Dans de nombreux pays en développement, la corruption constitue un obstacle majeur au développement social, à l’expansion économique et à une gouvernance efficace. La corruption dans ces pays peut se produire de plusieurs manières, y compris les pots-de-vin, le détournement de fonds, le népotisme et la fraude. La faiblesse des systèmes juridiques, la mauvaise gouvernance, le manque de transparence et la pauvreté sont quelques-uns des principaux facteurs qui contribuent à la corruption dans les pays en développement. Selon les Nations Unies, la corruption coûte au monde plus de 2,6 billions de dollars par an, ce qui sape davantage les efforts de réduction de la pauvreté.
L’une des conséquences de la corruption est qu’elle peut détourner des ressources d’importantes initiatives sociales, telles que les soins de santé et les programmes d’éducation. De plus, la corruption peut empêcher les investissements étrangers et restreindre l’accès d’un pays à l’aide et au soutien internationaux.
Lutter contre la corruption
L’Office des Nations Unies contre la drogue (ONUDC) affirme que la lutte contre la corruption dans les pays en développement nécessite une approche globale qui comprend le renforcement des cadres juridiques et institutionnels, la promotion de la transparence et de la responsabilité et l’encouragement de la participation des citoyens. Les gouvernements peuvent y parvenir en prenant des mesures pour renforcer la législation et la réglementation anti-corruption, en augmentant la responsabilité dans le secteur public et en donnant aux organisations de la société civile et aux médias plus de pouvoir pour observer les opérations gouvernementales.
Les organisations internationales ont créé des conventions et des accords anti-corruption qui encouragent les pays à lutter contre la corruption. Par exemple, l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) cherche à résoudre les principaux problèmes de gouvernance et à assurer la transparence dans les secteurs extractifs tels que le pétrole, le gaz et les ressources minérales.
Luttes continues contre la corruption
Selon l’indice de perception de la corruption (IPC) 2022 de Transparency International, qui mesure les perceptions de la corruption dans le secteur public de 180 pays et territoires, de nombreux pays en développement continuent de lutter contre la corruption. L’IPC utilise une échelle de zéro (extrêmement corrompu) à 100 (extrêmement propre) pour mesurer cela.
« La moyenne mondiale reste inchangée depuis plus d’une décennie à seulement 43 sur 100 » sur l’échelle de l’IPC. De plus, 26 nations ont désormais les scores les plus bas jamais notés et plus de 66% des nations ont reçu des notes inférieures à 50. Dans le monde, 155 nations ont à peine progressé dans la réduction de la corruption ou ont connu une détérioration depuis 2012 malgré des efforts soutenus. L’IPC 2022 montre donc que la plupart des pays ne parviennent pas à réduire la corruption.
Efforts de lutte contre la corruption
Les organisations de la société civile et les médias jouent un rôle important dans la dénonciation de la corruption et la responsabilisation des responsables gouvernementaux. De nombreux pays se sont efforcés de renforcer l’engagement de la société civile et des médias dans les efforts de lutte contre la corruption.
L’aide et le soutien internationaux peuvent aider les pays à renforcer leurs capacités de lutte contre la corruption en fournissant une assistance technique, une formation et un soutien financier.
Il existe de nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) qui luttent activement contre la corruption dans les pays en développement :
- Transparence Internationale: Transparency International est une organisation non gouvernementale qui se concentre sur la lutte contre la corruption et la promotion de la transparence au sein du gouvernement et des entreprises à l’échelle internationale. Il a commencé son parcours en 1993 avec un secrétariat à Berlin, en Allemagne. L’organisation s’efforce de sensibiliser aux effets négatifs de la corruption sur la société, de promouvoir la responsabilité et l’intégrité et de plaider en faveur de réformes et de politiques qui favoriseront la transparence et la bonne gouvernance.
- Le laboratoire de responsabilité : Le laboratoire de responsabilité se concentre sur la création de réseaux d’acteurs du changement qui travaillent à promouvoir la responsabilité et la bonne gouvernance dans leurs communautés. L’organisation offre de la formation, du mentorat et des ressources à ces personnes pour les aider à développer leurs compétences et à mettre en œuvre efficacement de tels projets.
- Le Centre international pour le droit des organisations à but non lucratif (ICNL): L’ICNL soutient les gouvernements et les organisations de la société civile pour promouvoir la bonne gouvernance, améliorer la transparence et établir des cadres juridiques. Il fournit des conseils juridiques et un soutien technique. L’ICNL soutient le développement et la mise en œuvre de lois et de politiques qui permettraient à la société civile de prospérer.
Donner la priorité aux efforts de lutte contre la corruption
La corruption demeure un défi important dans de nombreux pays en développement et constitue un obstacle majeur à la croissance économique, au développement social et à la bonne gouvernance. Elle continue de saper la confiance du public dans les institutions gouvernementales tout en perpétuant la pauvreté et les inégalités. Compte tenu des liens entre la pauvreté et la corruption, les initiatives de lutte contre la corruption conçues pour résoudre les problèmes de croissance économique, d’inégalité des revenus, de capacité de gouvernance, de services gouvernementaux dans le domaine de la santé et de l’éducation et de la confiance du public dans le gouvernement sont susceptibles de réduire la corruption en même temps que la pauvreté.
– Lauryn Defreitas
Photo : Flickr
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