Pauvreté des personnes âgées au Burundi – Le projet Borgen

Pauvreté des personnes âgées au Burundi
Le Burundi, situé en Afrique centrale, est l’un des pays les moins développés du monde. Selon le Département d’État américain, plus de 85 % de sa population vit dans la pauvreté, 80 à 90 % des personnes vivant dans des zones rurales où l’agriculture est la principale source de revenus.

Bien qu’il existe peu de données sur la pauvreté des personnes âgées au Burundi, l’espérance de vie du pays en 2020 était de 62 ans, nettement inférieure à la moyenne mondiale de 72 ans en 2020. Pourtant, en 2019, le taux de dépendance à l’âge – le rapport entre les personnes âgées dépendantes au chômage et les personnes en âge de travailler personnes — au Burundi était de 95,2 %, une valeur nettement supérieure à la moyenne mondiale de 85,1 %. Le taux de dépendance élevé du pays reflète le stress financier démesuré auquel sa population active et l’économie dans son ensemble sont confrontées pour soutenir les personnes âgées. Les facteurs qui aggravent ce stress comprennent un niveau élevé d’insécurité alimentaire; une population en augmentation constante; accès limité à la santé, à l’éducation et à l’eau potable ; et la vulnérabilité à la dévastation liée au climat.

Les préoccupations des personnes âgées du Burundi

Dès 1999, Cécilie Siboniyo, une femme de 80 ans vivant dans le camp de réfugiés de Buraniro, s’inquiétait du fait que les enfants devenaient moins bien éduqués et perdaient leur sens de la responsabilité communautaire. Elle a noté que les distractions croissantes et un manque croissant de respect pour les aînés rendaient difficile l’enseignement des valeurs sociales. Elle espérait qu’attirer l’attention des médias sur ce problème contribuerait à ouvrir la voie à un avenir meilleur.

Pourtant, Abtwahi Al Hajj, un homme de 77 ans vivant à Ngozi, au Burundi, craignait pour l’avenir. Il s’inquiétait que les jeunes ne se sentent plus le devoir de s’occuper des personnes âgées.

De telles préoccupations sont valables. Une analyse comparative de l’âgisme en Belgique et au Burundi a révélé que, alors que les adultes burundais et belges vivant en Belgique valorisaient les personnes âgées, les Burundais vivant dans leur propre pays considéraient les personnes âgées comme pauvres et faibles. L’étude a corrélé cette perception à un manque de ressources sociales et économiques et à un « manque de dépenses publiques pour les personnes âgées (systèmes de retraite et de soins de santé) » dans des pays moins développés comme le Burundi.

Besoin d’action

Les pénuries de terres, les conditions météorologiques changeantes et la surpopulation au Burundi rendent la survie de plus en plus difficile pour une population qui dépend de l’agriculture pour sa nourriture et ses revenus. Avec plus de 60% de la population sous-alimentée, la malnutrition est l’une des principales causes de décès dans le pays.

Pour assurer le progrès et une vie meilleure aux personnes âgées du Burundi, les ressources sociales et économiques doivent servir à aider les nombreuses personnes qui vivent dans la pauvreté. Selon un rapport de la Banque mondiale, cibler les pensions pour soutenir les personnes âgées qui sont responsables des ménages et des enfants aurait également un impact significatif sur la réduction de la pauvreté au Burundi dans son ensemble.

Impact positif des organisations au Burundi

Malgré la gravité de la situation, de nombreuses organisations se sont associées au gouvernement burundais pour venir en aide aux personnes âgées confrontées à la pauvreté et à l’insécurité alimentaire.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) s’est associé aux Nations Unies pour aider le gouvernement burundais à fournir une assistance immédiate et à long terme aux personnes âgées et vulnérables. En 2022, le PAM et ses donateurs ont aidé 995 651 Burundais dans le besoin, un acte de service que l’organisation s’est engagée à poursuivre.

La Banque mondiale et l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) ont également aidé à négocier des politiques visant à rendre la culture la plus précieuse du pays, le café, plus lucrative. Désormais, les entreprises européennes et américaines achètent le café directement aux producteurs burundais. L’USAID s’emploie également à améliorer la base de ressources agricoles du pays. En plus de fournir de meilleures variétés de semences, il contribue à faire progresser la production végétale et animale, fournit des conseils pour la préservation des sols et garantit que les plus vulnérables ont accès à une alimentation saine et diversifiée.

En outre, l’USAID s’emploie à renforcer le bien-être social au Burundi, en mettant l’accent sur la sécurité alimentaire, la démocratie, la croissance économique et les soins de santé. Il a renforcé le système de santé en garantissant l’accès à des soins maternels et infantiles de qualité, aux médicaments et à d’autres produits de première nécessité.

Enfin, l’Union africaine a élaboré le Protocole de Maputo pour promouvoir les droits humains et les droits des femmes, avec des dispositions spécifiques pour la protection des femmes âgées. Fin 2022, la Commission de l’Union africaine et le programme Genre, paix et sécurité ont conclu une mission conjointe au Burundi pour faire avancer la mise en œuvre du Protocole de Maputo, que le gouvernement burundais a signé en 2003. L’espoir est que le pays adoptera et appliquera pleinement le protocole d’ici juillet 2023.

Un avenir meilleur

Bien que la pauvreté des personnes âgées reste un problème croissant au Burundi, le gouvernement burundais et de nombreuses organisations internationales travaillent pour assurer un avenir meilleur aux personnes âgées et à la population en général. Un engagement aussi clair envers cet objectif est sûr d’inspirer l’espoir et un changement positif.

Chidinma Nwoha
Photo : Flickr

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