Pauvreté dans la région du Sahel : négligence rurale contre préjugés urbains

La pauvreté dans la région du SahelL'OMS a décrit la bande du centre-nord de l'Afrique située au-dessous du désert du Sahara, connue sous le nom de région du Sahel, comme une crise humanitaire en raison de facteurs tels que la pauvreté, l’instabilité et les conflits armés. La pauvreté dans la région du Sahel n’est pas uniquement façonnée par ces circonstances. Elle est également influencée par un modèle politique persistant connu sous le nom de biais urbain, dans lequel les villes reçoivent des investissements disproportionnés tandis que les zones rurales sont systématiquement négligées.

La pauvreté étant plus visible et politiquement concentrée dans les villes, les dépenses publiques, l’aide humanitaire et les projets d’infrastructure ont tendance à donner la priorité aux zones urbaines. En conséquence, les régions rurales comme le Sahel bénéficient de moins d’établissements de santé, de réseaux de transport plus faibles et d’un accès à l’énergie moins fiable, bien qu’elles soient confrontées à des niveaux de besoins égaux ou supérieurs.

Malnutrition et épidémies au Sahel

Le Nigeria, un pays du Sahel, compte l’un des pourcentages les plus élevés de résidents vivant dans l’extrême pauvreté. De plus, son climat aride le rend plus susceptible de connaître la sécheresse. Cette réalité rend la région vulnérable aux pénuries alimentaires.

Dans le contexte, près d'un million d'enfants dans la région du Sahel les moins de 5 ans souffrent de malnutrition extrême. L’espérance de vie moyenne dans la région du Sahel est environ 20 ans plus courte que celle d’un Suisse. Outre la malnutrition, la région du Sahel est également particulièrement vulnérable aux épidémies et aux épidémies.

Par exemple, plus de 110 000 personnes ont été enregistrées cas de choléra dans la région en 2021, contre deux aux États-Unis la même année. Ces résultats en matière de nutrition et de santé ne sont pas uniquement le résultat du climat ou de la géographie. Les préjugés urbains limitent l’accès des zones rurales aux systèmes d’eau potable, aux soins de santé préventifs et à la surveillance rapide des maladies, permettant ainsi à des crises sanitaires autrement évitables de s’intensifier au Sahel.

Logistique

Les défis logistiques au Sahel, tels que le transport de nourriture, de fournitures médicales, de personnel et d’autres ressources, sont souvent traités comme des obstacles naturels mais découlent généralement de décennies de décisions d’investissement biaisées en faveur des zones urbaines. Les réseaux routiers limités, les chaînes d’approvisionnement sous-développées et la faiblesse des systèmes de transport rural sont le résultat de la priorité accordée aux villes plutôt qu’à la connectivité rurale. Pour trouver des solutions permettant de réduire la pauvreté dans la région du Sahel, il faut des mesures permettant le transport à travers cette vaste zone aride.

Le Programme de Protection Sociale Adaptative du Sahel

Le Programme de protection sociale adaptative au Sahel (SASPP) est un fonds fiduciaire multidonateurs créé par la Banque mondiale en 2014. Il a été créé en réponse à plusieurs problèmes auxquels est confrontée la région du Sahel. Il travaille avec des institutions et des groupes pour renforcer les programmes sociaux dans la région.

Le programme fournit une assistance technique, un renforcement des capacités et un soutien financier pour des interventions pilotes dans six pays sahéliens. Depuis son lancement, le projet a alloué plus de 270 millions de dollars à des projets d'investissement, renforçant ainsi Protection sociale adaptative (ASP) dans la région. Les systèmes ASP sont des programmes sociaux qui contribuent à renforcer la résilience des ménages pauvres.

Pour ce faire, ils investissent dans leur capacité à anticiper, à réagir et à se relever de crises telles que les chocs climatiques ou les ralentissements économiques, en veillant à ne pas sombrer davantage dans la pauvreté.

Mot de clôture

Si l’accès à des transports peu coûteux, voire gratuits, se développait, les habitants du Sahel pourraient utiliser ces ressources beaucoup plus librement. En élargissant l’accès à la technologie, les possibilités pourraient être infinies. La technologie actuelle évolue de telle manière qu’elle pourrait aider à lutter contre tous les facteurs déterminants de l’extrême pauvreté dans un avenir pas trop lointain.

La réorientation des ressources vers les infrastructures et les services ruraux constitue l’une des voies les plus réalistes pour réduire l’extrême pauvreté dans la région.

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