4 organisations contribuant à la réduction de la pauvreté au Liban

Quatre organisations contribuant à la réduction de la pauvreté au LibanSuite au confinement, Youssef Bitar, 59 ans, a perdu sa maison et Chadi, 16 ans, a abandonné ses études. Nadine, une mère aveugle de 40 ans, parvient à peine à nourrir ses trois enfants, et Jamile a recours à des emprunts auprès d’amis et de voisins pour payer son loyer. Enfin, la grand-mère de Nour ne peut subvenir aux besoins de la famille qu’en collectant des boîtes de conserve et en les vendant au poids.. Présentés dans le documentaire de dix minutes de CARE Liban sur les conditions humanitaires désastreuses dans le pays, ces cinq personnes font partie des 59 % de Libanais vivant en dessous du seuil de pauvreté. Heureusement, ils ne sont pas impuissants puisque des organisations comme l’ESSN et la Banque mondiale, le Programme alimentaire mondial, le Mécanisme de financement du Liban et ONU-Habitat ont l’intention d’apporter une aide aux pauvres du pays.

Les bases

En raison de l’absence d’enquêtes sur les revenus et les dépenses des ménages, les données disponibles sur la pauvreté au Liban font défaut. Cependant, une chose est sûre : il s’agit d’un problème croissant. En partie imputé à la pandémie et à l’explosion du port de Beyrouth en 2020, le Liban a connu une forte augmentation de la pauvreté depuis 2019, la proportion de pauvres passant de seulement 17,2 % à 21,5 % en 2016 à, au pire, 75,9 % en 2022. L’analyse révèle que dans le scénario le plus optimiste, au moins trois Libanais sur cinq vivent dans la pauvreté.

Selon la Banque mondiale, la crise au Liban est l’une des « plus graves ». [crisis] épisodes dans le monde depuis le milieu du XIXe siècle. La crise est multiforme et peut être divisée en au moins quatre parties. Premièrement, en juin 2023, le Parlement libanais n’a pas réussi, pour la douzième fois, à élire un président. Cela bloque toute mesure visant à atténuer la crise. Deuxièmement, le secteur bancaire a cessé de prêter aux clients et a adopté un contrôle strict des capitaux, ce qui a cessé d’attirer les dépôts.. Troisièmement, en raison de la crise économique, le pourcentage de chômeurs est passé de 11,4 % en 2018-2019 à 29,6 % en 2022.. Enfin, l’explosion du port a aggravé les vulnérabilités structurelles du Liban, notamment un secteur électrique dysfonctionnel, une mauvaise gestion des déchets et des pénuries d’approvisionnement en eau.

La Banque mondiale et l’ESSN

Heureusement, la crise a inspiré certaines organisations et partenariats à contribuer à la réduction de la pauvreté au Liban. En mai 2023, le conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé l’envoi de 300 millions de dollars au projet de filet de sécurité sociale en cas de crise d’urgence et de réponse au COVID-19 (ESSN), qui aidera les ménages libanais vulnérables et contribuera à unifier le système de fourniture de filets de sécurité sociale au Liban. C’est la deuxième fois que la Banque mondiale accepte d’aider le pays. En 2021, il a financé 246 millions de dollars pour aider le Liban à lutter contre la crise économique et l’impact du COVID sur ses pauvres. Le deuxième programme vise à aider le Liban à protéger sa population des crises futures et à continuer de prendre des mesures de réduction de la pauvreté.

Le financement sera particulièrement utile car « au niveau sectoriel, le Liban ne dispose pas d’un système de protection sociale complet et inclusif qui offre à ses citoyens un accès et des chances égales ». Le précédent programme SSN était inadéquat. Approuvé en janvier 2021, le nouveau programme ESSN a effectivement fourni de l’argent à 82 000 foyers, mis en place un centre d’appels efficace et renforcé la sécurité. Selon une enquête, 99 % des ménages bénéficiaires ont signalé une amélioration de leurs conditions de vie après les transferts. Un plus grand nombre de ménages répondant aux critères de pauvreté recevront une aide.

Le financement de la Banque mondiale fournira également des liquidités pour l’éducation d’un total de 92 000 étudiants. De plus, cela favorisera l’accès à des services sociaux de qualité. Jean-Christophe Carret, directeur pays de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient, convient que ce financement permettra au gouvernement de répondre aux besoins croissants des personnes vulnérables.

Programme alimentaire mondial

On estime que 37 % de la population libanaise était confrontée à une insécurité alimentaire aiguë en 2022. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a aidé 2 millions de résidents libanais et de réfugiés syriens dans le cadre de l’objectif de développement durable (ODD) 2, Faim zéro.

Grâce à des partenariats, le PAM a augmenté la valeur des transferts monétaires en avril 2022. Même si l’augmentation du pouvoir d’achat des populations n’a pas pu compenser la hausse des prix et la dépréciation de la monnaie, le programme a contribué à l’amélioration de la nutrition des écoliers. Le PAM a également contribué à la mise en œuvre de l’ESSN. Une analyse du PAM révèle qu’en raison du lancement de l’ESSN et du renforcement du Programme national de ciblage de la pauvreté (NPTP), « le nombre de ménages libanais recevant une assistance via les filets de sécurité sociale nationaux, avec des transferts monétaires mis en œuvre par le PAM, a quadruplé en 2022. par rapport à 2021. »

Le plan du PAM pour 2023 à 2025 est de renforcer la réponse du Liban à la crise, de fournir des filets de sécurité, de soutenir les programmes de réduction de la pauvreté et d’étendre les repas scolaires. Le programme vise également à travailler avec le gouvernement pour améliorer les services et la stratégie de protection sociale existants et parvenir à la sécurité alimentaire.

Facilité de financement du Liban

Créée peu après l’explosion, la Facilité de Financement du Liban (LFF) « constitue un moyen important de mettre en commun les ressources des subventions et de renforcer la cohérence et la coordination du financement ». Son objectif est de provoquer une reprise socio-économique et commerciale et de préparer les réformes du secteur social.

Le fonds fiduciaire, créé par la Banque mondiale, suit le Cadre de réforme, de redressement et de reconstruction (3RF), qui répond aux besoins immédiats du Liban. Le 3RF décrit les actions qui nécessitent une priorité pour soutenir le redressement et la reconstruction au Liban.

En 2023, le LFF prévoit de continuer à soutenir les priorités du 3RF. Il offrira une assistance à la fois financière et technique pour faciliter la mise en œuvre des priorités définies par les groupes de travail sectoriels et supervisées par les représentants du gouvernement. En outre, les discussions se poursuivront et les institutions étatiques présenteront leurs propositions et défis en matière de réduction de la pauvreté au Liban.

ONU-Habitat

Mandaté par l’Assemblée générale des Nations Unies, le Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) aide à créer des villes socialement et écologiquement durables. L’organisation travaille avec des partenaires et opère dans plus de 90 pays pour apporter des changements positifs dans les villes et les établissements humains.

Entre 2019 et 2022, ONU-Habitat a grandement aidé le Liban. Le programme a amélioré les raccordements à l’eau et à l’électricité de 164 façades de bâtiments et réhabilité les rues voisines. Il a également restauré cinq centres de santé publics communautaires, réparé 125 logements individuels, réhabilité 44 bâtiments résidentiels complets, fourni une aide au loyer à 816 ménages et évalué les dommages causés à 113 écoles. ONU-Habitat collaborera avec d’autres municipalités pour continuer à améliorer la vie des habitants du Liban.

Que réserve l’avenir?

La réduction de la pauvreté au Liban ne sera pas facile. À court terme, le Liban « doit adopter et mettre en œuvre une stratégie de stabilité macrofinancière crédible, globale et coordonnée dans un cadre macrobudgétaire à moyen terme ». Cette stratégie devrait parvenir à la viabilité de la dette, reconstruire le secteur financier, introduire un nouveau cadre monétaire qui redonne confiance à la population dans sa stabilité, ajuster la politique budgétaire, renforcer les réformes et améliorer la protection sociale. À long terme, le Liban doit bâtir de meilleures institutions, notamment en matière de gouvernance et de secteur des affaires.

En l’absence d’un bon système bancaire et de réserves de change, l’aide internationale et l’assistance des organisations restent nécessaires.

– Mariam Jawhar

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