Solutions contre le vol d'aide alimentaire – Le projet Borgen

Solutions contre le vol d’aide alimentaireSolutions contre le vol d’aide alimentaireLe vol d’aide alimentaire est un problème aux implications importantes. Cela affecte directement les personnes dans le besoin qui ne reçoivent pas les biens essentiels pendant les périodes critiques, ce qui aggrave les conditions économiques et l’insécurité alimentaire. Cela mine également la confiance entre les organisations humanitaires et peut affecter leurs niveaux de financement. Il a été démontré que le détournement répété de l’aide conduit à la suspension du soutien, comme cela a été le cas en 2019 au Yémen. A cette époque, dans la capitale yéménite, au moins 10 % des livraisons du Programme alimentaire mondial (PAM) étaient détournées des personnes dans le besoin.

Dans certains cas, cela rend l’aide alimentaire moins efficace. Par exemple, au Yémen, malgré l’augmentation des niveaux de soutien en 2019, la faim a persisté et a même augmenté dans certaines régions. Cependant, des initiatives innovantes au niveau local, structurelles ou communautaires ont montré leur potentiel pour réduire le problème dans des endroits profondément touchés comme la Somalie, l’Éthiopie et le Yémen.

Initiatives locales

Action contre la Faim a lancé une campagne populaire en Somalie en créant des centres d'appels communautaires pour améliorer les mesures de reporting sur l'aide. Cette approche permet de suivre les livraisons d’aide dans les zones touchées par des ressources limitées et des conflits. Il est essentiel de résoudre ces problèmes car Action contre la Faim rapporte que l’accès limité aux routes et le contrôle du territoire par des acteurs non étatiques contribuent de manière significative au détournement de l’aide.

L'organisation a embauché et formé des volontaires locaux pour suivre et signaler les livraisons d'aide. L'équipe traite les plaintes et les vérifications et gère également les crises en temps réel. En 2023, le centre d’appels a été alerté par des membres de la communauté d’une épidémie de choléra, permettant à l’organisation d’intervenir immédiatement. En deux ans de fonctionnement, le centre d'appels a répondu à plus de 30 000 appels concernant la vérification de l'acheminement de l'aide, les retours sur l'aide reçue et les demandes d'assistance d'urgence. Les appels sont prépayés, ce qui signifie que même les personnes vivant dans des régions éloignées peuvent contacter le centre.

Changements structurels

Une approche de plus en plus répandue parmi les organisations humanitaires passe de l’aide en nature à l’assistance financière directe. Selon le PAM, envoyer de l’argent donne du pouvoir, car l’argent liquide constitue souvent l’actif le plus important en cas de catastrophe ou de crise. Il offre une flexibilité, permettant aux bénéficiaires de l'utiliser pour la nourriture, les factures médicales, le loyer ou les frais de scolarité en fonction de leurs besoins. C’est devenu une pratique de plus en plus courante. En 2023, le PAM a envoyé environ 2,8 milliards de dollars à des pays comme le Yémen, la Somalie et l'Afghanistan, soutenant directement 51,6 millions de personnes.

Le Poverty Action Lab, un centre de recherche fondé par des professeurs du Massachusetts Institute of Technology, a évalué positivement l’aide en espèces. L'organisation a rapporté qu'au Niger, un soutien financier a aidé les familles à manger plus fréquemment. Les frais de livraison sont relativement faibles, ce qui rend cette solution rentable. Leurs résultats suggèrent que l’argent liquide peut améliorer les conditions économiques et avoir des effets positifs sur le bien-être mental. Par exemple, les femmes afghanes qui ont reçu des transferts monétaires ont déclaré se sentir plus heureuses et plus confiantes quant à leur situation économique. Même si le Poverty Action Lab souligne la nécessité de mener davantage de recherches, il conclut que l’argent liquide a un impact positif et tangible sur la sécurité alimentaire. À condition qu’une région dispose de marchés fonctionnels, l’organisation suggère que ce type d’aide peut soutenir la stabilité à long terme en aidant les familles à bâtir un avenir plus sûr.

Approches communautaires

Les stratégies communautaires constituent une autre solution pour lutter contre le vol de l’aide alimentaire. Les organisations humanitaires impliquent les résidents locaux de diverses manières, notamment par des projets d'autonomisation dans la région du Tigré en Éthiopie et des bureaux de retour d'information au Soudan.

Omna Tigray, une organisation à but non lucratif en Éthiopie, lutte contre le vol d'aide alimentaire en impliquant les résidents dans la planification, la mise en œuvre et le suivi des programmes d'aide alimentaire. L'organisation affirme que l'engagement local cultive la responsabilité parmi les membres de la communauté. Selon Omna Tigray, l’autonomisation des résidents permet d’identifier et de signaler les détournements d’aide et de renforcer les relations entre donateurs et bénéficiaires, qui peuvent être mises à rude épreuve par le vol. L’engagement communautaire est particulièrement important dans une région où 5,4 millions d’habitants dépendent de l’aide humanitaire.

Des approches similaires ont été mises en œuvre ailleurs, y compris des bureaux de retour d'information dans les camps de réfugiés au Soudan créés par World Vision. Un comité composé de résidents du camp et du personnel de Vision Mondiale sélectionne et forme des bénévoles locaux qui aident à rédiger les rapports et les demandes des résidents du camp. Ces bureaux permettent de résoudre rapidement les problèmes de distribution et sont reconnus positivement par la population locale. Au cours d’une séance de discussion avec le personnel de Vision Mondiale, une réfugiée anonyme a déclaré que « le système d’assistance communautaire est le meilleur pour la distribution de nourriture ».

Regarder vers l'avenir

Ces différentes solutions au vol de l’aide alimentaire démontrent de multiples façons de résoudre le problème. Allant des initiatives locales aux approches structurelles et communautaires, elles montrent un potentiel de réduction du problème. Ces mesures ont contribué à une répartition plus équitable de l’aide dans certains domaines. De plus, ils ont été accueillis positivement par les communautés locales et les chercheurs axés sur les programmes d'aide alimentaire.

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