Combattre le mariage des enfants au Bhoutan

Mariage d'enfants au BhoutanLe mariage des enfants reste un préoccupation pressante au Bhoutan, jetant une ombre sur la vie d’innombrables filles et perpétuant les cycles de pauvreté et d’inégalité. Malgré les efforts visant à lutter contre cette pratique néfaste, les normes culturelles, la pauvreté et les disparités entre les sexes continuent d’alimenter sa prévalence.

Statistiques sur les mariages d'enfants au Bhoutan

Selon un rapport Selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), 26 % des femmes âgées de 20 à 24 ans au Bhoutan ont été mariées avant l'âge de 18 ans, et 6 % d'entre elles se sont mariées avant l'âge de 15 ans. Ces chiffres se traduisent par plus de 79 000 épouses enfants au Bhoutan. pays, avec 1 jeune femme sur 4 mariée pendant son enfance. Particulièrement répandu dans des régions comme Samdrup Jongkhar, Dagana, Sarpang et Mongar, le mariage des enfants reste un problème social profondément enraciné.

Facteurs à l’origine du mariage des enfants

La pauvreté apparaît comme un facteur important du mariage des enfants, dans la mesure où les familles issues de milieux moins instruits et économiquement défavorisés ont souvent recours au mariage précoce de leurs filles. Le manque d’éducation des adolescentes aggrave le problème, puisque plus de 70 % des enfants mariés n’ont reçu qu’une éducation formelle minimale, voire inexistante. Même si les zones urbaines ont connu un déclin taux de mariage d'enfantsles régions rurales continuent de lutter contre cette pratique, perpétuée par des coutumes traditionnelles telles que les mariages entre cousins ​​croisés et les unions arrangées entre enfants.

Conséquences du mariage précoce

Les conséquences du mariage précoce sont désastreuses, notamment en ce qui concerne la santé, l'éducation et le bien-être général des filles. Il est choquant de constater que 90 % des femmes (mariées avant l’âge de 18 ans) âgées de 20 à 24 ans au Bhoutan ont accouché avant l’âge de 18 ou 20 ans, ce qui présente des risques importants pour la santé maternelle et néonatale.

De plus, le mariage précoce érige de formidables obstacles à l’accès à l’éducation et aux opportunités socio-économiques pour les jeunes femmes, renforçant ainsi les cycles de pauvreté et d’inégalité. Les filles mariées courent également un risque accru de violence domestique et de complications liées à la grossesse et sont plus susceptibles d'abandonner l'école, ce qui a de lourdes conséquences sur leurs perspectives d'avenir.

Initiatives pour lutter contre le mariage des enfants

Le Bhoutan a pris des mesures pour résoudre les problèmes de santé des adolescents et lutter contre le mariage des enfants grâce à des initiatives telles que le programme Youth Friendly Health Services. Le programme, actif de 2013 à 2018, visait à améliorer l’accès des jeunes aux soins de santé tout en décourageant les mariages précoces et en sensibilisant la communauté.

Les efforts déployés sur le terrain, soutenus par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), ont également permis à 20 communautés de s'engager publiquement à éradiquer les pratiques néfastes, notamment les mariages d'enfants, précoces et forcés. Conformément à ces efforts, la loi bhoutanaise sur le mariage de 2017 fixe l'âge légal du mariage à 18 ans pour les deux sexes, sans exception.

Par ailleurs, le Loi sur la garde et la protection de l'enfance (CCPA) considère le mariage ou l'activité sexuelle avec un enfant comme un viol légal. Cependant, l'application de ces lois reste insuffisante, en particulier dans les zones rurales reculées.

Appel à des stratégies globales

Cependant, il est impératif de reconnaître qu’un changement durable nécessite un engagement et une collaboration soutenus de la part de toutes les parties prenantes impliquées dans la résolution de cette question cruciale. Pour lutter efficacement contre le mariage des enfants, des efforts concertés sont nécessaires de la part du gouvernement, de la société civile et des entités internationales pour faire appliquer les lois existantes et s'attaquer aux facteurs sous-jacents tels que la pauvreté et la disparité entre les sexes.

En plaidant pour le changement à plusieurs niveaux, il est possible de créer un monde dans lequel chaque fille a la possibilité de réaliser son plein potentiel et de mener une vie digne et autonome.

– Sandeep Kaur

Sandeep est basé à Manchester, au Royaume-Uni et se concentre sur la santé mondiale et la politique pour le projet Borgen.

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