
Un rapport récent publié par la Banque mondiale a lancé un avertissement sévère, déclarant que les chocs climatiques au Brésil pourraient plonger entre 800 000 et 3 000 000 de ses citoyens dans l’extrême pauvreté au cours de la prochaine décennie. Il a souligné la nécessité urgente pour le Brésil d’accélérer les investissements dans les sources d’énergie renouvelables afin d’atténuer l’impact de l’évolution des conditions météorologiques et de favoriser le développement durable.
Montée des chocs climatiques au Brésil et conséquences sociales
Le rapport de la Banque mondiale met en lumière les chocs climatiques de plus en plus graves subis par le Brésil. Les inondations et les sécheresses sont de plus en plus fréquentes et intenses, ce qui a un impact négatif sur la productivité agricole et la sécurité alimentaire. Ces défis environnementaux affectent de manière disproportionnée les communautés les plus pauvres du pays, les laissant particulièrement vulnérables aux difficultés économiques, à la pénurie alimentaire et aux déplacements. Le Woodwell Climate Research Center a modélisé une étude qui a révélé que 28 % des terres agricoles ne se situent plus dans une plage climatique optimale, avec des prévisions selon lesquelles ce pourcentage pourrait atteindre 74 % d’ici 2060. Sans action, la région devrait devenir plus chaude et plus sèche.
Les tendances actuelles suggèrent que la perturbation de la production agricole par les catastrophes naturelles continuera d’avoir un impact sur les prix des denrées alimentaires au Brésil. Malheureusement, la combinaison d’événements météorologiques extrêmes et de la baisse des rendements des cultures entraîne une réduction de la disponibilité alimentaire, ce qui fait grimper les prix et impose une charge supplémentaire sur les budgets des ménages déjà tendus. Cela pousse les populations agricoles à contracter des emprunts onéreux pour financer la prochaine récolte, les plongeant encore plus dans la pauvreté. La faiblesse de la gouvernance et les problèmes de financement sapent davantage l’action climatique en entravant la mise en œuvre et en créant un espace pour les activités illégales. Par exemple, faciliter l’accaparement des terres qui est un moteur majeur de la déforestation illégale.
Le besoin urgent d’investissements dans les énergies renouvelables
Pour faire face à la menace imminente de l’évolution des conditions météorologiques et de ses conséquences dévastatrices sur les niveaux de pauvreté au Brésil, le Rapport national sur le climat et le développement du Brésil (CCDR) souligne le besoin urgent de prioriser et d’accélérer les investissements dans les sources d’énergie renouvelables. La transition vers une énergie propre contribuera à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à renforcer la résilience du pays aux chocs environnementaux. Les investissements dans les infrastructures d’énergie renouvelable ont non seulement le potentiel de créer de nouveaux emplois et de stimuler la croissance économique, mais aussi de fournir un accès abordable et durable à l’énergie aux communautés marginalisées. Les énergies renouvelables ont généré près de la moitié de l’approvisionnement énergétique du Brésil et 82,3 % de son électricité. En comparaison, les moyennes mondiales se situent entre 15 % et 27 %.
Un réveil pour le Brésil
Le Brésil est en position de force pour bénéficier de l’action climatique tout en développant son économie. Le récent rapport de la Banque mondiale sert de signal d’alarme pour que le pays prenne des mesures immédiates pour lutter contre ce problème. Le respect de l’engagement de zéro déforestation illégale d’ici 2028 pourrait lutter de manière significative contre le phénomène endémique, avec environ 90 % de la déforestation illégale. Permettre l’intendance des terres, établir des territoires indigènes et restaurer les pâturages dégradés pourrait également éliminer environ 600 millions de tonnes d’équivalent en dioxyde de carbone (MtCO2e) par an grâce aux «émissions négatives». Il en va de même pour le renforcement de l’agriculture intelligente face au climat, par exemple en intensifiant la production animale et en augmentant la productivité des cultures, ce qui pourrait réduire de moitié les émissions du secteur.
Regarder vers l’avant
Tirer parti des énergies renouvelables, notamment en devenant l’un des principaux producteurs d’hydrogène vert, pourrait accélérer la transition vers les énergies renouvelables, diversifier les exportations et attirer les investissements. La promotion de l’efficacité énergétique, la transition vers des carburants à faible émission de carbone et la promotion du transport en commun par rapport aux véhicules personnels représentent des étapes cruciales pour réduire les émissions de carbone.
De plus, investir dans l’urbanisme, les solutions fondées sur la nature et les villes résilientes peut améliorer la durabilité et protéger contre les chocs climatiques. La mise en œuvre d’interventions à l’échelle de l’économie, telles que des mécanismes de tarification du carbone, peut potentiellement encourager les pratiques à faible émission de carbone. Ces solutions offrent une approche globale pour relever les défis environnementaux, promouvoir le développement durable et construire un avenir résilient. Le CCDR conclut que les coûts supplémentaires de la voie résiliente et nette zéro proposée au Brésil représenteraient 0,5 % du PIB annuel, sans tenir compte des avantages nationaux et mondiaux de la préservation de l’écosystème.
De plus, ces investissements ouvrent la possibilité du développement d’une économie verte, attirant ainsi des investissements internationaux et favorisant la durabilité environnementale à long terme.
– Hanna Bernard
Photo : Flickr
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