
En février 2023, l’UNICEF a signalé une multiplication par neuf des actes de violence contre les écoles en Haïti sur une période de 12 mois. Les écoles ont été le théâtre d’attaques et de violences par des groupes armés, ce qui a un impact direct sur l’un des droits humains les plus fondamentaux des enfants : l’éducation. L’éducation n’est pas seulement le pilier d’un État-providence, mais elle est également fondamentale pour le développement du capital social dans le pays. La violence en Haïti constitue un obstacle à la progression de l’éducation des enfants.
La violence en chiffres
Selon des rapports de partenaires de l’UNICEF, des gangs armés ont ciblé 72 établissements d’enseignement en Haïti au cours des quatre premiers mois de l’année scolaire (octobre à février) contre huit au cours de la même période l’année précédente. En particulier, des groupes armés ont attaqué au moins 13 établissements scolaires, incendié une école, assassiné un élève et kidnappé au moins deux membres du personnel scolaire.
Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) estime que les factions armées gouvernent 60 % de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti. Les gangs ciblant les écoles volent également des fournitures scolaires essentielles, telles que des bureaux, des tableaux noirs et des ordinateurs. En plus de l’équipement de la cafétéria, les gangs volent des fournitures vitales de «riz, pâte et maïs» utilisées pour fournir des repas scolaires, qui sont parfois les seuls repas que les enfants haïtiens mangent en une journée.
Impacts de l’escalade de la violence en Haïti
En raison de la montée de la violence dans les zones métropolitaines, 30 écoles ont fermé leurs portes au cours des six premiers jours de février 2023 seulement et plus de 25 % des écoles sont restées fermées depuis octobre 2022, une décision que les directeurs ont prise pour protéger le personnel et les élèves. Les élèves ont manqué en moyenne un jour et demi d’école par semaine en janvier 2023 en raison du risque de violence. D’ici fin juin 2023, selon l’UNICEF, les élèves pourraient manquer 36 jours d’enseignement si personne ne prenait des mesures pour protéger les écoles de la violence. Malgré le risque, le ministère haïtien de l’Éducation a fait pression pour la réouverture des écoles. En conséquence, trois écoles sur quatre ont rouvert en décembre 2022, contre moins d’une réouverture sur 10 en octobre.
Prendre part
Un rapport de l’UNICEF pour la période de juillet à novembre 2022 souligne les efforts de l’organisation pour protéger les droits des enfants à l’éducation. En Haïti, pendant les vacances d’été, l’UNICEF a financé un camp d’été pour enfants au Lycée National de la Saline, offrant à 803 enfants haïtiens « un espace sûr où les enfants peuvent s’exprimer à travers des jeux et d’autres activités ». L’UNICEF a également fourni des transferts monétaires à 1 200 familles pauvres avec des enfants d’âge scolaire à Port-au-Prince et dans les zones touchées par le tremblement de terre le plus récent. L’UNICEF apporte également son soutien à la rénovation de trois établissements scolaires à Cité Soleil ainsi qu’à la fourniture de mobilier scolaire et de matériel pédagogique.
L’UNICEF exhorte le gouvernement haïtien à s’assurer que les écoles sont sécurisées et à poursuivre les organisations et les personnes qui mettent en danger ou blessent les enfants pendant leur scolarité. L’ONU loue l’éducation non seulement pour transmettre des connaissances et des compétences, mais aussi pour transformer des vies et propulser la croissance des individus, des groupes et des nations, affirmant que les écoles « doivent être des lieux d’apprentissage, de sécurité et d’harmonie ».
Dans l’ensemble, l’ONU exhorte toutes les nations à signer la Déclaration sur la sécurité dans les écoles, « un engagement politique intergouvernemental visant à protéger les étudiants, les enseignants, les écoles et les universités des pires effets des conflits armés ». Cette déclaration a reçu le soutien de 111 nations à ce jour et définit des actions spécifiques que les gouvernements peuvent prendre pour protéger les établissements d’enseignement. Dans cette optique, le chef de l’ONU, António Guterres, a déclaré lors d’un événement virtuel en septembre 2021 : « Nous exhortons les États membres à aller au-delà de leurs obligations en vertu du droit international et à mettre en œuvre des politiques et des lois nationales qui protègent les écoles et les apprenants ». La perte résultant des perturbations de l’éducation est importante. En défendant les droits des enfants à l’éducation, la communauté internationale protège l’avenir.
–Carmen Corrales Alonso
Photo : Flickr
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