Réduction de la pauvreté et véhicules électriques en Éthiopie

Véhicules électriques en ÉthiopieLe 29 janvier 2024, Alemu Sime, ministre éthiopien des Transports et de la Logistique, a annoncé la nouvelle politique de son gouvernement en matière de véhicules électriques (VE) et de véhicules à moteur à combustion interne (ICE). Cette politique, la première du genre au monde, interdit l'importation des véhicules ICE à moteur diesel et essence tout en réduisant considérablement les droits d'importation sur les véhicules électriques. Les droits d'importation sur les véhicules électriques terminés ont été réduits à 15 %, à 5 % pour les véhicules semi-assemblés et à 0 % pour les véhicules expédiés en pièces détachées et assemblés localement.

Plusieurs acteurs mondiaux bénéficient actuellement de la nouvelle politique EV. Par exemple, les fabricants internationaux de véhicules électriques ont connu une croissance substantielle du marché en Afrique subsaharienne. La Toyota bZ4x EV est devenue de plus en plus populaire en Éthiopie depuis 2024, tout comme la gamme Mercedes-Benz EQ.

L'impact de cette politique sur l'environnement ne peut être sous-estimé. Ethiopie vise à accueillir 60 usines de fabrication de véhicules électriques d’ici 2030 et disposer de 500 000 véhicules électriques sur les routes d’ici 2032 ; ces deux objectifs conduiront à une réduction significative et durable des émissions d'hydrocarbures de l'État. Cette politique, tout en contribuant à la protection de l’environnement et à la croissance des conglomérats internationaux, devrait également contribuer à la réduction de la pauvreté en Éthiopie par trois voies distinctes.

Redistribution des coûts d'importation

La nouvelle politique relative aux véhicules électriques libérera d’importantes ressources gouvernementales, qu’il pourra investir dans les infrastructures vitales et les services sociaux. Avant d'adopter le projet de loi sur les véhicules électriques, le gouvernement éthiopien a dépensé environ 7,6 milliards de dollars il importe chaque année des combustibles fossiles, soit environ 5 % de son PIB. Cela a conduit à l’accumulation de milliards de dollars de dette internationale.

L’Éthiopie a fait défaut sur ses obligations souveraines en 2023 et a reçu un plan de sauvetage du Fonds monétaire international (FMI) en 2024. Sans l’énorme pression financière imposée par le coût de l’importation des combustibles fossiles, le gouvernement éthiopien disposera de davantage de capitaux à investir dans l’éducation, les soins de santé et les infrastructures.

Environ 55 % des enfants en Éthiopie terminer l'école primaire. Un investissement accru dans l’éducation pourrait encourager la fréquentation scolaire en subventionnant les fournitures de papeterie, les uniformes et les repas scolaires. Un meilleur accès à l’éducation en Éthiopie fournirait une base stable pour le développement économique des communautés traditionnellement défavorisées, contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté.

Création d'emplois

La nouvelle politique relative aux véhicules électriques, grâce à la construction d’usines de fabrication de véhicules électriques, devrait créer des milliers de nouveaux emplois. Les droits d'importation échelonnés de cette politique favorisent l'assemblage de véhicules électriques en Éthiopie par rapport aux importations de véhicules traditionnels. En conséquence, de nombreuses nouvelles usines de fabrication sont actuellement en construction en Éthiopie. Dix-sept sont actuellement opérationnels.</span>

Le marché du travail éthiopien est stable ; le chômage est assis à seulement 3,9%. Cependant, l’industrie croissante des véhicules électriques offrira aux travailleurs traditionnellement employés dans l’agriculture la possibilité de gagner des salaires plus élevés et moins dépendants des saisons dans des emplois manufacturiers qualifiés du secteur secondaire. Cela contribuera à la réduction de la pauvreté grâce à une plus grande stabilité des salaires.

Distribution de véhicules

En Éthiopie, la possession de véhicules est traditionnellement concentrée à Addis-Abeba. Les voitures sont un luxe rare dans ce pays subsaharien, avec seulement 13 voitures pour 1 000 habitants. L’augmentation de la production automobile locale devrait faire baisser les prix des véhicules en compensant les droits d’importation et autres coûts.

Des voitures moins chères démocratiseront l'accès, permettant à une plus grande proportion de la population éthiopienne de se déplacer. Ces activités encourageront le développement économique dans des zones traditionnellement dépourvues de liaisons de transport solides, telles que les zones rurales défavorisées, contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté. Dans l'ensemble, la nouvelle politique éthiopienne en matière de véhicules électriques devrait contribuer à réduire la pauvreté locale.

Il y parviendra en libérant des ressources gouvernementales pour les réinvestir dans les infrastructures sociales, en créant des emplois dans le secteur secondaire et en démocratisant la possession de véhicules. Les grandes entreprises et les États, tout en bénéficiant également de cette politique, ne sont pas les seuls acteurs à bénéficier des véhicules électriques en Éthiopie.

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