr
*