L’histoire de Nunzia est l’histoire d’une héroïne et, comme tout héros, son histoire commence par un voyage.
Originaire du Venezuela, Nunzia a immigré avec sa fille de 20 ans à Cali, en Colombie, où l’attendaient ses deux autres enfants et de nombreux espoirs de progrès. Derrière elle, elle a quitté son pays et sa famille – un processus difficile pour tout immigrant. Cependant, tous les bons sentiments ressentis à l’arrivée se sont transformés en malheurs et en obstacles.
Normalement, lorsqu’une personne émigre de son pays d’origine, c’est pour améliorer sa situation personnelle et économique. Nunzia quittait derrière elle un pays avec l’un des taux de pauvreté les plus élevés d’Amérique du Sud. Mais lorsqu’elle est arrivée en Colombie, sa situation était encore pire. Elle ne parvenait pas à trouver du travail ni un logement et devait passer ses journées dans la rue. De telles circonstances ont commencé à affecter la santé mentale de sa fille.
Cette situation l’a incitée à contacter le Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour la première fois. Cette organisation a non seulement aidé sa fille à retrouver son bien-être émotionnel grâce à son service de soins de santé par télémédecine, mais elle lui a également fourni une carte garantissant son séjour dans le pays.
Action pour obtenir la réaction
Nunzia a rencontré d’autres compatriotes dans des circonstances similaires, qui lui ont fait connaître le Réseau de santé communautaire (CHN). Cette organisation fournit des orientations et des instructions pour permettre à ses compatriotes vénézuéliens d’obtenir les soins médicaux nécessaires et de prendre des mesures proactives pour protéger leur santé et leur bien-être. Là, elle a commencé à collaborer et à aider les mineurs, les immigrants et les réfugiés, pour finalement diriger une branche de l’organisation appelée Liderando Esperanzas (Conduire les espoirs). La mission : améliorer la santé mentale des personnes vulnérables en Colombie.
En tant que membre du réseau Liderando Esperanzas à Cali, Nunzia a trouvé une communauté de soutien qui l’a aidée à s’intégrer dans la société colombienne. Elle a acquis des compétences en matière de soins de santé pour soutenir d’autres personnes dans des situations similaires et la communauté dans son ensemble, et est devenue l’une des 700 dirigeantes du CHN qui travaillent dans 18 départements du pays. Ils mènent des activités sur la santé mentale, dissipant les mythes et mettant l’accent sur les stratégies communautaires comme la Journée mondiale de prévention du suicide, qui a impliqué 6 000 participants dans 18 départements de Colombie.
Concernant les données
Il est très important de souligner la sensibilisation à la santé mentale en Colombie. L’Enquête nationale sur la santé mentale de 2015 (NMHS-2015) a mis en lumière la prévalence des troubles de santé mentale chez les adolescents en Colombie. Parmi les personnes âgées de 12 à 17 ans, 7,2 % ont déclaré avoir souffert d’une forme de trouble de santé mentale à un moment donné de leur vie.
Plus alarmant encore, le questionnaire d’auto-évaluation (SRQ) ont montré que 12,2% des adolescents présentaient des symptômes de dépression ou d’anxiété. Après la pandémie de COVID-19 de 2019, ces problèmes se sont aggravés en raison du conflit armé en Colombie. Ainsi, améliorer la santé mentale des personnes vulnérables en Colombie est plus important que jamais.
Ces statistiques nous rappellent brutalement le besoin urgent d’un soutien solide en matière de santé mentale et d’interventions spécifiquement adaptées à ce groupe démographique vulnérable. Cela souligne l’impératif pour la société de donner la priorité aux initiatives en matière de santé mentale, en garantissant que les jeunes reçoivent les soins et les ressources dont ils ont besoin pour relever les défis auxquels ils sont confrontés.
Des cas comme celui de Nunzia et de l’organisation Liderando Esperanzas montrent l’importance non seulement de la sensibilisation à la santé mentale, mais aussi de l’aide à ceux qui ont moins de ressources. Il est important de sensibiliser à cette question non seulement les citoyens, mais aussi les institutions et organisations publiques qui peuvent consacrer des ressources à aider la population en améliorant la santé mentale des personnes vulnérables en Colombie.
– Christian Teruel
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