
Selon le Organisation mondiale de la santé (OMS), en 2017, l’incidence des maladies mentales a augmenté de 13 % dans le monde. Avec la pandémie de COVID-19, à partir de 2020, l’anxiété et la dépression ont augmenté de 25 %. Une grande partie du fardeau de la maladie mentale est encore concentrée dans les pays en développement à faible revenu. Voici quelques informations sur certains des problèmes ayant une incidence sur le diagnostic des troubles mentaux chez les populations à faible revenu et sur ce qui peut être fait pour fournir des soins égaux.
Santé mentale dans les pays en développement
Il existe une forte association entre la pauvreté et la maladie mentale. Un SSE inférieur est associé à un risque plus élevé de diagnostic de trouble mental. La pauvreté peut entraîner une mauvaise santé physique, souvent associée à des troubles mentaux. Ces problèmes de santé entraînent des dépenses de traitement plus élevées, ce qui alimente le cycle de la pauvreté. De telles dynamiques sont particulièrement prononcées dans les pays en développement où des facteurs tels que les guerres et les catastrophes naturelles exacerbent les conséquences négatives. Les rapports de l’OMS qu’une personne sur cinq touchée par un conflit développera des conditions telles que l’anxiété, la dépression et le trouble de stress post-traumatique.
Recevoir un diagnostic
Les pays en développement sont confrontés à divers obstacles au diagnostic de santé mentale. De nombreuses personnes ne peuvent pas recevoir de diagnostic en raison de soins de santé indisponibles ou inabordables. Des pays comme l’Afghanistan et le Ghana ne comptent respectivement que 0,296 et 0,065 psychologues pour 100 000 habitants. Lorsque les gens parviennent à trouver un praticien, ils ne pourront peut-être pas se permettre de payer leurs services. Un rapport 2019 de la Banque mondiale a déclaré que les populations des pays en développement dépensaient de leur poche 500 milliards de dollars en soins de santé.
Alors que les taux de maladie mentale dans les pays en développement sont déjà élevés, le manque d’accès aux soins de santé soulève la question de savoir si ces statistiques sont exactes ou si certains passent entre les mailles du filet sans être diagnostiqués.
Erreur de diagnostic
Lorsque les habitants de ces régions parviennent à recevoir un diagnostic, il se peut qu’ils ne reçoivent pas le diagnostic le plus précis. Une étude menée dans six pays à revenu faible et intermédiaire en Afrique et en Asie du Sud ont signalé une formation médiocre des professionnels de la santé mentale et une connaissance insuffisante des problèmes de santé mentale. Sans une bonne compréhension de la complexité de la santé mentale, les prestataires peuvent commettre des erreurs aux conséquences graves. Il est prouvé que les minorités raciales et ethniques, qui sont touchées de manière disproportionnée par la pauvreté, sont également plus susceptibles de recevoir un diagnostic incorrect de trouble mental. Cela peut être dû en partie à des préjugés et à de la discrimination.
Un autre facteur ayant une incidence sur le diagnostic est la culture. Les manuels de diagnostic ont tendance à être rédigés dans une perspective occidentale qui ne s’applique pas toujours aux autres cultures. Par exemple, les patients peuvent varier dans les types de symptômes qu’ils présentent. Patients asiatiques sont plus susceptibles de signaler des symptômes physiques que les émotions. Le contexte culturel peut également empêcher les personnes de rechercher un traitement. Les médecins doivent garder ces différences culturelles à l’esprit pour garantir qu’un diagnostic précis de trouble mental soit posé.
Stigmatisation entourant le diagnostic
La stigmatisation entourant les troubles mentaux est répandue dans toutes les cultures. Dans certains pays, la santé mentale est rarement abordée ouvertement et est traitée comme un sujet tabou. Au Ghana, par exemple, les personnes souffrant de maladies mentales sont isolés. Ils peuvent décider de ne pas se faire soigner ou d’exprimer leurs sentiments par honte. Les personnes déjà diagnostiquées sont souvent confrontées à des stéréotypes néfastes et à l’ostracisme social.
La stigmatisation découle de divers facteurs, mais le manque de connaissances en matière de santé mentale est l’un des principaux facteurs qui y contribuent. Cela inclut à la fois la recherche universitaire sur la santé mentale et les connaissances largement répandues auprès du grand public. Les pays en développement ont tendance à prendre du retard dans recherche en santé mentale. Il a été démontré que l’amélioration des efforts d’éducation pour accroître la sensibilisation à la santé mentale est efficace pour réduire la stigmatisation du public.
Un avenir meilleur
Bien que le diagnostic des troubles mentaux soulève de nombreux problèmes, certaines mesures peuvent être prises pour améliorer la situation. Fondation Huesofthemind pour le bien-être (HOTM) est une organisation à but non lucratif qui sensibilise à la santé mentale. Fondée en Inde, HOTM est membre du SDSN Youth des Nations Unies. L’organisation brise la stigmatisation liée à la santé mentale en proposant des ateliers et en menant des campagnes de sensibilisation. Les sujets vont du stress éducatif et de l’épuisement professionnel à la danse-thérapie. L’organisation présente sur son site Web des listes de professionnels de la santé mentale disponibles pour fournir une thérapie en ligne. Pour ceux qui n’ont pas les moyens de se permettre une aide professionnelle, HOTM propose des ressources gratuites pour en apprendre davantage sur les troubles mentaux et partager des histoires personnelles afin de se connecter avec les autres. Les ressources en ligne gratuites sont un outil précieux, tant pour les personnes nouvellement diagnostiquées que pour celles qui sont plus avancées dans leur parcours de santé mentale.
La santé mentale fait partie intégrante du bien-être général. Pour beaucoup, un diagnostic de trouble mental peut être la première étape vers l’amélioration de leur santé. Améliorer l’accès à des soins de santé mentale et à une éducation de qualité garantit un avenir meilleur pour tous.
– Yesenia Aguilera
Photo : Flickr
*