La situation socio-économique des enfants en Syrie

Enfants en SyrieDepuis un peu plus d’une décennie, les enfants syriens continuent de subir les coups de la crise socio-économique et politique que traverse le pays. En 2022, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a révélé qu'autour 2,4 millions d’enfants syriens ne vont plus à l’école, tandis que 1,6 million d’enfants supplémentaires craignent d’abandonner leurs études. Le manque de financement adéquat de la part du gouvernement syrien n’a fait qu’aggraver cette épidémie puisque le budget national de l’éducation est passé de 7,1 % en 2021 à 3,6 % en 2022. La pauvreté au sein de la cellule familiale oblige ainsi tous les membres à devenir des contributeurs actifs, y compris les enfants.

Les enfants portent le fardeau

La Syrie reste un pays profondément dévasté par les ravages de la guerre, avec plus de 90 % de sa population vivant dans la pauvreté. Une étude menée en 2022 par l'UNICEF a conclu qu'environ 14,6 millions de civils syriens avaient besoin d'une aide humanitaire. Parmi ce groupe de personnes, les plus touchés étaient les enfants, avec plus de 6,5 millions de personnes ayant besoin d'aide.

Les enfants syriens portent le fardeau du conflit, car nombre d'entre eux sont retirés de force de l'école et intégrés sur le marché du travail dans le but de sauver la situation économique en ruine de leur famille. Le Groupe de coordination de la réponse syrienne a précisé que le travail des enfants reste un problème persistant en Syrie, en particulier parmi les personnes déplacées. Le groupe a rapporté que plus de 37 % des enfants âgés de 14 à 17 ans participent activement à la population active.

Le groupe humanitaire révèle également que sur les 85 % d'enfants syriens qui ne vont plus à l'école, 318 000 ont cherché du travail. Bien que les professions exactes varient, certaines incluent des métiers physiquement compromettants. Les jeunes garçons occupent des postes dans ces métiers dangereux, tandis que les jeunes filles ont tendance à travailler dans les champs agricoles. Bassel Muhammad, un commerçant de la ville d'Idlib, raconte Syrie Direct« Aucune entreprise n'est vide d'enfants, sans parler des vendeurs ambulants. » Muhammad raconte ensuite qu'il a employé deux enfants, l'un de 13 ans et l'autre de 15 ans, qui ont tous deux quitté l'école pour subvenir aux besoins de leur famille.

Une génération changée

Même si la pauvreté des enfants persiste en Syrie, diverses initiatives ont été prises pour la combattre. En 2013, l'UNICEF et World Vision ont uni leurs forces pour créer Pas de génération perdue, un programme qui milite pour les droits de la jeunesse syrienne. Avec le soutien financier de divers donateurs, d'organisations non gouvernementales (ONG) et d'agences des Nations Unies (ONU), l'initiative se concentre sur l'éducation et la protection de l'enfance.

Mart Team, une organisation caritative basée à Damas, est une autre initiative de défense des droits des enfants syriens. A travers sa campagne « Aqlamouna Amalouna », qui signifie « L'espoir dans nos plumes », l'association vise à apporter une aide aux étudiants dans le besoin. Dans une interview réalisée par Arab News, Marwan Alrez, directeur général de Mart Team, déclare : « Les parents nous ont dit que les écoles exigent des frais de scolarité élevés, ce qui incite beaucoup d'entre eux à retirer leurs enfants de l'école et à les forcer à entrer sur le marché du travail afin de contribuer aux revenus du ménage.

Alrez révèle que le coût moyen des fournitures scolaires pour un seul élève est d'environ 200 000 livres syriennes, soit l'équivalent estimé de 16 dollars. Cela met à rude épreuve le ménage syrien moyen, puisque de nombreuses personnes employées ne gagnent que 185 940 livres syriennes (environ 14,8 dollars) par mois. L'initiative caritative d'Alrez a aidé environ 300 élèves du primaire à répondre à leurs besoins, qu'il s'agisse de fournitures scolaires ou de frais de scolarité.

World Vision s'est également concentrée sur la cause des enfants syriens et a développé six projets éducatifs. Ces projets fournissent aux enfants dans le besoin des déjeuners, des colis d'hygiène et des fournitures scolaires. En outre, le gouvernement syrien a pris note de ce problème croissant et a demandé aux écoles d'être plus indulgentes dans leurs exigences, qu'il s'agisse de la politique relative aux uniformes ou de certaines fournitures scolaires.

Remarque finale

Adele Khor, directrice régionale de l'UNICEF pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, proclame : « Une génération d'enfants en Syrie a déjà payé un prix insupportable pour ce conflit. » Malgré tous les efforts admirables déployés par divers groupes, le sort des enfants syriens reste un problème.

Yasmine est basée à Laval, Québec, Canada et se concentre sur la santé mondiale et la politique pour le projet Borgen.

*