Le sans-abrisme à Wallis et Futuna : un problème caché

Sans-abri à Wallis et FutunaLe sans-abrisme à Wallis et Futuna ne correspond pas à l’image typique des personnes dormant sur les trottoirs des villes. Au lieu de cela, cela ressemble à des situations dans des endroits comme Fidji, qui se manifestent par l'insécurité du logement et le surpeuplement qui affectent discrètement la vie des résidents. Face à la montée des risques climatiques et aux prix élevés des biens, les familles s’appuient de plus en plus sur des systèmes de soutien informels et des programmes soutenus par la France pour conserver leur logement.

Logement et pauvreté dans un territoire éloigné

Wallis et Futuna est un territoire français d'outre-mer comptant une population d'environ 11 140 habitants répartis sur les îles de Wallis, Futuna et Alofi. En tant que collectivité française, elle bénéficie d'une protection sociale, de soins de santé publics gratuits et de liens avec le système de protection sociale français. Malgré cela, son isolement géographique et son petit marché limitent les opportunités d’emploi stables.

Les autorités ont mené leur dernier recensement de la population et des logements à Wallis et Futuna en 2023. Cependant, le recensement de 2018 a recensé le plus récemment tous les ménages et résidences communautaires, y compris les internats et les maisons de retraite. Ce recensement a suivi les conditions de vie des résidents et le parc de logements. Bien que les agences/fonctionnaires n'aient pas largement publié de chiffres détaillés sur le sans-abrisme à Wallis et Futuna, le cadre de recensement a indiqué que les autorités se sont concentrées sur des questions telles que la surpopulation, les logements partagés et les résidents vulnérables plutôt que sur le pourcentage de personnes vivant dans la rue.

Quand l’itinérance signifie un logement inadéquat

Avec environ 21 % des habitants de Wallis-et-Futuna vivant en dessous du seuil de pauvreté en matière de logement en 2020, ce phénomène de sans-abri « caché » se caractérise par des résidents vivant dans des conditions de surpeuplement, des logements insalubres et des modes d'occupation précaires plutôt que par des personnes dormant dehors. Les personnes issues de milieux à faibles revenus vivent dans des établissements informels et semi-formels qui ne répondent pas aux normes de base en matière d’accès à l’eau potable, d’assainissement et de qualité structurelle.

Ces problématiques ne sont pas nouvelles à Wallis et Futuna. Le territoire possède des terres limitées, est vulnérable aux tempêtes tropicales et dépend d’une petite économie dépendante de l’aide. Par conséquent, ceux qui n’ont pas de logement stable vivent souvent avec des familles élargies, se déplacent fréquemment entre les îles ou s’appuient sur les réseaux religieux et communautaires. Ces circonstances correspondent aux définitions internationales plus larges de l’insécurité du logement et du sans-abrisme caché.

Systèmes de soutien et connexions politiques françaises

Les systèmes publics français jouent un rôle important dans la prévention du sans-abrisme extrême à Wallis et Futuna. Le gouvernement français finance un système de santé publique gratuit et facilement accessible aux résidents. Les médecins et les autorités peuvent évacuer rapidement les personnes atteintes de cas graves vers des hôpitaux partenaires à Paris dans le cadre d'un accord avec l'assurance maladie nationale française, garantissant que les résidents de Wallis et Futuna bénéficient d'une affiliation immédiate à la sécurité sociale.

Par ailleurs, le territoire bénéficie de programmes soutenus par la France comme le plan « Logement d'abord ». Cette initiative favorise un accès rapide à un logement stable pour les personnes vivant dans des conditions précaires et vise à réduire le recours aux refuges d'urgence. Bien que la France ait conçu ce plan principalement pour le continent, ses principes prévoient un financement et un soutien technique qui peuvent atteindre les territoires français d'outre-mer, notamment Wallis et Futuna, où les services sociaux relèvent du droit français. Entre 2017 et 2022, la stratégie française Logement d'abord a permis à environ 440 000 personnes d'accéder (ou de maintenir) un logement stable, ce qui montre des résultats mesurables derrière le modèle.

Climat, projets de développement et risques futurs importants

Les pressions environnementales et le nombre limité de terres accélèrent l’insécurité du logement à Wallis et Futuna. L'élévation du niveau de la mer, l'érosion côtière et les tempêtes intenses détruisent les habitations et les propriétés foncières traditionnelles. Cela pousse les individus et les familles vers des logements temporaires ou vers les maisons surpeuplées de parents lorsque leurs propres logements deviennent inadaptés.

L’Union européenne, par le biais de sa coopération avec les territoires du Pacifique Sud, a tenté de faire face à ces risques. Entre 2018 et 2024, le programme PROTEGE a été mis en œuvre par la Communauté du Pacifique et la Secrétariat du Programme régional pour l'environnement du Pacifique (SPREP) a soutenu Wallis et Futuna dans la protection des ressources en eau potable, la promotion de pratiques agroécologiques et la sauvegarde de la biodiversité à travers des actions concrètes telles que la protection des captages d'eau et le contrôle des espèces envahissantes. Ces mesures contribuent à améliorer les moyens de subsistance en milieu rural et à réduire le risque de chocs environnementaux entraînant des déplacements. Depuis août 2020, le programme « Green Overseas » (programme GO) de l'UE porté par Expertise France accompagne le territoire à travers le dispositif GO, qui apporte une assistance technique et des financements pour développer des solutions d'éco-construction et d'efficacité énergétique.

Solutions et approches communautaires

Les programmes de logement du Pacifique démontrent que la combinaison d’infrastructures de base, de sécurité d’occupation et de participation communautaire permet de remédier efficacement au problème du logement inadéquat. En tirant parti des réseaux villageois, des communautés ecclésiales et des systèmes traditionnels, il peut créer des logements résilients et une éco-construction avec le soutien de la France et de l’UE. Cela contribue à réduire le sans-abrisme caché à Wallis et Futuna et à protéger ses résidents les plus vulnérables.

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