Selon l’indice national de pauvreté multidimensionnelle (MPI) 2023 du NITI Aayog, 14,96 % de la population indienne vit dans une pauvreté multidimensionnelle. Cependant, comme dans le reste du monde, il existe une intersectionnalité entre le genre et la pauvreté en Inde. En particulier, les femmes sont les plus susceptibles de connaître la pauvreté et la pauvreté les frappe le plus durement. SwaTaleem est une organisation à but non lucratif basée en Inde qui reconnaît cette intersectionnalité et œuvre pour élever et autonomiser les filles et les femmes en Inde.
Impact de la pauvreté selon le genre
Dans les années 1980, les féministes ont analysé cette intersectionnalité entre pauvreté et genre et sont arrivées à la conclusion que la pauvreté affectait davantage les femmes que les hommes et que les femmes souffraient davantage que leurs homologues masculins. Ce phénomène et cette compréhension sont désormais connus sous le nom de « féminisation de la pauvreté » – une vérité mondiale. Selon les projections d’ONU Femmes, du PNUD et du Pardee Center for International Futures de février 2022, environ 388 millions de femmes et de filles vivaient dans l’extrême pauvreté dans le monde, contre 372 millions d’hommes et de garçons. Cet écart entre les sexes n’a fait que se creuser depuis la pandémie de COVID-19, en particulier dans les pays en développement comme l’Inde.
Lorsqu’on l’examine, il existe de nombreuses raisons pour lesquelles cela pourrait être le cas. Selon un article de 1995 rédigé par Kathryn King dans Tulsa Studies in Women’s Literature, Vol. 14, n° 1, intitulé « Des aiguilles, des stylos et du travail des femmes », d’autres ont traditionnellement limité les femmes à la sphère privée de la société et cela reste largement vrai dans les zones rurales et sous-rurales de l’Inde.
Le meurtre de la fillette après la naissance (infanticide) ou même avant la naissance (fœticide) est courant dans de nombreux ménages urbains et ruraux, et si ce n’est pas le cas, ils sont victimes de négligence et d’exploitation avec un préjugé notable envers l’enfant mâle de la famille. . Même dans les zones urbaines, des problèmes tels que la double charge (c’est-à-dire que les femmes doivent assumer la responsabilité à la fois de s’occuper du ménage et des enfants et du travail) et l’écart salarial entre les sexes prédominent. De plus, une grande partie du travail effectué par les femmes au sein du ménage relève de la catégorie du travail non rémunéré (et non reconnu).
Éducation pour les filles pauvres
Selon les données, plus de 53 millions de filles en Inde, âgées de 12 à 18 ans, appartiennent à des communautés défavorisées. Même si la scolarisation des filles en Inde a augmenté et est passée de 10,7 à 28,1 millions entre 2000 et 2014, les filles continuent d’abandonner l’école à des taux plus élevés que les garçons et nombre d’entre elles sont victimes de mariages d’enfants (bien que cela soit illégal). Selon les données publiées par l’UNFPA en 2021, il y a 102 millions de filles mariées en Inde. Ces tendances soulignent la nécessité pour les organisations de niche et les ONG comme SwaTaleem d’entrer dans cet espace d’intersectionnalité entre genre et pauvreté en Inde, et de répondre aux préoccupations qui restent largement ignorées par les initiatives traditionnelles.
Les efforts de SwaTaleem
SwaTaleem est une organisation à but non lucratif basée à New Delhi qui a vu le jour en 2015 et qui utilise une approche participative basée sur un système pour aborder l’intersectionnalité du genre et de la pauvreté en Inde, en aidant ceux qui vivent dans cette intersectionnalité. L’organisation vise à briser le cycle de l’oppression en aidant les filles issues de milieux socio-économiques défavorisés et des zones rurales et tribales à accéder à une éducation de haute qualité et à des compétences de base, à surmonter les barrières linguistiques et à atteindre la liberté financière.
SwaTaleem travaille principalement avec Kasturba Gandhi Balika Vidyalayas (écoles KGBV), qui sont des écoles secondaires résidentielles pour filles gérées par le gouvernement indien depuis 2004 pour fournir et garantir une éducation de qualité aux filles appartenant aux couches défavorisées en Inde. Sa méthodologie consiste à travailler avec des regroupements d’écoles grâce à des efforts de collaboration et à utiliser la technologie IVRS (Interactive Voice Response Service) de faible technologie pour permettre une approche engageante et participative de l’éducation.
Grâce à ses efforts constants, l’ONG mène plusieurs programmes en cours, notamment :
- Programme d’engagement des filles qui se déroule en mode hybride.
- Programme de développement professionnel des enseignants qui comprend à la fois une composante numérique et une composante sur le terrain.
- Programme d’engagement des parents où les parents participent à l’éducation de leurs filles par le biais de points de contact réguliers.
- Programme Women Leaders qui vise la transformation sociale en recrutant et en créant des femmes locales en tant que leaders pour le travail communautaire tout en générant des opportunités d’emploi.
- Programme d’engagement des représentants du gouvernement dans le cadre duquel l’organisation engage les représentants du gouvernement dans le processus et remet en question les hiérarchies systémiques.
L’impact de SwaTaleem
Grâce à son travail au cours des huit dernières années, SwaTaleem a influencé positivement la vie de millions de filles et de femmes. L’organisation y est parvenue grâce à son programme IVRS, en passant près de 100 000 appels par an et en diffusant plus de 10 600 heures de contenu éducatif. De plus, dans le cadre de son initiative d’engagement des parents, il a effectué près de 3 700 appels. Bien que la portée de SwaTaleem s’étende à pratiquement toutes les filles en Inde, son impact plus large sur la communauté est remarquable. Ce succès témoigne de l’adage selon lequel « petit à petit, un peu devient beaucoup ».
– Manasvi Kadian
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