Au cours des deux dernières décennies, le gouvernement de Sainte-Lucie a fait des efforts notables, notamment en promulguant des lois anti-traite, pour réduire la traite des êtres humains à Sainte-Lucie. Dans le rapport 2020 sur la traite des personnes (TIP) du département d’État américain, le pays des Caraïbes orientales a atteint un statut de niveau 2 en raison de ses efforts continus pour renforcer sa capacité de lutte contre la traite. Néanmoins, les dernières recherches du Département d’État américain suggèrent que Sainte-Lucie n’a pas encore rempli les exigences minimales pour éradiquer la traite, ce qui a conduit à son rétrogradation à une nation de la liste de surveillance de niveau 2 dans le rapport de 2022.
Profil de gestion de campagnes
L’exploitation sexuelle et par le travail dans l’industrie de la traite des êtres humains à Sainte-Lucie touche à la fois les locaux et les étrangers. Les femmes contraignent généralement les migrants adolescents et les victimes étrangères, généralement originaires d’Asie du Sud, d’Haïti et de la Jamaïque, à se lancer dans le commerce illicite. Les propriétaires d’entreprise sont souvent les coupables. En outre, les survivants âgés de la traite ont de plus en plus tendance à recruter des victimes plus jeunes.
Le classement de Sainte-Lucie en matière de traite des êtres humains, selon l’indice mondial de la criminalité organisée, est de quatre sur 5,13. Le rapport révèle que les parents et les tuteurs contraignent ou poussent fréquemment les victimes à se retrouver dans des situations de traite. La vulnérabilité économique est un facteur clé de cette exploitation, les enfants et les femmes rurales des ménages à faible revenu étant exposés à un risque accru de succomber à l’exploitation sexuelle commerciale en échange de biens et de services.
Limitations dans la législation
Le rapport TIP 2022 pour Sainte-Lucie évalue le paysage de la traite des êtres humains dans le pays dans trois domaines : poursuites, prévention et protection, reconnaissant les progrès et les lacunes dans chacun. Par exemple, le rapport indique que la loi de 2010 sur la lutte contre la traite, qui criminalise la traite à des fins sexuelles à Sainte-Lucie, est suffisamment stricte mais autorise une amende au lieu d’une peine d’emprisonnement ; atténuant ainsi son efficacité par rapport à la lutte contre d’autres crimes graves.
Le rapport identifie également l’incapacité du gouvernement à réduire la demande de services sexuels commerciaux comme une préoccupation. Le gouvernement de Sainte-Lucie n’a identifié que « deux enfants victimes de la traite en 2019, aucune victime entre 2016 et 2018 et dix victimes en 2015 », selon le rapport. Le Département d’État souligne également l’insuffisance des services juridiques, de santé et de défense des victimes de la traite des êtres humains, y compris les refuges pour les personnes victimes de la traite et la faible application des lois de prévention. En outre, le rapport note que la pandémie de COVID-19 a contribué de manière significative à entraver la mise en œuvre de la législation.
Efforts en cours
Les législateurs continuent d’introduire de nouvelles politiques contre la traite des êtres humains à Sainte-Lucie. Certaines de ces politiques impliquent des amendements aux lois existantes sur la traite afin de s’assurer que les peines sont sévères ou « proportionnées aux peines d’autres crimes graves ».
Parallèlement à ces mesures, le gouvernement de Sainte-Lucie a lancé un plan d’action national pour améliorer les techniques d’identification des victimes, assurer une enquête et une condamnation rigoureuses des trafiquants et former les fonctionnaires aux dernières procédures. Les décideurs politiques ont également accordé la priorité au financement des campagnes de prévention de la traite dans leurs efforts pour éliminer la traite des êtres humains dans le pays.
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), une agence des Nations Unies, a également aidé le gouvernement à renforcer ses capacités pour lutter contre la traite des êtres humains à Sainte-Lucie. Son projet d’une semaine en 2018 comprenait des ateliers pour soutenir les travailleurs de première ligne dans l’identification, l’orientation et la protection des victimes de la traite. La spécialiste thématique régionale principale de l’OIM, Rosilyne Borland, explique : « Sensibiliser et former les partenaires de première ligne, comme les professionnels de la santé, le personnel diplomatique et la société civile, est une première étape nécessaire pour pouvoir trouver les personnes qui ont besoin d’aide.
L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a apporté un soutien continu à la lutte de Sainte-Lucie contre la traite des êtres humains. En collaboration avec le Centre d’excellence en informations statistiques sur le gouvernement, la criminalité, la victimisation et la justice (ESCoE), l’ONUDC aide le pays à générer des données sur la victimisation et la sécurité. L’amélioration de la qualité et de la disponibilité des statistiques sur la criminalité est essentielle pour comprendre le phénomène de la traite, y compris les changements au cours des périodes de déclaration et les schémas victimes/auteurs. Il permet également le suivi des progrès et facilite la prise de décision fondée sur des preuves dans le pays.
Regarder vers l’avant
Malgré les nombreux et variés problèmes de traite des êtres humains qui affectent Sainte-Lucie, son gouvernement continue de faire des efforts pour les atténuer. Les derniers projets avec l’OIM et l’ONUDC ainsi que les mesures législatives en cours témoignent de plusieurs tentatives pour résoudre un problème social complexe. Même au milieu de la pandémie imprévue de COVID-19 et d’autres préoccupations nationales, les autorités de Sainte-Lucie ont continué à soutenir les victimes et à sensibiliser à la question. À l’avenir, le travail communautaire sur les plans d’action existants peut potentiellement augmenter le rythme et la probabilité du changement, tout en garantissant des progrès culturellement pertinents.
– Kasvi Sehgal
Photo: Pxfuel
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