Fragilité et État de droit au Rwanda

Fragilité et État de droit au Rwanda Le La fragilité et l’état de droit au Rwanda sont récemment devenus des sujets de discussion. Cela fait suite à un arrêt de la Cour d’appel du Royaume-Uni, qui a jugé le Rwanda dangereux pour les réfugiés à destination du Royaume-Uni. De plus, on a parlé des récentes violences en RDC, certaines sources suggérant que l’actuel président du Rwanda, Paul Kagame, les a soutenues. Plusieurs facteurs contribuent à la fragilité du Rwanda, allant du manque de transparence du gouvernement aux effets durables de la guerre civile.

Un bref aperçu

Le Rwanda a une histoire importante de pauvreté et d’instabilité, attribuée à divers facteurs, allant de la géographie à la politique. Environ 38 % des Rwandais vivent actuellement en dessous du seuil de pauvreté, défini par l’ONU comme vivant avec moins de 2,15 dollars par jour. Cela signifie que beaucoup luttent pour maintenir ne serait-ce qu’un niveau de vie élémentaire, ce qui exacerbe la fragilité de l’État de droit au Rwanda.

Fragilité au Rwanda

Entre 1990 et 1994, la guerre civile a ravagé le Rwanda, entraînant une fragilité et un état de droit faiblement respecté dans l’ensemble du pays. La fracture entre les deux grands groupes ethniques présents au Rwanda à l’époque, les Hutus et les Tutsis, fut le prétexte à la guerre civile. Le génocide a eu un effet durable sur le Rwanda, décimant les familles et faisant plus de 800 000 victimes civiles.

Même si la fragilité et l’instabilité de l’État de droit au Rwanda ont diminué, elles restent un facteur complexe affectant le développement du pays. Malgré les efforts de reconstruction et de développement, le Rwanda est toujours aux prises avec l’héritage de son histoire tragique. Il a été démontré que de tels pièges conflictuels ont un effet catastrophique sur le développement futur de toute nation. Il en résulte un développement lent et instable, ce qui rend encore plus difficile l’établissement de la sécurité dans l’ensemble du pays.

Démocratie et État de droit

La corruption gouvernementale contribue également à la fragilité du Rwanda. Même si les structures gouvernementales du Rwanda se sont améliorées au fil du temps, la démocratie et le système de justice pénale restent confrontés à des défis. Le parti au pouvoir actuel au Rwanda est le FPR, également connu sous le nom de Front patriotique rwandais. Il existe des obstacles fondamentaux à une démocratie équitable, tels que des exigences administratives élevées pour les partis d’opposition du FPR, ainsi que des cas d’emprisonnement pour les membres des partis d’opposition.

Dans le passé, des individus qualifiés d’« opposants au gouvernement », notamment des blogueurs et des journalistes qui couvraient des questions politiques, ont été arrêtés et jugés illégitimement. Cela soulève des questions sur la stabilité de la démocratie et la préservation de la liberté d’expression politique.

Des allégations antérieures de corruption ont également soulevé des inquiétudes quant à l’intégrité du système de justice pénale du Rwanda. Les rapports de Human Rights Watch ont mis en lumière les mauvais traitements infligés aux détenus, ainsi que les allégations de disparitions et de décès non enregistrés, révélant les faiblesses de l’État de droit au Rwanda. Les journalistes ont déjà traité de sujets tels que la détention illégale et la torture, suggérant que les droits humains au Rwanda ne sont pas pleinement protégés et que l’État de droit reste fragile.

La bonne nouvelle

Le Rwanda a mis en place plusieurs cadres et politiques pour remédier aux dommages durables causés par son histoire de violence. Un exemple est le programme de développement « Rwanda Vision 2020 », qui définit des objectifs spécifiques en matière de développement durable. La politique rwandaise de lutte contre la corruption, une composante de Rwanda Vision 2020, reconnaît la nécessité d’un développement national capable d’améliorer la qualité de vie, de promouvoir une économie compétitive et de fournir des services publics efficaces et efficients. Atteindre ces objectifs implique une bonne gouvernance, le renforcement de l’application de la loi et des cadres de suivi et d’évaluation pour faire respecter l’État de droit.

La meilleure façon de préserver la stabilité du gouvernement est d’accroître la transparence, ce qui réduit le risque de corruption et d’activités illégales. Transparency International rapporte que le Rwanda s’est récemment classé au quatrième rang des pays africains les moins corrompus. Les déclarations des responsables rwandais soutiennent cela, notant l’acceptation et l’adoption d’une culture de « transparence et de responsabilité » au sein du gouvernement rwandais. La transparence accrue du gouvernement est probablement la principale raison de ces améliorations au sein du gouvernement rwandais, car des freins et contrepoids solides sont essentiels à la stabilité à long terme et à la prévention de l’échec du gouvernement.

La lutte contre la fragilité a eu et continuera d’avoir des effets bénéfiques pour les Rwandais vivant dans une pauvreté absolue. L’un des cadres inclus dans Rwanda Vision 2020, le Programme Vision Umurenge (VUP), vise à cibler la pauvreté absolue et à élever le Rwanda au rang de pays à revenu intermédiaire. VUP fournit une aide financière pour accélérer la réduction de la pauvreté grâce à des programmes de promotion économique. Ce cadre inclut les femmes bénéficiaires, ce qui donne du pouvoir aux femmes, qui appartiennent souvent aux groupes socio-économiques les plus pauvres, en répartissant les fonds plus équitablement entre les membres du ménage. Cela cible efficacement certaines des personnes aux revenus les plus faibles et accélère la réduction de la pauvreté.

Suite à la Vision Rwanda 2020, qui fixe des objectifs à atteindre d’ici 2020, le Rwanda a introduit la politique Rwanda Vision 2050. Cette politique définit des objectifs visant à améliorer l’offre de soins de santé et d’éducation, ainsi qu’à accroître la productivité de la main-d’œuvre. En améliorant l’accès aux biens publics et en augmentant les niveaux de productivité, le Rwanda vise à réduire les taux de pauvreté absolue, garantissant ainsi qu’un plus grand nombre de Rwandais aient accès aux nécessités de base, quel que soit le revenu de leur ménage. Dans l’ensemble, le Rwanda fait des progrès constants vers l’éradication de la pauvreté absolue.

– Hannah Bugeja
Photo : Flickr

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